Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Lectures et confinement
#12
Tolkien disait s'adresser à « ceux qui ont soif » (Lettre 87), mais il ne faudrait pas pour autant oublier celles et ceux qui ont faim.

En marge de ma relecture des Essais de Montaigne (toujours en cours), je viens de relire quelques vieilles aventures, en bande dessinée, de l'agent Bill Baroud, par Emmanuel Larcenet, aventures parues jadis d'abord dans le magazine Fluide Glacial, puis publiées en albums entre 1998 et 2002.

Officiellement expert-comptable à la « Suckers Bank » (sic), Bill Baroud est en réalité un espion du FBI et un patriote américain spécialisé dans le contre-espionnage à l'étranger (oui, je sais, a priori c'est davantage le boulot de la CIA que celui du FBI, mais bon...), pour défendre le monde libre et civilisé en général et les États-Unis d'Amérique en particulier, son pays étant sa raison de vivre... et, si besoin, sa raison de mourir. Incidemment (©Elendil), à ses rares heures perdues, il est aussi spécialisé dans des « missions» que d'aucuns qualifieraient d'« infiltration » auprès de la gent féminine...

Après avoir affronté bien des dangers ainsi que toutes sortes d'adversaires redoutables, et avant qu'une ultime mission lui soit confiée par le pape en personne, Bill Baroud est amené un jour à devoir sauver le monde... d'un effroyable virus de provenance asiatique. Convoqué à la Maison Blanche par le président des USA, Baroud se voit aussitôt confronté à une épouvantable vérité (pour lui) : les principaux ministres de l'administration américaine, chacun à la suite d'un repas consommé dans le même restaurant, sont soudainement devenus des... êtres humains idéologiquement modifiés à tendance collectiviste. Baroud, horrifié, voyant là la manifestation d'une « véritable épidémie », le président lui confirme la chose, en lui révélant la source de la contamination, ainsi que la nature du virus en question...

Face à ce « virus de synthèse extrêmement dangereux », arme d'un plan diabolique pour tenter un coup d'État aux États-Unis afin d'y instaurer un gouvernement marxiste (projet, aux yeux du héros, particulièrement « odieux ! »), Bill Baroud est la dernière chance du monde libre selon le président des USA. Une très experte recherche d'informations ayant permis de localiser l'ennemi, l'espion se rend donc au Cambodge, dans la région de Battambang, où il échappe aux tirs d'une compagnie héliportée de Khmers rouges (survivants d'une sinistre époque que l'on croyait révolue), avant de se réfugier dans un mystérieux édifice ancien, rappelant un temple d'architecture khmère, et où des indices subtils l'amène bientôt à découvrir le repère industriel des ennemis de l'Amérique et du monde (supposé) libre...

Une fois arrivé à l'intérieur de ce qui se révèle être l'usine ultra secrète de riz contaminé, depuis une sorte de balcon où l'a mené une porte, c'est un spectacle visuel et sonore insoutenable (pour lui) qui attend Baroud : des Asiatiques en tenue prolétarienne, armés de faucilles et de marteaux, chantant l'Internationale au pied des antiques colonnes de l'édifice (« C'était plus que ce qu'un homme comme moi pouvait supporter !! » selon les propres mots de l'espion). Mais le pire restait à venir, quand surgit soudain, dans le dos de Bill Baroud, un adversaire inattendu...

On ne racontera pas ici les péripéties qui amenèrent l'agent Baroud, armé de son sens du devoir, de son abnégation, de son anti-marxisme, et de son pistolet mitrailleur, à finalement triompher des « Rouges » et à les anéantir.
De façon générale, qu'il suffise ici de citer Bill Baroud lui-même : « Encore une fois, Dieu avait été du côté des justes... »

Sauf que... précisément, le diable, lui, est dans les détails, et que l'histoire de l'humanité est traversée de ces cruelles manifestations d'ironie dont il est possible de douter que même le Dieu personnel des religions du Livre, s'Il existe, puisse en soi les justifier. Revenu faire son rapport à la Maison Blanche et y livrer le dangereux virus confisqué à Oncle Ben's, Bill Baroud sera en tout cas confronté à une très légère erreur d'inattention en présence du président, erreur lourde de conséquences pour la sainte cause de l'Amérique, du monde libre et du capitalisme... Cela inspirera à Baroud, de fait, face à une situation dont il se sent ô combien responsable, une pensée immortelle à la première personne du singulier... pensée immortelle que, du reste, au-delà de la situation du personnage, tout individu pris en flagrant délit d'hybris, d'excès d'ego et/ou d'abus de position « dominante » dans ce monde, se devrait peut-être de formuler pour lui-même et vis-à-vis de ses prétentions au savoir et au « pouvoir »... Simple suggestion (et vœu pieux) de ma part, évidemment.

L'aventure en question (« Cambodge virus ») a été publiée dans le tome 3 (« La dernière valse ») des missions de Bill Baroud, initialement paru en l'an 2000, et mérite d'être lue dans son intégralité (et dans son découpage original). Pour le reste, même en ces temps désolants si propices aux « fake news » et aux théories du complot en tous genres, la formule est connue :

[citation]Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que purement fortuite.[/citation]

Pensez-y, la prochaine fois que vous aurez besoin d'un paquet de riz. ;-)

À noter, pour celles et ceux qui se poseraient la question, que le riz « long grain » de chez Uncle Ben's, qui connait « toujours un succès » en France depuis de nombreuses années (et a fortiori par les temps qui courent), ne vient pas d'Asie (ni d'Amérique d'ailleurs) : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio...47889.html

Je vous laisse : comme de juste, tout cela m'a donné faim (et soif).

Peace and love, et à nouveau, bon courage à toutes et tous (et bonnes lectures).

B.

[EDIT: correction de fautes]
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)