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Roland C. Wagner
#4
<i>Quelques mois plus tard...</i>

Hyarion Wrote:Il me semble avoir récupéré un jour un livre de Roland Wagner contenant un récit, là encore uchronique, consacré à H. P. Lovecraft imaginé comme ayant vécu jusqu'en 1991 : si c'est bien le cas, il faudra que je retrouve ce livre à l'occasion, sans doute caché quelque-part dans une caisse pleine d'ouvrages.

Ma mémoire n'est point encore trop défaillante... J'ai retrouvé le livre en question la semaine dernière, en rangeant un placard : c'était un cadeau que m'avait offert une amie libraire. Il s'agit de <i>H.P.L.</i>, un petit recueil publié chez ActuSF, en 2017 : https://www.noosfere.org/livres/niourf.a...2146595043

Ledit recueil contient deux nouvelles de Roland C. Wagner : <i>H.P.L. (1890-1991)</i>, nouvelle parue initialement en 1995, ici proposée en français et dans une traduction en anglais, ainsi que <i>Celui qui bave et qui glougloute</i>, nouvelle publiée pour la première fois en 1999. Le volume se termine avec deux entretiens avec l'auteur, à propos de chacune des nouvelles, datant de 2006 et 2007.

J'étais l'autre jour dans un train pour faire un rapide aller et retour entre Toulouse et Marseille, et j'en ai profité pour lire ce recueil durant le trajet de l'aller <b>(*)</b>. Cela se lit bien, l'usage de l'uchronie et de la parodie par Roland C. Wagner passant mieux, me concernant, par le format de la nouvelle que par celui du roman.

La nouvelle uchronique <i>H.P.L. (1890-1991)</i> est plutôt bien écrite, et s'apprécie sans doute d'autant mieux si l'on connait la vie et l'œuvre de H. P. Lovecraft, mort en 1937 mais que Roland Wagner imagine ayant vécu jusqu'à 101 ans. Le récit, qui se présente sous la forme d'une nécrologie fictive, est assez crédible, et l'on se surprend à vouloir vérifier, parmi les sources indiquées dans les notes de bas de page, si certaines sont moins fictives que d'autres : je me suis moi-même assuré, de retour chez moi, que parmi la correspondance publiée de Lovecraft à Robert Bloch, il n'existe pas de lettre de Lovecraft à Bloch du 11 octobre 1935, pourtant citée à la note 16 de la nouvelle de Wagner ; il faut dire que l'anecdote censée être extraite de cette lettre — anecdote qui fait allusion à un authentique récit collaboratif que Lovecraft a co-écrit en 1935 notamment avec Robert E. Howard et Catherine L. Moore — parait déjà <i>a priori</i> un peu trop « bizarre » pour être vraie, mais on sent bien que Wagner aime jouer avec les références. L'exercice est assez intéressant dans la mesure où l'on connait plutôt bien la vie de Lovecraft et que sa très abondante correspondance a été largement rendue publique, ce qui, associé à une bonne connaissance de l'histoire du milieu de la science-fiction américaine au cours du XXe siècle, donne de la matière pour imaginer, de façon relativement crédible, une vie et une œuvre de Lovecraft allant au-delà de 1937. Il aurait toutefois été difficile, à mon avis, de construire tout un roman sur cette idée, et le format de la nouvelle m'a paru, de fait, bien plus adéquat.

La nouvelle <i>Celui qui bave et qui glougloute</i> est un récit parodique, dont l'action se situe aux États-Unis d'Amérique en 1890 et qui mêle à la fois western, steampunk et imaginaire lovecraftien (à travers notamment le <i>Necronomicon</i>). Réalisé plus ou moins d'une seule traite (de l'aveu de l'auteur), l'exercice humoristique est assez réussi, de mon point de vue, alors même que j'ai pourtant assez souvent tendance à me lasser notamment de l'hyper-référenciation dans les récits de ce type.

Voila, voila. Si vous voulez tout savoir, dans le train du retour, j'ai aussi lu une nouvelle de fantasy de Philip K. Dick et une nouvelle fantastique de Fitz-James O'Brien, toutes intéressantes, et j'ai également relu des passages des <i>Aventures de Tom Bombadil</i>, dans une édition bilingue nouvellement annotée par Marguerite Mouton et parue cet automne chez Pocket. Les livres de poche, décidément, c'est toujours très pratique pour voyager. <small>Mon projet de livre en cours est conçu pour un format un peu plus grand, mais pas trop, je l'espère : le problème de volume du volume (si j'ose dire) pourrait bien résider plutôt dans son épaisseur finale ! ^^'</small>

<i>Peace and love</i>,

B.

<small><b>(*)</b> Pour l'anecdote, mon arrivée un certain samedi en gare de Marseille Saint-Charles a coïncidé, bien malgré moi, avec la présence sur place de celui que Silmo a appelé par l'initiale de son nom ailleurs dans un message et par son nom complet dans un autre message encore ailleurs : l'individu en question — lequel, en roulant en voiture vers la gare, venait de recevoir un « doigt d'honneur » (soit ce que j'appelle le <i>doigt de l'amitié</i>) de la part d'une passante marseillaise et de donner lui-même à celle-ci un « doigt d'honneur » identique en retour (comme je le dit souvent, en matière de dialogue : s'insulter, c'est déjà se parler) — l'individu en question, disais-je, était en fait sur le point de prendre lui-même le train pour quitter la cité phocéenne, sous les huées d'un groupe de manifestants hostiles, et finalement, nous n'aurons fait, fort heureusement, que nous croiser brièvement (je n'ai pas vu directement ledit individu, caché derrière une sorte d'escorte policière, mais par contre j'ai aperçu sa « très proche conseillère », avec laquelle il a fait la une de <i>Paris Match</i>, en septembre dernier, tous deux barbotant dans l'eau à La Seyne-sur-Mer sous le regard torve d'un paparazzi... et de fait, la photo est très moche). J'étais venu à Marseille pour voir une exposition, d'ailleurs très belle, et dont je parlerai peut-être plus tard, dans le fuseau dédié, mais bon... tout cela pour dire que, par les temps qui courent en France, il est décidément difficile, qu'on le veuille ou non et à des degrés divers, d'échapper à un certain contexte politique...</small>
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