Hyarion Wrote:Mais au moins peut-on dire qu'à ses débuts, Tolkien ne craignait pas de créer un vocabulaire de façon naturelle et <i>a priori</i> sans tabou, même s'il prenait quand même soin, malgré tout, de ne pas écrire directement en anglais moderne l'équivalent des mots que j'ai pris la peine d'écrire plus haut <small>en petits caractères</small>, comme s'il ne voulait pas être surpris d'une manière ou d'une autre en train de les écrire ou d'avoir écrit les mots en question (des fois qu'Edith ou quelqu'un d'autre tombe dessus ?).
C'est plus ou moins ce que je suppose, en effet. Quant à la plaisanterie (apocryphe ou non) que tu cites, j'en profite pour signaler que le fuseau qui la contient nécessiterait sans doute un peu de maintenance.
Hyarion Wrote:Tant que l'on y est... n'ayant pas tous les Glosses, saurais-tu par hasard si, au-delà de la page 191 du PE 17, il aurait des éléments relatifs aux Drúedain (j'en doute, vu que ça devrait sinon figurer dans l'article dédié sur Tolkiendil, mais sait-on jamais) ?
Sauf erreur de ma part, toutes les mentions des Drúedain sont en page 99. Après la page 191, il n'y a rien d'autre qu'un index assez mal conçu et la liste des abréviations utilisées.
Hyarion Wrote:À te lire, j'avais bien pensé, entre autres, à un rapport avec les évocations symboliques telles que l'on peut en trouver chez des auteurs comme Lucrèce évoquant Vénus par exemple, mais c'est le fait de situer cela précisément dans l'Antiquité tardive qui m'a interpellé. Dans ses <i>Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres</i>, Diogène Laërce évoque effectivement un philosophe qui considérait Zeus comme étant le feu, Héra la terre, Aïdoné ou Aidoneus (Hadès) l'air et Nestis l'eau... mais il s'agit d'Empédocle d'Agrigente, ce qui nous fait passer de la supposée période d'écriture de Diogène Laërce (postérieur à Marc-Aurèle et Sextus Empiricus, apparemment antérieur à Plotin, soit donc possiblement vers le début du IIIe siècle de notre ère) à l'époque autrement plus lointaine des présocratiques (Ve siècle avant J.-C. dans le cas d'Empédocle) ! De mon point de vue, disons pour le moins que ce n'est pas en soi très tardif, même si Diogène Laërce, en citant Empédocle, apporte au passage sa propre interprétation des fragments du philosophe, en considérant que ce dernier associe Héra à la terre et Aïdoné à l'air. Or cette interprétation quant à l'attribution des éléments aux dieux pourrait être différente, en attribuant l'air à Héra (selon notamment ce que fait dire Platon à Socrate dans son <i>Cratyle</i>) et la terre à Aïdoné/Hadès, ce qui pourrait être d'autant plus cohérent dans l'hypothèse où Nestis serait Perséphone, ce que supposent de nos jours certains exégètes d'Empédocle. En fait, la question de savoir quel nom de divinité désignerait quel genre d'éléments chez Empédocle a fait couler beaucoup d'encre depuis l'Antiquité et ce n'est sans doute pas près de s'arrêter... mais cela nous renvoie en tout cas à une perspective historique plus vaste que la seule Antiquité tardive.
Merci pour les références. Ces associations remontent donc déjà à la période préclassique, soit bien plus tôt que ce que je croyais me souvenir, mais clairement pas à la période archaïque. De fait, la tradition dont tu parles est bien représentée dans les arts européens et il suffisait à Tolkien un minimum de bagage culturel (dont il ne devait pas manquer) pour en avoir connaissance. Les associations que tu cites semblent en tout cas éloigner la possibilité qu'il les ait reprises directement de Diogène Laërce, puisque l'attribution à Zeus du feu ne correspond pas.
Pour revenir à nos moutons suffixes : j'ai enfin terminé la sous-section sur les suffixes consonantiques non signifiants, ce qui clôt le développement de l'article. Reste à achever de rédiger l'introduction et la conclusion... et peut-être un appendice sur (N)DIL et (N)DUR ?

E.

