sosryko Wrote:Dans La parole humiliée, il [Jacques Ellul] oppose le « parler pour ne rien dire » au parler utile d'une part et au parler créateur d'autre part, ce dernier étant ici désigné par lui comme lui « la poésie, le mythe, le récit indispensable de l'historique légendaire » (1981, p. 172). Plus loin, il associe « la parole oubliée, qui est celle de la Création, la parole figée qui est celle de la philosophie, la parole chantée, qui est celle de la poésie », précisant immédiatement après que « l'homme est fait pour fait pour vivre de ces paroles, mais elles lui sont devenues incompréhensibles » (p. 215).
Si je puis me permettre, la parole oubliée, si j'en crois mon exemplaire du livre d'Ellul en question, est ici celle de la création... sans majuscule, même si, dans l'esprit de l'auteur, cela pouvait éventuellement revenir un peu au même quant au fond du propos de l'ouvrage...
B.
P.S. : le temps me manque pour participer, mais j'avoue être assez désespéré par toutes ces critiques plus ou moins systématiques de la « Modernité » partagées ici à des degrés divers, a fortiori sous couvert de parler de la liberté, de la vie, du bien, de la création, de poésie ou d'émancipation... Si Tolkien, tout antimoderne qu'il ait été, ne doit renvoyer fondamentalement qu'à ce genre de visions du réel et des êtres humains, c'est triste.

