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In Memoriam...
Elendil Wrote:Bref, Hyarion, pour ma part, je ne te reprocherais aucunement d'éventuelles longueurs. C'était une belle synthèse, plus complète que je n'aurais su l'écrire, même si j'avais eu le temps (j'ignorais tout de l'implication de George Sand, par exemple), et aussi équilibrée que j'aurais souhaité l'être. Bref, je ne vois rien à y retrancher. :)

Merci, Elendil. :-)

Elendil Wrote:Il est vrai que cet empereur-ci [Napoléon III] n'avait aucunement le génie militaire de son prédécesseur — au sujet duquel il y aurait sans doute plus à dire en matière de volonté de puissance et de mépris de la vie d'autrui.

Oui, je suis d'accord en tout point avec cela, et c'est notamment à cette aune que, quand Victor Hugo parle de l'oncle Napoléon Ier comme étant « Napoléon le Grand » et du neveu Napoléon III comme étant « Napoléon le Petit », je ne peux pas m'empêcher d'y voir une ironie tragique, y compris vis-à-vis du point de vue de Hugo sur l'Histoire...

Silmo Wrote:Comme disait Pilate "Quod scripsi, scripsi" (ce que j'ai écrit restera écrit), je continue à chérir Hugo et détester Napoléon le petit, dont la Commune nous a au moins débarrassés, pour hélas temporairement installer un premier Adolphe (Thiers de son nom). Il repose au Père-Lachaise dont je suis le très proche voisin, 300 m., mais j'aime moins le mausolée de ce personnage que le mur des Communards. Lorsque le cimetière à pu ouvrir, je suis sitôt allé déposer quelques cerises sur la tombe de Jean-Baptiste Clément, pas sur celle de Thiers.
[...]
pps : et chacun son avis sur l'histoire
[...]

Bien entendu, François. :-)
Mais attention, tout de même, aux raccourcis historiques. ;-)
En l'occurrence ici, c'est un peu comme si tu disais que les deux révolutions russes de 1917 ne faisaient qu'une et que Lénine aurait directement succédé à Nicolas II, alors qu'en réalité il y a eu tout de même plusieurs mois de gouvernement provisoire de Kerenski entre la chute du régime tsariste et la prise du Palais d'hiver par les bolcheviks ! ;-)
Je me permets donc juste de revenir (rapidement) sur ce point en ce qui concerne la France en 1870-1871 : la Commune de Paris n'a pas renversé l'Empire de Napoléon III, et c'est la République bourgeoise de Thiers qui a écrasé la Commune, cette République préexistant à l'insurrection révolutionnaire des communards (ou communeux).

Le régime du Second Empire, déjà très fragilisé dès les premières défaites militaires françaises du mois d'août 1870, s'est littéralement évaporé à la suite de la défaite de Sedan, survenue le 1er septembre. Au passage, pour l'anecdote, un des derniers décrets signés par l'impératrice Eugénie, régente en l'absence de l'empereur, fut un décret d'attribution de la Légion d'honneur à... Jules Verne, qui venait de finir de publier <i>Vingt Mille Lieues sous les mers</i> au mois de juin. Bref, dès que la nouvelle du désastre de Sedan est connue à Paris, le régime impérial s'est évanoui presque tout seul, incapable de survivre à la défaite et à la captivité d'un empereur qui était pourtant encore plébiscité au mois de mai... À cette aune, si Napoléon III a été renversé, son sort politique n'a cependant rien à voir avec ceux de Charles X ou de Louis-Philippe Ier qui, eux, ont été directement renversés par des révolutions avec barricades, en 1830 et 1848, sans rapport avec une guerre extérieure. Lorsque, le 4 septembre 1870, la république est proclamée à Paris, Napoléon III est prisonnier du roi de Prusse (il restera captif en Allemagne jusqu'en mars 1871) et cela faisait, de toute façon, déjà quelque temps qu'il ne commandait plus rien, politiquement et militairement, comme je l'ai dit précédemment. La foule ayant envahi ce jour-là le siège du Corps législatif, les députés (bourgeois) d'opposition républicains comme Gambetta et Favre, qui avaient <i>de facto</i> un boulevard politique devant eux, ont voulu éviter, face aux clameurs de la foule parisienne, que la situation ne finisse par leur échapper en faveur de quelque révolution (blanquiste ou socialiste internationaliste) autrement plus radicale. La proclamation de la république à l'Hôtel de Ville, par Gambetta, s'est donc en fait imposée par la force des choses, et ne doit pas être confondue avec la future Commune de Paris sous peine d'anachronisme. S'agissant de la composition du gouvernement de la Défense nationale qui se met alors en place, « gouvernement des Jules » (Favre, Ferry, Simon, Trochu...) constitué presque entièrement de députés républicains de Paris, tout au plus a-t-on consenti à y intégrer Henri Rochefort, tout juste sorti de prison, comme caution d'extrême-gauche <small>(drôle de caution, à vrai dire, quand on pense <i>a posteriori</i> à la personnalité bizarre du personnage, Rochefort ayant certes brillé comme opposant républicain railleur vers la fin du Second Empire, avant de soutenir ensuite plus ou moins la Commune, ce qui lui valu d'ailleurs la déportation en Nouvelle-Calédonie [malgré le soutien de Hugo et la protection de Thiers], mais qui s'est retrouvé plus tard parmi les partisans nationalistes du boulangisme, et plus tard encore parmi les antidreyfusards [qui n'étaient certes pas tous de droite])</small>.
Ce n'est que plusieurs mois plus tard, lorsque la guerre est définitivement perdue, malgré notamment le sacrifice des Parisiens durant le siège de la capitale par les Prussiens, que les évènements vont commencer à directement engendrer la naissance de la Commune de Paris : un armistice franco-allemand est d'abord signé le 28 janvier 1871 par le gouvernement républicain de la Défense nationale, puis une majorité monarchiste emporte la victoire aux élections législatives du 8 février (Hugo figurant parmi les élus républicains), et enfin a lieu le retour au pouvoir d'Adolphe Thiers, ancien premier ministre louis-philippard et ancien opposant libéral à l'Empire, qui est élu « chef du pouvoir exécutif de la République française » par la nouvelle Assemblée Nationale réunie à Bordeaux le 17 février 1871, quelques jours avant la signature à Versailles d'un traité préliminaire de paix avec Bismarck. Thiers deviendra plus tard, le 31 août 1871, le premier président de la Troisième République... mais il est donc <i>déjà au pouvoir</i> lorsque apparaît la Commune de Paris, et pour cause : c'est en ordonnant à la troupe, en mars 1871, de s'emparer des canons de la Garde nationale sur la butte Montmartre que Thiers met le feu aux poudres, et provoque l'insurrection parisienne du 18 mars et l'instauration de la Commune, laquelle sera finalement écrasée par le même Thiers lors de la tristement célèbre « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871.

Bref... la Commune de Paris ne nous a donc débarrassés de rien du tout, mon cher François, mais cependant je te comprends sans peine lorsque tu dis préférer aller devant le mur des Fédérés ou la tombe de Jean Baptiste Clément au Père-Lachaise plutôt que devant le mausolée de Thiers dans ce même cimetière...

Au passage, pour celles et ceux que cela intéresserait, l'histoire de la Commune, de ses origines révolutionnaires à sa répression, a fait l'objet de plusieurs conférences télévisées d'Henri Guillemin pour la TSR, en 1971. Catholique de gauche (et même plutôt très à gauche pour un catholique), Guillemin était un historien engagé, avec donc un fort parti pris (essentiellement contre la trahison et la lâcheté permanentes de la bourgeoisie) dont il faut naturellement tenir compte quant à son interprétation des évènements et des personnages historiques, mais cet esprit démystificateur était, en tout cas, de la trempe d'un Decaux pour ce qui est de savoir raconter le passé avec conviction au grand public : https://www.rts.ch/archives/dossiers/hen...paris.html

Silmo Wrote:ps : Benjamin, ne te prive pas des écritures nocturnes, nous attendons surtout celle que tu nous annonces depuis tant d'années et celle-la, je te promets de la lire en entier, avec plaisir.

Merci beaucoup, François. :-)
<small>Arf, quand je pense que j'en parlais déjà ici en... 2012 ! ^^' J'ai peut-être eu tort d'annoncer la chose tout en ayant eu tendance, dans le même temps, à sans doute « voir trop grand », d'où des ajouts et des réécritures sans fin, pendant des mois qui sont devenus des ans... >_<' Mais au prix d'un retour à plus de modestie quant à la quantité et au traitement du sujet, je ne désespère pas d'en finir enfin cette année. ^^</small>

[séparation]

Silmo Wrote:Et encore un petit truc pour se détendre, nos chères Goguettes en trio mais à quatre et cette fois-ci à deux, qu"importe l'arithmétique :-)

https://www.facebook.com/lesgoguettes/vi...370277685/

Hahaha, merci pour le partage ! J'ai particulièrement apprécié ce passage :

[citation]LA PRINCESSE CHLOROQUINE
[...]
<i>Voilà tous mes exploits en plein confinement</i>

LE CONSUL ALTOVIRUS
<i>Mais comment as-tu pu rompre l'engagement
Que tu m'avais donné avant la pandémie
Nous devions, souviens-toi, nous unir pour la vie
Que s'est-il donc passé ? Pourquoi choisir Brutus ?</i>

LA PRINCESSE CHLOROQUINE
<i>Il a su me trouver six rouleaux de Lotus
En bravant intrépide une foule en furie
Qui se ruait d'assaut dans une épicerie</i>[/citation]

À quoi ça tient, parfois, l'amour ! ;-)
Mais je reconnais bien là ces grands moments « épiques » que nous avons pu connaître au mois de mars dernier, notamment durant les premières heures du confinement en France, lesquelles, à n'en pas douter, furent des heures de gloire pour celles et ceux qu'une de mes amies a joliment appelés « les angoissés du PQ »... ;-D
<small>N'empêche, pour moi, ça reste une énigme, cette panique des rouleaux... Entre nous, au pire, tant qu'on a de l'eau courante, on peut toujours s'en sortir, n'est-ce-pas ? Alors, honnêtement, pourquoi paniquer ? Comme on disait chez <i>Téléchat</i> : mystère et jambe de chaise...</small>

Amicalement,

B.

<small><small>[EDIT: corrections de fautes diverses]</small></small>
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