Merci Yyr pour cette nouvelle “fiche” (ah!ah!) de lecture :)
[citation=J. Ellul, La Parole humiliée, p. 215]La création tout entière parle, mais l'homme plutôt que d'écouter cette parole veut voir le secret de cette création, voir, qui provoque la demande scientifique.[/citation]
En fait, cette citation de La Parole Humiliée est un résumé d'un développement écrit pour la préface d'un livre de Nelly Viallaneix sur Kierkegaard. Ellul y reprenait déjà la trilogie des paroles captives dans les mêmes termes mais, cette fois, l'auteur ou l'éditeur n'avait pas oublié la majuscule :
[citation=J. Ellul, Préface à N. Viallaneix, Ecoute, Kierkegaard, t. I, Cerf, 1979, p. XV-XVI.]Parole « oubliée », celle de la Création, que l'homme noie dans le vacarme de la vie (moderne), de la politique et de la presse. Mais on peut, dans le silence retrouvé, entendre de nouveau la symphonie du monde. Parole « figée » : Kierkegaard se livre à une étude « prophétique » de la communication, du langage et du mystère de la parole ; il se trouve en présence d'une confusion qui ne peut être dépassée que par une dialectique nouvelle, anti-hégélienne : la « dialectique qualitative ». Parole « chantée », enfin : c'est la poésie, qui est une fête, mais qui ne trouve son sens que dans le passage du poète au témoin. Ainsi tout peut être « repris », tout peut être ré-entendu. Il ne faut pas se hâter de proclamer que l'univers est condamné, que le péché règne, que le passé est une fatalité. Une autre vie s'ouvre que celle imaginée par l'homme. Kierkegaard, à la lumière unique de la Parole de Dieu, ne condamne pas les paroles d'homme, ou le chant de la Création, il en discerne la misère. La misère et non le mal.[/citation]
S.
Hyarion Wrote:Si je puis me permettre, la parole oubliée, si j'en crois mon exemplaire du livre d'Ellul en question, est ici celle de la création... sans majuscule, même si, dans l'esprit de l'auteur, cela pouvait éventuellement revenir un peu au même quant au fond du propos de l'ouvrage...Ellul n'est pas très rigoureux dans l'usage des majuscules et pour avoir travaillé sur les manuscrits de l'auteur, je confirme l'ambiguïté à la source. Pour la citation proprement dite, tu as raison et je me suis permis de corriger le texte publié car non seulement Ellul signifie bien cela ailleurs déjà (cf. p. 57 : [emphase]« Dieu créant par la Parole, c'est Dieu non pas hors de sa création, mais Dieu avec elle »[/emphase] ; [emphase]« Comme au début de la création, quand Dieu dit [...] »[/emphase] ; p. 59 : [emphase]« Adam s'affirme comme le chef de la création lorsque Dieu fait défiler devant lui tous les animaux »[/emphase]; p. 60,61, 66, etc. etc.) mais de plus Ellul fait ici référence à une étude Nelly Viallaniex sur Kierkagaard (cf. « le chant du monde » mentionné à la 3e phrase suivante) ainsi qu'à un psaume (Ps 19) lorsqu'il commente immédiatement après la citation :
[citation=J. Ellul, La Parole humiliée, p. 215]La création tout entière parle, mais l'homme plutôt que d'écouter cette parole veut voir le secret de cette création, voir, qui provoque la demande scientifique.[/citation]
En fait, cette citation de La Parole Humiliée est un résumé d'un développement écrit pour la préface d'un livre de Nelly Viallaneix sur Kierkegaard. Ellul y reprenait déjà la trilogie des paroles captives dans les mêmes termes mais, cette fois, l'auteur ou l'éditeur n'avait pas oublié la majuscule :
[citation=J. Ellul, Préface à N. Viallaneix, Ecoute, Kierkegaard, t. I, Cerf, 1979, p. XV-XVI.]Parole « oubliée », celle de la Création, que l'homme noie dans le vacarme de la vie (moderne), de la politique et de la presse. Mais on peut, dans le silence retrouvé, entendre de nouveau la symphonie du monde. Parole « figée » : Kierkegaard se livre à une étude « prophétique » de la communication, du langage et du mystère de la parole ; il se trouve en présence d'une confusion qui ne peut être dépassée que par une dialectique nouvelle, anti-hégélienne : la « dialectique qualitative ». Parole « chantée », enfin : c'est la poésie, qui est une fête, mais qui ne trouve son sens que dans le passage du poète au témoin. Ainsi tout peut être « repris », tout peut être ré-entendu. Il ne faut pas se hâter de proclamer que l'univers est condamné, que le péché règne, que le passé est une fatalité. Une autre vie s'ouvre que celle imaginée par l'homme. Kierkegaard, à la lumière unique de la Parole de Dieu, ne condamne pas les paroles d'homme, ou le chant de la Création, il en discerne la misère. La misère et non le mal.[/citation]
S.

