Le 8 mai dernier, votre serviteur Wrote:S'agissant de Faërie, je ne crois pas qu'elle subsume à (ou sous) la Vérité chrétienne. L'inverse me parait plus conforme à quelque loi naturelle, si celle-ci est connaissable et compréhensible. Peut-être que Faërie est une chose trop sérieuse pour être confiée à la seule pensée d'un écrivain en particulier, qu'il ait ou non été un fervent catholique...
Je sens qu'il faut que je précise ce que j'ai voulu dire : il ne s'agit pas pour moi d'écarter la pensée de Tolkien s'agissant de Faërie (ce serait bien dommage), mais simplement d'en tenir compte avec mesure, dans une perspective de définition et d'appréhension ouverte, et non close dans une vision qui serait trop étroitement liée au seul point de vue propre à cet écrivain, la fantasy moderne n'étant notamment pas née, de toute façon, de la seule définition tolkienienne du conte de fée.
À cette aune, mon regard sur Faërie tend plutôt à rejoindre en fait celui exprimé par Necsipaal dans son Avant-Propos aux Errances en Faërie que j'ai relu récemment : en partant de la définition tolkienienne, Faërie apparait comme le domaine du merveilleux (d'un surnaturel plus ou moins accepté) mais avec des contours souvent flous vis-à-vis du réel, quelque-chose d'« indescriptible quoique sans être imperceptible » pour reprendre les mots de Tolkien, « une chimère, surprenante et inquiétante, parfois cruelle, dont la vue seule suffit à apaiser l'esprit de qui sait en emprunter les chemins bigarrés et les valeurs en trompe l'œil » pour reprendre les mots de Necsipaal. À travers toutes sortes de récits aux objets divers (« satire, aventure, moralité, fantaisie » évoqués par Tolkien) Faërie invite ainsi à renouer avec une certaine tradition mythique, foisonnante, attirante, mais pas particulièrement avec un seul « mythe vrai » (selon la foi de Tolkien) auquel (ou sous lequel) le Royaume de Faërie serait subsumé. Voila ce que j'ai voulu dire.
Par ailleurs, suite à des remarques reçues en privé, je crois qu'il est peut-être plus simple de me mettre pour le moment en retrait des présents échanges. Je ne suis pas en mesure de savoir s'il est seulement question ici de recherche sur la conception tolkienienne du libre arbitre (et entre autres sur ses correspondances possibles avec la conception de Thomas d'Aquin), ou bien s'il s'agit de cela tout autant que de développer un point de vue sur l'œuvre (de fantasy, mais pas seulement) de Tolkien susceptible de me paraitre trop univoquement orienté. À cette aune, j'avoue que je ne sais pas comment utilement contribuer aux échanges, à propos d'un sujet qui cependant m'intéresse et dont je salue, encore une fois, le traitement patiemment fouillé dont il fait ici l'objet. Comme je l'ai dit plus haut, il m'arrive de ne pas toujours comprendre le ton ou l'intention de certains messages, de même que l'usage qui peut être fait de citations dont on ne sait pas toujours si elles servent seulement la recherche ou la mise en avant de points de vue qui la dépasse quelque peu. Peut-être que je prends tous ces échanges de façon trop personnelle, en surinterprétant et en me posant trop de questions, mais bon... dans le doute, mieux vaut probablement faire une pause me concernant, et laisser ainsi en particulier Yyr développer toute sa réflexion jusqu'au bout.
Peace and Love,
B.

