Pareil que Didier, Erendis, ta remarque B) me fait réagir (désolé par contre, si je réponds dans le désordre car je me rends bien compte que je laisse de plus en plus de trous dans la discussion). C'est vraiment une question d'approche aux mythes (et aux textes de Tolkien).
Prenons les mythes grecs par exemple : la Guerre de Troie a-t-elle eu lieu? Heraklès a-t-il existé? Apollon est-il vraiment intervenu? Ces récits possèdent un caractère merveilleux qui sous certains aspects peuvent nous sembler abracadabrants aujourd'hui mais qui correspondent à une forme de "vérité" (que je définirais ici par la réalité perçue par les auteurs et les peuples à leur époque, étendue à leur sensibilité du monde et leur manière de l'appréhender, l'ensemble culturel par lequel leur société vivait, coutumes, croyances, etc). Ces récits peuvent être des pures inventions, ou bien ils peuvent édulcorer des faits historiques réels avec moult superlatifs et flatteries sur des personnages (existants ou non) mais il n'empêche que quoi qu'il en soit, ils disent des choses significatives sur ces peuples. Ce sont donc des objets d'étude complexes et multi-facettes, on peut les appréhender de l'intérieur, de l'extérieur et sous l'angle de plein de disciplines (tant des sciences humaines que des sciences exactes). En particulier, sur ce qui est circonstancié (trouvant un écho dans notre réalité actuelle) : un mythe qui met en jeu un char à roues par exemple, donne une indication notable concernant l'évolution d'une civilisation sur le plan technologique (on peut raisonnablement se dire qu'ils avaient la roue, ou avaient du moins intuité son mécanisme ou l'avaient observé chez d'autres...). La description précise d'un lieu, d'un océan, d'une côte, d'un animal, d'une plante, peut tendre à nous prouver que certains voyages avaient été entrepris par exemple et certains recoins de la planète connus par ceux-ci - c'est ce que j'entends par circonstancié.
Les grecs utilisaient les étoiles pour s'orienter mais leur associaient également des mythes. Il s'agissait pourtant des mêmes étoiles qu'aujourd'hui mais on pouvait imaginer là haut dans le ciel Orion s'opposant au Scorpion, Hercule ciblant l'aigle de la flèche, etc., et cela était "cru" de toute bonne foi. C'est donc ce rapport subtil qu'entretient le mythe à la réalité qui est intéressant. Cela va au-delà du simple vrai ou du faux.
Pour la question d'Eärendil ou de tout autre objet céleste lié à la mythologie (comme Menelvagor par exemple) on peut donc se poser le même genre de questions. Pourquoi écarter d'un revers de main le fait qu'il puisse s'agir d'un mythe lié à Vénus, planète qui aurait pu exister à l'époque tout simplement telle qu'elle est aujourd'hui ? Quid de la part légendaire dans l'histoire d'Eärendil et des croyances qu'entretenaient les Numenóréens avec leur propre histoire ? L'approche "scientifique" moderne du mythe, c'est plutôt de considérer que les lois de l'univers ont un caractère immuable et d'essayer de comprendre ce que ces histoires révèlent sur les peuples auxquels elles appartiennent - plutôt que d'essayer de TGCMiser le légendaire - tu ne crois pas ?
D'ailleurs c'est peut-être le principal problème auquel était confronté Tolkien (l'article proposé par Didier, à ce titre est super), il ne s'agit pas tant de proposer des histoires crédibles (qui soient scientifiquement réalistes et de surcroît cohérentes en interne) que de proposer des *mythes* crédibles (c'est à dire, des histoires qui auraient pu être imaginées de manière crédible au sein d'un peuple avec la fonction mythologique). Ce qui n'est pas tout à fait pareil.
Prenons les mythes grecs par exemple : la Guerre de Troie a-t-elle eu lieu? Heraklès a-t-il existé? Apollon est-il vraiment intervenu? Ces récits possèdent un caractère merveilleux qui sous certains aspects peuvent nous sembler abracadabrants aujourd'hui mais qui correspondent à une forme de "vérité" (que je définirais ici par la réalité perçue par les auteurs et les peuples à leur époque, étendue à leur sensibilité du monde et leur manière de l'appréhender, l'ensemble culturel par lequel leur société vivait, coutumes, croyances, etc). Ces récits peuvent être des pures inventions, ou bien ils peuvent édulcorer des faits historiques réels avec moult superlatifs et flatteries sur des personnages (existants ou non) mais il n'empêche que quoi qu'il en soit, ils disent des choses significatives sur ces peuples. Ce sont donc des objets d'étude complexes et multi-facettes, on peut les appréhender de l'intérieur, de l'extérieur et sous l'angle de plein de disciplines (tant des sciences humaines que des sciences exactes). En particulier, sur ce qui est circonstancié (trouvant un écho dans notre réalité actuelle) : un mythe qui met en jeu un char à roues par exemple, donne une indication notable concernant l'évolution d'une civilisation sur le plan technologique (on peut raisonnablement se dire qu'ils avaient la roue, ou avaient du moins intuité son mécanisme ou l'avaient observé chez d'autres...). La description précise d'un lieu, d'un océan, d'une côte, d'un animal, d'une plante, peut tendre à nous prouver que certains voyages avaient été entrepris par exemple et certains recoins de la planète connus par ceux-ci - c'est ce que j'entends par circonstancié.
Les grecs utilisaient les étoiles pour s'orienter mais leur associaient également des mythes. Il s'agissait pourtant des mêmes étoiles qu'aujourd'hui mais on pouvait imaginer là haut dans le ciel Orion s'opposant au Scorpion, Hercule ciblant l'aigle de la flèche, etc., et cela était "cru" de toute bonne foi. C'est donc ce rapport subtil qu'entretient le mythe à la réalité qui est intéressant. Cela va au-delà du simple vrai ou du faux.
Pour la question d'Eärendil ou de tout autre objet céleste lié à la mythologie (comme Menelvagor par exemple) on peut donc se poser le même genre de questions. Pourquoi écarter d'un revers de main le fait qu'il puisse s'agir d'un mythe lié à Vénus, planète qui aurait pu exister à l'époque tout simplement telle qu'elle est aujourd'hui ? Quid de la part légendaire dans l'histoire d'Eärendil et des croyances qu'entretenaient les Numenóréens avec leur propre histoire ? L'approche "scientifique" moderne du mythe, c'est plutôt de considérer que les lois de l'univers ont un caractère immuable et d'essayer de comprendre ce que ces histoires révèlent sur les peuples auxquels elles appartiennent - plutôt que d'essayer de TGCMiser le légendaire - tu ne crois pas ?
D'ailleurs c'est peut-être le principal problème auquel était confronté Tolkien (l'article proposé par Didier, à ce titre est super), il ne s'agit pas tant de proposer des histoires crédibles (qui soient scientifiquement réalistes et de surcroît cohérentes en interne) que de proposer des *mythes* crédibles (c'est à dire, des histoires qui auraient pu être imaginées de manière crédible au sein d'un peuple avec la fonction mythologique). Ce qui n'est pas tout à fait pareil.

