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In Memoriam...
Hélas, oui, mon Silmo. Ken Hensley, n'est plus. Je suis sûr que Pellucidar viendra nous retrouver ici même pour donner son ressenti sur cette triste nouvelle.

Relativement peu identifié par le grand public français, Ken Hensley aura eu une longue carrière de rockeur chevelu.

Grand musicien, doué pour tout un tas d'instruments, il est notamment connu pour son jeu virtuose à l'orgue hammond, co-définissant avec Keith Emerson ou Jon Lord (Deep Purple), à l'aube des années 70, un son rock sauvage, complétant voire surpassant les fougueuses envolées guitaristiques de l'époque.

Lorsqu'il intègre fin 1969 le groupe qui va devenir Uriah Heep, Ken Hensley a déjà quelques années de pratique derrière lui. Il côtoie déjà la crème des rockeurs du moment (Mick Taylor (Rolling Stones), Greg Lake (Emerson Lake and Palmer), Paul Kossof (Free), Ian Paice (Deep Purple)...).

Uriah Heep, sous l'influence de Ken Hensley qui en devient le principal compositeur, s'impose musicalement comme un groupe à la frontière du Hard Rock et du Rock Progressif, produisant une musique riche et puissante, agrémentée de balades folk-pop relevées.
Mais ce modèle hybride n'est pas du goût de la critique de l'époque, qui, préférant sans doute les propositions tranchées, assassine les premiers albums du groupe. La voix aiguë du chanteur David Byron agace, l'orgue virtuose de Hensley exaspère, le succès populaire énerve.
Quelques années plus tard, un groupe comme Queen aura droit au même traitement...

Ainsi, pas tout à fait hard, Uriah Heep ne figure que rarement aux côtés de Led Zeppelin, Deep Purple ou Black Sabbath, dans les chapelles des métalleux. Et pas tout à fait prog, il est souvent oublié dans la liste des King Krimson, Emerson Lake and Palmer, Genesis ou autre Soft Machine...
Il deviennent ainsi, à leur corps défendant, des "seconds couteaux", mais leurs albums figurent malgré tout parmi les plus innovants et les plus intéressants de la décennie.

Silmo évoque Salisbury et The Park, et leurs envolée d'orgues.
Sur le même album (qui s'appelle aussi Salisbury, 1971) figure la balade Lady In Black, sur laquelle Hensley, en plus de jouer de la guitare rythmique, s'essaye brillamment au chant.

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[séparation]

Ken Hensley est aussi réputé être un fan de Tolkien.
Sa présence dans ce fuseau n'en que plus légitime et importante.

A la sortie de l'album Demon's and Wizards en 1972, le musicien explique qu'il a été fortement influencé par Tolkien. Une information qu'il relativisera plus tard, expliquant qu'il avait lu le Seigneur des Anneaux, l'avait apprécié, mais qu'il ne fallait pas le considérer comme un expert.

Quoiqu'il en soit, cet album offre sans doute, avec la chanson Wizard, un des plus beaux moments musicaux dédiés à un magicien errant, sans aucun doute celui que nous apprécions tous à JRRVF.

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[séparation]

En 1979, Ken Hensley quitte Uriah Heep, qui poursuit l'aventure sans lui. Il entame une carrière toujours riche musicalement mais avec un succès en demi-teinte, marqué par un passage au sein du groupe Blackfoot, dans les année 80, et des activités variées avec le gratin du rock dans les années 2000.

Son influence sur le rock britannique des années 70 est indéniable, bien que largement sous estimée.
Pour ma part, c'est ici même grâce à une discussion sur JRRVF, que j'ai découvert en 2011 l'art de Ken Hensley. Et je ne le regrette pas.

[séparation]

[small]Pendant que j'écrivais ces lignes, j'ai été contraint de gérer par mail et téléphone une cascade de cas positifs inattendus à la COVID-19 parmi mes collègues.. je sens que je vais passer dans la catégorie des cas contacts d'ici peu... :/

Mais il y a quelques instants, une alerte info m'a indiqué que Joe Biden vient de remporter les élections présidentielles aux Etats-Unis
Il convient donc d'honorer cet instant étonnant avec un peu de musique qui bouge, et c'est Ken Hensley qui nous l'offre :
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RIP Kenneth William David Hensley (1945-2020)

I.
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