Par Bélénos, Toutatis, et Cie, il faut bien un jour un l'autre se coller à l'exercice de ce Martyr de Mathieu.
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/c...Matteo.jpg
Pas facile car le peintre lui-même s'y reprit plusieurs fois comme en attestent ses repentis et il fallait à l'époque rester au cordeau envers le Saint-Siège.
Une fois de plus, on observe l'image.
Plus d'une douzaine des personnages dans des costumes d'époques différentes, on a déjà vu combien c'était important.
Mais resituons le lieu et le pourquoi.
On a déjà décrit à gauche de la chapelle la tranquille et immédiate vocation. Ici, en face, le violent martyr.
Si la vocation est décrite dans l’évangile de Mathieu, et si on lui consent en être l'auteur, il lui aurait été bien difficile d'écrire son propre supplice qu'on ne retrouve ni chez les autres Évangélistes ni dans dans les Actes des Apôtres, uniquement dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine. On passera sur l’étymologie déjà en ligne, pas besoin de répéter. La Légende dorée fut néanmoins une source d'inspiration féconde aux temps anciens.
Selon la légende, donc, Mathieu se fâche avec le roi d’Éthiopie qui refuse la conversion au catholicisme de sa fille. Ce dernier envoie des soldats tuer Mathieu pendant qu'il officie. Il meurt en martyr et devient Saint.
Revoyons l'image : il s'agit d'un baptistère, une piscine pour recevoir les nouveaux convertis : une margelle, trois marches, de l'eau.
Les nouveaux baptisés se sont dénudés, ils n'ont qu'un froc pudique. Un diacre ou un un enfant de chœur s'enfuit en criant au lieu de porter secours.
Le Saint, tombé à terre, va succomber . Il est en habits sacerdotaux.
Un ange lui tend la palme du Martyr (un commentaire à ce propos en ps)
Les quatre candidats au baptême sont quasi nus et souvent, on considère le personnage central, le plus visible, comme le bourreau de Mathieu...
Comme avec la conversion, c'est une erreur.
Un peu comme dans une série policière, cherchez le criminel, ce n'est pas le plus évident !
On regarde plus à gauche, des personnages en tenue moderne, les uns effarés, les autres fuyant.
Un tout petit détail : parmi ceux qui s'enfuient, l'un lâche une épée (il a le visage -autoportrait - du peintre qu'on connait par ailleurs) tandis que le présumé bourreau, figure centrale du tableau, semble non lâcher mais s’être saisi de l'arme du crime.... il a même l'air effaré, tente de tenir Mathieu comme en secours pendant que les assassins s'enfuient.
Oui, le personnage central, c'est le baptisé qui tient la main de Mathieu. Le désespéré est celui qui jette l'objet du meurtre (et c'est le peintre lui-même). Les autres ne sont que des gandins qui l'accompagnent (blousons de cuir brodé), signe de vanité.
Et puis regardons encore...
Si l'on es d'accord que le type au centre n'est pas le bourreau, que d'autres s'enfuient lâchement, il reste que le vrai assassin, Presque au centre - Caravage himself - n'est pas apeuré, ne s'enfuit pas, mais se pose autant de questions que nous... son visage est plein d'interrogations.
Je livre encore une autre question insoluble... quid du cierge à la verticale du présumé ou non bourreau. Aviez-vous noté cette petite flamme ? Argh, ce chef-d’œuvre est complexe.
C'est marrant.
Comme je le disais à propos d'un simple vase, on peut discuter des heures.
S.
ps: ayant dit que je parlerais de Palmes, je ne suis pas allé gougueuler, mais j'ai songé ce matin à la Palme de ce Martyr, aux palmes académiques et aux palmes du Festival de Cannes, en prenant le café et me demandant quel rapport entre ces récompenses palmées (et je ne parle même pas des des palmes nautiques pour les nageurs) et suis-je bête, j'oubliais les palmes de la Pentecôte... en résumé, pour beaucoup (Jésus, Mathieu et tous les martyrs), qui reçoit des palmes va sitôt passer Ad Patres... du coup, pas envie de Cannes, ni d'académie
pps : le baptisé central, ce n'est qu'un hasard, porte au front un bandeau comme celui qu'Hector offrit à Ajax évoqué plus haut... des hasards ou des thèmes répétés, comme les palmes ???
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/c...Matteo.jpg
Pas facile car le peintre lui-même s'y reprit plusieurs fois comme en attestent ses repentis et il fallait à l'époque rester au cordeau envers le Saint-Siège.
Une fois de plus, on observe l'image.
Plus d'une douzaine des personnages dans des costumes d'époques différentes, on a déjà vu combien c'était important.
Mais resituons le lieu et le pourquoi.
On a déjà décrit à gauche de la chapelle la tranquille et immédiate vocation. Ici, en face, le violent martyr.
Si la vocation est décrite dans l’évangile de Mathieu, et si on lui consent en être l'auteur, il lui aurait été bien difficile d'écrire son propre supplice qu'on ne retrouve ni chez les autres Évangélistes ni dans dans les Actes des Apôtres, uniquement dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine. On passera sur l’étymologie déjà en ligne, pas besoin de répéter. La Légende dorée fut néanmoins une source d'inspiration féconde aux temps anciens.
Selon la légende, donc, Mathieu se fâche avec le roi d’Éthiopie qui refuse la conversion au catholicisme de sa fille. Ce dernier envoie des soldats tuer Mathieu pendant qu'il officie. Il meurt en martyr et devient Saint.
Revoyons l'image : il s'agit d'un baptistère, une piscine pour recevoir les nouveaux convertis : une margelle, trois marches, de l'eau.
Les nouveaux baptisés se sont dénudés, ils n'ont qu'un froc pudique. Un diacre ou un un enfant de chœur s'enfuit en criant au lieu de porter secours.
Le Saint, tombé à terre, va succomber . Il est en habits sacerdotaux.
Un ange lui tend la palme du Martyr (un commentaire à ce propos en ps)
Les quatre candidats au baptême sont quasi nus et souvent, on considère le personnage central, le plus visible, comme le bourreau de Mathieu...
Comme avec la conversion, c'est une erreur.
Un peu comme dans une série policière, cherchez le criminel, ce n'est pas le plus évident !
On regarde plus à gauche, des personnages en tenue moderne, les uns effarés, les autres fuyant.
Un tout petit détail : parmi ceux qui s'enfuient, l'un lâche une épée (il a le visage -autoportrait - du peintre qu'on connait par ailleurs) tandis que le présumé bourreau, figure centrale du tableau, semble non lâcher mais s’être saisi de l'arme du crime.... il a même l'air effaré, tente de tenir Mathieu comme en secours pendant que les assassins s'enfuient.
Oui, le personnage central, c'est le baptisé qui tient la main de Mathieu. Le désespéré est celui qui jette l'objet du meurtre (et c'est le peintre lui-même). Les autres ne sont que des gandins qui l'accompagnent (blousons de cuir brodé), signe de vanité.
Et puis regardons encore...
Si l'on es d'accord que le type au centre n'est pas le bourreau, que d'autres s'enfuient lâchement, il reste que le vrai assassin, Presque au centre - Caravage himself - n'est pas apeuré, ne s'enfuit pas, mais se pose autant de questions que nous... son visage est plein d'interrogations.
Je livre encore une autre question insoluble... quid du cierge à la verticale du présumé ou non bourreau. Aviez-vous noté cette petite flamme ? Argh, ce chef-d’œuvre est complexe.
C'est marrant.
Comme je le disais à propos d'un simple vase, on peut discuter des heures.
S.
ps: ayant dit que je parlerais de Palmes, je ne suis pas allé gougueuler, mais j'ai songé ce matin à la Palme de ce Martyr, aux palmes académiques et aux palmes du Festival de Cannes, en prenant le café et me demandant quel rapport entre ces récompenses palmées (et je ne parle même pas des des palmes nautiques pour les nageurs) et suis-je bête, j'oubliais les palmes de la Pentecôte... en résumé, pour beaucoup (Jésus, Mathieu et tous les martyrs), qui reçoit des palmes va sitôt passer Ad Patres... du coup, pas envie de Cannes, ni d'académie
pps : le baptisé central, ce n'est qu'un hasard, porte au front un bandeau comme celui qu'Hector offrit à Ajax évoqué plus haut... des hasards ou des thèmes répétés, comme les palmes ???

