Elendil Wrote:Pour conclure cette longue digression, il faut également signaler que Remembrance Day, le « Jour du Souvenir » des soldats du Commonwealth morts au combat a été instauré par le roi George V en 1919, au lendemain de la Première guerre mondiale. Comme en France, il a lieu le 11 novembre, jour de l'Armistice. Pourquoi mentionner cela ? Parce qu'il est également surnommé Poppy Day en Angleterre, en mémoire des champs de coquelicots qui fleurissaient entre les tranchées pendant la guerre
Ce n'est pas tant que ça une digression considérant le passé militaire de Tolkien
Rendons néanmoins à César ce qui appartient au lieutenant colonel McCrae, un militaire canadien, qui fit le premier rapport entre le coquelicot et les champs de batailles. En 1915, son jeune compagnon Alexis Helmer fut tué à Ypres, et rapidement enseveli dans une tombe marquée d’une simple croix. McCrae avait vu les coquelicots qui poussaient entre les tombes ("entre les tombes", on dirait du Paul Valéry au début du "cimetière marin" *...). Il écrivit en mai 1915, bien avant la célébration de George V son poème « In Flanders Fields » (« Au Champ d’Honneur »).
[citation]In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses,row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved, and were loved, and now we lie
In Flanders fields.
Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.[/citation]
Quelques années plus tard, c'est une femme, américaine, Moina Michael, qui lança les premières collectes de fonds au profit des vétérans en arborant des popies, tradition importée en Europe par une autre femme, française celle-ci, Miss Guérin qui repris l'idée et collecta des fonds pour les enfants victimes de la guerre, toujours avec des popies dont la tradition se répandit plus tard dans tout le Commonwealth.
En France, ce fut le Bleuet, couleur des uniformes des poilus, qui n'est presque plus porté (gamin, début des années 70, on le vendait encore à la sortie des messes ou près de la mairie entre fin octobre et mi-novembre - je crois que ça n'existe plus alors que le popie anglais est toujours porté). En Belgique, nos chers voisins, c'est la pâquerette qui témoignait du souvenir aux soldats. Je ne suis plus sûr mais la marguerite fut peut-être pour les Canadiens ou les Américains.
Silmo
[espacement]ps : à l'occasion puisque les musées sont à nouveau ouverts, un petit tour au musée national de la coopération franco-américaine de Blérancourt dont les principales collections sont dues à de généreuses donatrices après la guerre (encore des dames - qui a dit MeToo??) et c'est tout près de Compiègne en ex-Picardie.
pps : pour le "Cimetière marin de Paul Valéry", parmi les plus beaux vers français,
[citation]Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée...
Ô récompense après une pensée [/citation]

