Comme je l'ai déjà écrit précédemment ici, George Lucas avait déjà commencé à faire n'importe quoi avec sa création avant le <i>deal</i> juteux conclu avec Disney : il peut dès lors toujours être gêné de ce que Disney a fait après lui, cela ne l'exonère pas des choix fort discutables qu'il avait déjà pu faire du temps où il était seul aux commandes.
Quant à cette histoire de répartition des rôles entres les hommes et les femmes, sans vouloir me lancer dans un nouveau « gros débat », voila mes deux centimes sur la question.
Dans ce monde-ci, il y a des hommes et il y a des femmes, sans aucune hiérarchie à établir entre eux évidemment (du moins, c'est évident pour moi, et c'est d'ailleurs là tout le sens que me paraissent avoir les justes revendications d'égalité entre femmes et hommes). Les uns et les autres, hommes et femmes, femmes et hommes, ont leurs propres caractères sexuels, primaires et secondaires, largement représentés à travers des siècles d'histoire de l'art. Toutes et tous sont cependant des êtres humains, appartenant à la même espèce, et ne peuvent donc pas (à mon sens) être essentialisées vis-à-vis de cette appartenance, qui leur est irréductiblement commune. L'humanité évolue depuis ses origines entre nature et culture : de là l'importance que l'on peut accorder <i>aussi bien</i> aux repères naturels notamment appréhendés à travers le dimorphisme sexuel, qu'aux repères culturels, qui ont abouti notamment à distinguer le genre (culturel) et le sexe biologique <i>comme objets d'étude</i> anthropologiques. À partir de là, tout est possible, y compris toutes les obsessions, idéologiques, religieuses, personnelles, que vous voudrez. Mais là, je me borne simplement au postulat de base. Et à partir de là donc, disais-je, tout est possible, y compris des femmes qui jouent des supposés rôles d'hommes, y compris des hommes qui jouent des supposés rôles de femmes. Les seules limites peuvent être naturelles (biologiques) et/ou culturelles <i>selon les situations</i>, et c'est ce qui peut précisément conditionner la perception de telle ou telle situation, notamment mise en scène dans l'art et la fiction, comme étant crédible ou non. Il y a sans doute quelques invariants, au-delà desquels la plupart des imaginations humaines auront toujours du mal à s'aventurer, mais cela ne réduit pas forcément le champ des possibles autant qu'on pourrait le croire ou vouloir le croire. En tout cas, gare à l'essentialisation : les repères biologiques et culturels ne doivent pas être conçus comme des boîtes pour cette mise en boîte normative si chère à certains, du moins à mon avis. Et lesdits repères n'ont pas non plus vocation à être toujours combattus ni forcément effacés au nom de la liberté transgressive, du moins est-ce aussi mon avis. Entre « lithisme » et « zéro repère », il me parait y avoir de la place pour... tout le monde, en fait, notamment en matière de créativité, à l'image de cette humanité évoluant sur sa ligne de crête entre nature et culture...
À cette aune, bien sûr, tous les excès sont possibles, avec tous les risques d'absence de crédibilité que cela peut comporter : à chacun d'y trouver ou non son compte, du moins en matière d'appréciation des œuvres de l'esprit. :-)
Ainsi, chez Tolkien, le traitement de personnages féminins comme Eowyn ou Arwen se situe dans un horizon que l'on pourrait qualifier de « genré », dans une perspective normative « traditionnelle » quant à ce que ce serait censé être une femme et censé être un homme. La signification de l'action guerrière d'Eowyn (conçue comme attitude ponctuelle et « anormale »), signification que Tolkien fait adopter et énoncer par le personnage lui-même vers la fin du <i>Seigneur des Anneaux</i>, est à cette aune un bon exemple des limites auxquelles peuvent être confrontées certaines lectures, notamment féministes, de l'œuvre littéraire de Tolkien, dans le sens où des éléments, entre autres, d'une certaine essentialisation des sexes/genres peuvent se retrouver un peu partout. À chacun de trouver cela crédible ou non, et de trouver cela formidable ou regrettable. Ainsi, l'appréhension de la trajectoire des personnages tolkieniens, féminins et masculins, dans une perspective de couples (ce que Yyr appelle la partition conjugale), me parait être une clé de lecture intéressante de l'œuvre, mais pour autant je ne vois pas, personnellement, cette perspective de couples, avec l'horizon normatif associé, comme quelque-chose d'absolument merveilleux en soi (et on sait ce que je pense du victorianisme de Tolkien par ailleurs... ;-) ...). À cette aune, on peut donc se poser aussi la question de la crédibilité (comme avec <i>Star Wars</i> ou n'importe quelle autre « œuvre-monde », ou n'importe quelle œuvre plus généralement d'ailleurs) : dans le cas de Tolkien, cette perspective de couples semblant traverser toute l'œuvre me parait, en l'état, crédible, et permet sans doute de pouvoir mieux apprécier ladite œuvre ainsi expliquée, quoique seulement en partie. L'horizon normatif associé est-il pour autant indiscutable ? Heureusement, non, dans le contexte de la ligne de crête dont j'ai parlé plus haut. :-)
Comme je l'ai écrit précédemment, en ayant évoqué longuement cette histoire de « Arwen-Xéna » ou « Xenarwen », peu importe que Peter Jackson n'ait rien compris, peut-être faute d'avoir suffisamment lu (JR dirait : faute d'avoir lu tout court... ;-)...) : seul le résultat à l'écran me parait vraiment compter. Or le remplacement de Glorfindel par Arwen, <i>in fine</i>, ne me parait même pas remettre en cause cette partition conjugale tolkienienne que tu as exposée ailleurs. Comme quoi, le hasard, si hasard il y a, fait parfois bien les choses, du moins est-ce mon avis. :-)
<small>Je ne sais plus pourquoi j'ai (encore) écrit tout cela : à croire que JRRVF me sert parfois (aussi) de carnet de notes... ^^'</small>
Bonne soirée à toutes et tous !
B.
Quant à cette histoire de répartition des rôles entres les hommes et les femmes, sans vouloir me lancer dans un nouveau « gros débat », voila mes deux centimes sur la question.
Dans ce monde-ci, il y a des hommes et il y a des femmes, sans aucune hiérarchie à établir entre eux évidemment (du moins, c'est évident pour moi, et c'est d'ailleurs là tout le sens que me paraissent avoir les justes revendications d'égalité entre femmes et hommes). Les uns et les autres, hommes et femmes, femmes et hommes, ont leurs propres caractères sexuels, primaires et secondaires, largement représentés à travers des siècles d'histoire de l'art. Toutes et tous sont cependant des êtres humains, appartenant à la même espèce, et ne peuvent donc pas (à mon sens) être essentialisées vis-à-vis de cette appartenance, qui leur est irréductiblement commune. L'humanité évolue depuis ses origines entre nature et culture : de là l'importance que l'on peut accorder <i>aussi bien</i> aux repères naturels notamment appréhendés à travers le dimorphisme sexuel, qu'aux repères culturels, qui ont abouti notamment à distinguer le genre (culturel) et le sexe biologique <i>comme objets d'étude</i> anthropologiques. À partir de là, tout est possible, y compris toutes les obsessions, idéologiques, religieuses, personnelles, que vous voudrez. Mais là, je me borne simplement au postulat de base. Et à partir de là donc, disais-je, tout est possible, y compris des femmes qui jouent des supposés rôles d'hommes, y compris des hommes qui jouent des supposés rôles de femmes. Les seules limites peuvent être naturelles (biologiques) et/ou culturelles <i>selon les situations</i>, et c'est ce qui peut précisément conditionner la perception de telle ou telle situation, notamment mise en scène dans l'art et la fiction, comme étant crédible ou non. Il y a sans doute quelques invariants, au-delà desquels la plupart des imaginations humaines auront toujours du mal à s'aventurer, mais cela ne réduit pas forcément le champ des possibles autant qu'on pourrait le croire ou vouloir le croire. En tout cas, gare à l'essentialisation : les repères biologiques et culturels ne doivent pas être conçus comme des boîtes pour cette mise en boîte normative si chère à certains, du moins à mon avis. Et lesdits repères n'ont pas non plus vocation à être toujours combattus ni forcément effacés au nom de la liberté transgressive, du moins est-ce aussi mon avis. Entre « lithisme » et « zéro repère », il me parait y avoir de la place pour... tout le monde, en fait, notamment en matière de créativité, à l'image de cette humanité évoluant sur sa ligne de crête entre nature et culture...
À cette aune, bien sûr, tous les excès sont possibles, avec tous les risques d'absence de crédibilité que cela peut comporter : à chacun d'y trouver ou non son compte, du moins en matière d'appréciation des œuvres de l'esprit. :-)
Ainsi, chez Tolkien, le traitement de personnages féminins comme Eowyn ou Arwen se situe dans un horizon que l'on pourrait qualifier de « genré », dans une perspective normative « traditionnelle » quant à ce que ce serait censé être une femme et censé être un homme. La signification de l'action guerrière d'Eowyn (conçue comme attitude ponctuelle et « anormale »), signification que Tolkien fait adopter et énoncer par le personnage lui-même vers la fin du <i>Seigneur des Anneaux</i>, est à cette aune un bon exemple des limites auxquelles peuvent être confrontées certaines lectures, notamment féministes, de l'œuvre littéraire de Tolkien, dans le sens où des éléments, entre autres, d'une certaine essentialisation des sexes/genres peuvent se retrouver un peu partout. À chacun de trouver cela crédible ou non, et de trouver cela formidable ou regrettable. Ainsi, l'appréhension de la trajectoire des personnages tolkieniens, féminins et masculins, dans une perspective de couples (ce que Yyr appelle la partition conjugale), me parait être une clé de lecture intéressante de l'œuvre, mais pour autant je ne vois pas, personnellement, cette perspective de couples, avec l'horizon normatif associé, comme quelque-chose d'absolument merveilleux en soi (et on sait ce que je pense du victorianisme de Tolkien par ailleurs... ;-) ...). À cette aune, on peut donc se poser aussi la question de la crédibilité (comme avec <i>Star Wars</i> ou n'importe quelle autre « œuvre-monde », ou n'importe quelle œuvre plus généralement d'ailleurs) : dans le cas de Tolkien, cette perspective de couples semblant traverser toute l'œuvre me parait, en l'état, crédible, et permet sans doute de pouvoir mieux apprécier ladite œuvre ainsi expliquée, quoique seulement en partie. L'horizon normatif associé est-il pour autant indiscutable ? Heureusement, non, dans le contexte de la ligne de crête dont j'ai parlé plus haut. :-)
Yyr Wrote:Ce qui fait le lien avec le syndrome Xenarwen : PJ n'a évidemment rien saisi de la partition conjugale du Seigneur des Anneaux.
Comme je l'ai écrit précédemment, en ayant évoqué longuement cette histoire de « Arwen-Xéna » ou « Xenarwen », peu importe que Peter Jackson n'ait rien compris, peut-être faute d'avoir suffisamment lu (JR dirait : faute d'avoir lu tout court... ;-)...) : seul le résultat à l'écran me parait vraiment compter. Or le remplacement de Glorfindel par Arwen, <i>in fine</i>, ne me parait même pas remettre en cause cette partition conjugale tolkienienne que tu as exposée ailleurs. Comme quoi, le hasard, si hasard il y a, fait parfois bien les choses, du moins est-ce mon avis. :-)
<small>Je ne sais plus pourquoi j'ai (encore) écrit tout cela : à croire que JRRVF me sert parfois (aussi) de carnet de notes... ^^'</small>
Bonne soirée à toutes et tous !
B.

