Cher Jérôme,
Merci beaucoup pour ta relecture attentive et tes questions pertinentes.
J'espère en effet que l'analyse est plus simple à suivre que la synthèse chronologique, mais cette dernière me semble être un préalable nécessaire, au moins pour un article linguistique qui vise quand même à une certaine exhaustivité. Il est clair que si je devais résumer et simplifier le tout pour le lectorat généraliste de l'A&H, j'attaquerais directement par l'analyse, après une brève mention de l'évolution externe des langues elfiques.
Il est vrai que l'analyse a aussi des éléments diachroniques, mais vu qu'ils me semblent assez nécessaires pour suivre le raisonnement, il me paraît préférable de les loger là plutôt que dans la partie précédente, qui est suffisamment aride comme ça, ainsi que tu l'as noté. Après, je suis preneur de toute suggestion en la matière.
Pour répondre maintenant à tes questions :
Au passage, je n'ai pas tout à fait terminé, puisqu'il me reste à aborder l'association de certaines consonnes finales avec le masculin ou le féminin. Cela sera toutefois un peu plus bref que ce qui précède, donc un paragraphe ou deux tout au plus.
Amicalement,
E.
Merci beaucoup pour ta relecture attentive et tes questions pertinentes.
J'espère en effet que l'analyse est plus simple à suivre que la synthèse chronologique, mais cette dernière me semble être un préalable nécessaire, au moins pour un article linguistique qui vise quand même à une certaine exhaustivité. Il est clair que si je devais résumer et simplifier le tout pour le lectorat généraliste de l'A&H, j'attaquerais directement par l'analyse, après une brève mention de l'évolution externe des langues elfiques.Il est vrai que l'analyse a aussi des éléments diachroniques, mais vu qu'ils me semblent assez nécessaires pour suivre le raisonnement, il me paraît préférable de les loger là plutôt que dans la partie précédente, qui est suffisamment aride comme ça, ainsi que tu l'as noté. Après, je suis preneur de toute suggestion en la matière.
Pour répondre maintenant à tes questions :
- Pour -nilmë, j'ai changé en -(n)dilmë. En effet le suffixe complet n'est pas attesté directement, mais c'est forcément ce qui se dissimule dans le nom Vardilmë (fille de Vardamir et sœur de Tar-Amandil) dans l'arbre généalogique des descendants d'Elros dans les CLI.
- Je ne mentionne en effet pas le suffixe tiré de Yavannildi, parce qu'il s'agit bien plus probablement, à mon sens, des suivantes de Yavanna que de ses amies. Par conséquent, c'est un suffixe qui doit venir de hildi "suivants, descendants" < KHIL "suivre", à l'instar de Soronildi "Eorlingas" (adaptation en quenya du mot rohanais þorunahim). J'avoue que j'aurais pu le signaler, mais que la liste était déjà bien longue. Cela dit, si tu estimes que c'est utile, je peux rajouter une note de plus.

- Je n'ai pas non plus mentionné le -n(d)ildo des « Étymologies », parce que ce suffixe :
(1) n'est jamais attesté dans un nom, sauf pour une très vieille version rejetée du nom qenya du personnage Petitcœur des CP (Elwenildo(n)), qui fait certainement appel à un suffixe diminutif masculin, et pas à celui qui nous intéresse ici ;
(2) je ne cite que les suffixes attestés en quenya (à partir du SdA, en somme), même si je recours aux mots indépendants des « Étymologies » pour expliquer certains d'entre eux quand je n'ai pas d'autre choix (voir plus bas) ; toutefois
(3) le terme Elendili semble indiquer que le suffixe -(n)dil peut être non marqué. Je sens qu'il va falloir que je précise aussi cela en note, ce qui pourrait amener une mention de -n(d)ildo... [EDIT : Et c'est d'ailleurs ce que j'ai fait.][/*]
- Pour moi le suffixe -wine est originellement masculin, même s'il existe en quelques prénoms féminins modernes qui dérivent de prénoms historiques masculins utilisant ce suffixe (ex : angl. Edwina < Edwin... et fr. Ludivine < Leutwin). Apparemment, le proto-germanique connaissait une version féminine de ce suffixe, uniquement sous la forme indépendante Wina, dont j'ignore si elle est vraiment attestée, mais qui possède des descendants en bas allemand et en norvégien. Je fais appel aux spécialistes des langues germaniques pour nous en dire plus à ce propos.
- Enfin,ton "pinaillage" couvre en fait une très bonne question. Il faut savoir que dans les années 1930, Tolkien concevait ses deux racines pour "ami" et "serviteur" sous la forme N(D)IL, N(D)UR, mais qu'il les reformula plus tard sous la forme (N)DIL, (N)DUR) pour des raisons de phonologie en quenya, notamment parce qu'il a dû s'apercevoir qu'Anardil, Mardil ou Minardil ne s'expliquaient qu'avec une racine en D, vu qu'autrement **Anarnil, **Marnil ou **Minarnil auraient été possibles (même si certains auraient effectivement pu être dissimilés par n > d lorsque le premier élément contenait déjà un n). Cela laisse comme formes "aberrantes" Earnil et Earnur, mais celles-ci peuvent éventuellement s'expliquer comme des mots composés d'origine plus tardive (ëar + nil(do)...), forgés dans une branche cadette de la lignée royale, à une époque où la maîtrise du quenya déclinait. C'était moins vraisemblable pour Anardil, nom attesté à la grande époque de Númenor. Encore un coup où la préférence phonesthétique de Tolkien pour certains noms a prévalu sur la cohérence phonologique de la langue, ce qui a nécessité quelques aménagements ici ou là.
Sur le principe, cela ne pose aucun souci pour les mots indépendants, puisqu'en quenya ND- > n- par évolution régulière (ex : NDŌR > *ndorē > nór ; NDU > *ndūya- > núya-). Là où le bât blesse plus réellement, c'est que tous ces mots indépendants nilmo, nildo, nildë et núro ne sont attestés que dans « Les Étymologies » ou dans les essais contemporains. Fort heureusement (pour moi), les formes Earnil et Earnur ne s'expliquent que si les mots indépendants correspondants existent réellement en quenya post-SdA... Si ça n'est pas du coupage de cheveux en quatre, ça...
Pour le coup, je ne compte pas amener ce genre de précisions dans l'article, mais il est vrai que tout cela mériterait presque la publication d'une note linguistique quelque part.
[/*]
Au passage, je n'ai pas tout à fait terminé, puisqu'il me reste à aborder l'association de certaines consonnes finales avec le masculin ou le féminin. Cela sera toutefois un peu plus bref que ce qui précède, donc un paragraphe ou deux tout au plus.
Amicalement,
E.

