Merci, encore une fois (à tous) pour tout ce partage.
Quelques mots, rapidement, car ici comme ailleurs, le temps me manque pour participer...
Voici une reproduction du tableau où le clair-obscur apparaît moins assombri, permettant de mieux voir les détails : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:...-1600).jpg
Ci-joint, une « petite » copie maison, au cas où il faudrait se passer de sources externes :
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1602568444_caravaggio_-_il_martirio_di_san_matteo_-_c1599-1600_-_san_luigi_dei_francesi.jpg" width="669" />
<small>Michelangelo Merisi, dit Caravage (Caravaggio) ou Le Caravage (1571-1610).
<i>Le Martyre de saint Matthieu</i> (<i>Il Martirio di san Matteo</i>), 1599-1600.
Huile sur toile, 323 x 343 cm.
Rome, San Luigi dei Francesi, Chapelle Contarelli.</small>
Attention, le fichier original sur Wikimedia Commons est, lui, vraiment très gros (12,439 × 10,928 pixels) !
Pourquoi pas, en effet, mais j'avoue que je n'y crois pas beaucoup...
La façon ferme dont le personnage central saisit, de la main gauche, le bras droit de Mathieu, ainsi que son visage exprimant la violence... ces détails en particulier ne me paraissent guère plaider en la faveur de l'hypothèse d'un catéchumène découvrant un assassinat. Et l'épée me parait aussi fermement tenue... À noter que la nudité ici peut elle-même exprimer en soi une force brutale, agressive, souvent traditionnellement associée au nu masculin (une bonne raison, parmi d'autres, de préférer les nus féminins, pour ce qui me concerne), l'effet étant souligné par le fait que la victime est, elle, largement habillée, ce qui par nature ne sera pas le cas dans une scène de flagellation du Christ à la colonne, par exemple.
Cependant, le fait que le corps du bourreau soit placé à ce point en pleine lumière donne à réfléchir... de même que la proximité de l'autoportrait du peintre tout près du bras tenant l'épée, par delà la perspective... Peut-être faut-il voir là quelque sous-texte sexuel typiquement caravagesque...
Voici, dans son style bien à lui, quelques lignes d'Éric Walter, dit Hector Obalk, qui a beaucoup étudié le peintre en question :
[citation=Hector Obalk, <i>Aimer voir</i>, Paris, Hazan, 2011, chapitre physionomie, 17., p. 52. ]On a longtemps associé l'homosexualité bien connue du Caravage à la présence répétée d'éphèbes qui, torses nus et bouches ouvertes, peuplent les débuts de son œuvre. C'est à l'âge de 25 ans environ que le Caravage délaisse ce registre festif de la mythologie pour celui, nettement plus « hétérosexuel » et dramatique des deux Testaments. Mais on peut aussi penser que Caravage révèle dans ces peintures sombres, ferventes et théâtrales de la maturité, une libido spécifique qui, sans être forcément homosexuelle, dévoile l'hypersensibilité d'un narcissisme prépubère, lequel confine, dans son cas, au pur génie.[/citation]
Amicalement,
B.
<small>P.S. : Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre, vient encore d'en prendre pour son grade, ces jours-ci, sur le site de <i>La Tribune de l'Art</i> > https://www.latribunedelart.com/jean-luc...-du-louvre
Didier Rykner en fait sans doute un peu trop dans la forme et dans le ton, mais s'il est vrai que les nouvelles réserves du musée du Louvre, désormais installées à Liévin (ce qui, depuis longtemps, me parait déjà être en soi une mauvaise idée, et qui n'a pas de sens : pourquoi si loin ?), ne servent finalement qu'à rendre invisibles des tableaux pour convenance personnelle, alors c'est bien triste que nôtre Louvre en soit arrivé là...</small>
Quelques mots, rapidement, car ici comme ailleurs, le temps me manque pour participer...
Silmo Wrote:La photo n'est pas très bonne, hélas, [...]. On doit trouver de meilleures reproductions sur la toile...
Voici une reproduction du tableau où le clair-obscur apparaît moins assombri, permettant de mieux voir les détails : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:...-1600).jpg
Ci-joint, une « petite » copie maison, au cas où il faudrait se passer de sources externes :
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1602568444_caravaggio_-_il_martirio_di_san_matteo_-_c1599-1600_-_san_luigi_dei_francesi.jpg" width="669" />
<small>Michelangelo Merisi, dit Caravage (Caravaggio) ou Le Caravage (1571-1610).
<i>Le Martyre de saint Matthieu</i> (<i>Il Martirio di san Matteo</i>), 1599-1600.
Huile sur toile, 323 x 343 cm.
Rome, San Luigi dei Francesi, Chapelle Contarelli.</small>
Attention, le fichier original sur Wikimedia Commons est, lui, vraiment très gros (12,439 × 10,928 pixels) !
Silmo Wrote:Les quatre candidats au baptême sont quasi nus et souvent, on considère le personnage central, le plus visible, comme le bourreau de Mathieu...
Comme avec la conversion, c'est une erreur.
Yyr Wrote:Je veux bien que le catéchumène central ne soit pas nécessairement l'assassin...
Pourquoi pas, en effet, mais j'avoue que je n'y crois pas beaucoup...
La façon ferme dont le personnage central saisit, de la main gauche, le bras droit de Mathieu, ainsi que son visage exprimant la violence... ces détails en particulier ne me paraissent guère plaider en la faveur de l'hypothèse d'un catéchumène découvrant un assassinat. Et l'épée me parait aussi fermement tenue... À noter que la nudité ici peut elle-même exprimer en soi une force brutale, agressive, souvent traditionnellement associée au nu masculin (une bonne raison, parmi d'autres, de préférer les nus féminins, pour ce qui me concerne), l'effet étant souligné par le fait que la victime est, elle, largement habillée, ce qui par nature ne sera pas le cas dans une scène de flagellation du Christ à la colonne, par exemple.
Cependant, le fait que le corps du bourreau soit placé à ce point en pleine lumière donne à réfléchir... de même que la proximité de l'autoportrait du peintre tout près du bras tenant l'épée, par delà la perspective... Peut-être faut-il voir là quelque sous-texte sexuel typiquement caravagesque...
Voici, dans son style bien à lui, quelques lignes d'Éric Walter, dit Hector Obalk, qui a beaucoup étudié le peintre en question :
[citation=Hector Obalk, <i>Aimer voir</i>, Paris, Hazan, 2011, chapitre physionomie, 17., p. 52. ]On a longtemps associé l'homosexualité bien connue du Caravage à la présence répétée d'éphèbes qui, torses nus et bouches ouvertes, peuplent les débuts de son œuvre. C'est à l'âge de 25 ans environ que le Caravage délaisse ce registre festif de la mythologie pour celui, nettement plus « hétérosexuel » et dramatique des deux Testaments. Mais on peut aussi penser que Caravage révèle dans ces peintures sombres, ferventes et théâtrales de la maturité, une libido spécifique qui, sans être forcément homosexuelle, dévoile l'hypersensibilité d'un narcissisme prépubère, lequel confine, dans son cas, au pur génie.[/citation]
Amicalement,
B.
<small>P.S. : Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre, vient encore d'en prendre pour son grade, ces jours-ci, sur le site de <i>La Tribune de l'Art</i> > https://www.latribunedelart.com/jean-luc...-du-louvre
Didier Rykner en fait sans doute un peu trop dans la forme et dans le ton, mais s'il est vrai que les nouvelles réserves du musée du Louvre, désormais installées à Liévin (ce qui, depuis longtemps, me parait déjà être en soi une mauvaise idée, et qui n'a pas de sens : pourquoi si loin ?), ne servent finalement qu'à rendre invisibles des tableaux pour convenance personnelle, alors c'est bien triste que nôtre Louvre en soit arrivé là...</small>

