En décembre dernier, dans un autre fuseau, j'ai écrit à Elendil que j'essaierai de parler prochainement, dans le présent fuseau dédié, d'une exposition et de quelques autres, toutes visitées durant l'automne dernier dans le Sud de la France... Le temps a passé, j'ai souvent reporté, et du coup certaines expos sont maintenant déjà terminées ou sont sur le point de l'être... alors ne tardons plus ! Silmo va être content : cette fois-ci, je ne peux pas faire autrement que d'être concis (en tout cas, davantage qu'à l'accoutumée).
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<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1643855818_gaston_bussiere_-_salammbo_-_1920_-_macon_-_musee_des_ursulines.jpg" width="469" />
<small>Gaston Bussière (1862-1928).
<i>Salammbô</i>, 1920.
Huile sur toile, 116 x 88,5 cm.
Mâcon, musée des Ursulines.</small>
L'exposition que j'ai vu à Marseille, au Mucem, s'appelle « Salammbô. Fureur ! Passion ! Éléphants ! », présentée du 19 mai au 19 septembre 2021 au Musée des beaux-arts de Rouen, du 20 octobre 2021 au 7 février 2022 au Mucem, et au printemps-été 2022 au Musée du Bardo, à Tunis. Elle s'inscrit dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert (1821-1880).
Comme son nom l'indique, l'exposition est consacrée au roman <i>Salammbô</i> de Flaubert, qui a fortement stimulé l'imaginaire de nombreux artistes, lesquels, de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours, se sont emparé de Salammbô et de son univers antiquisant (punique) pour transposer, dans divers modes d'expression, les mots de Flaubert, alors même que le romancier ne voulait pas voir son histoire illustrée. L'exposition présente donc bien sûr le roman, avec les manuscrits de l'auteur et diverses éditions, mais aussi les peintures, illustrations et sculptures que <i>Salammbô</i> a inspiré, les opéras, la bande-dessinée (avec Philippe Druillet en particulier), et aussi l'archéologie tunisienne, sachant que certains croient encore parfois que Salammbô a été un véritable personnage carthaginois historique.
Cette belle exposition, bénéficiant d'une bonne scénographie, a notamment été pour moi l'occasion de voir enfin « en vrai » un fascinant tableau de Gaston Bussière, reproduit ci-dessus, figurant en couverture de ma vieille édition du roman de Flaubert, édité chez Folio Gallimard et figurant dans ma bibliothèque depuis mon adolescence. Certains trouveront ce genre de tableau peut-être « kitsch » ou « pompier », mais peu importe : les jugements péremptoires d'« esprits purs », adeptes d'une sorte d'« hygiénisme spirituel » et/ou prétendument initiés aux « vérités de l'art », ne m'intéressent pas beaucoup. À noter que, dans le même contexte, l'exposition présente aussi des œuvres de Georges Rochegrosse, illustrant <i>Salammbô</i>, qui avaient fait l'objet d'un aparté de la part de Silmo, dans un autre fuseau en 2019 : ce message
Il ne reste plus que quelques jours pour aller voir cette exposition à Marseille, mais si vous êtes dans le coin, et que vous avez du temps libre le week-end prochain, je ne peux que vous recommander d'y aller, le Mucem (Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) étant par ailleurs un lieu très agréable à visiter : https://www.mucem.org/programme/expositi...s/salammbo
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<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1643855846_theodule_ribot_-_nature_morte_aux_oeufs_sur_le_plat_-_c1880-1887_-_senlis_-_musee_d-art_et_d-archeologie.jpg" width="569" />
<small>Théodule Ribot (1823–1891).
<i>Nature morte aux œufs sur le plat</i>, sans date (vers 1880-1887).
Huile sur toile, 59 x 73.5 cm.
Senlis, Musée d'art et d'archéologie.</small>
Je suis également allé voir l'exposition « Théodule Ribot, une délicieuse obscurité », présentée à Toulouse au musée des Augustins, et dont il a déjà été question ici plus haut. Ribot était un peintre autodidacte du XIXe siècle, influencé par le caravagisme ainsi que par la peinture espagnole et néerlandaise du XVIIe siècle (Ribera, Velázquez, Rembrandt...). Son œuvre est empreinte de clair-obscur, d'une certaine spiritualité, de simplicité (au sens disons humain, social du terme) à travers ses sujets et les modèles de ses portraits (dont son épouse et sa fille). Mis à part quelques paysages, l'exposition propose surtout de voir des natures mortes et des portraits, les genres dans lesquels le peintre s'est à la fois le plus et le mieux illustré. Dans la production de Ribot, on trouve également plusieurs nus masculins au corps souffrant, mais aucun nu féminin : de ce fait et dans ce domaine, même si son travail est intéressant, Ribot m'attire nettement moins que Jean-Jacques Henner, pour prendre un exemple de peintre contemporain et compatriote ayant associé clair-obscur et nus — des nus souvent féminins (les fameuses et magnifiques femmes rousses nues de Henner) mais aussi des nus masculins souffrants (thème dans ce cas-là commun avec Ribot).
L'exposition « Théodule Ribot, une délicieuse obscurité » s'est terminé le 10 janvier dernier, et avec cette clôture, c'est aussi le musée des Augustins qui se retrouve, hélas, à nouveau fermé pour encore un long moment (ce qui n'enchante pas le personnel du musée, si j'en crois ce qui m'a été dit en discutant à l'accueil, lors de ma visite : cela fait évidemment trop longtemps que l'on repousse sans cesse la réouverture complète et définitive de ce beau musée toulousain). S'agissant de l'expo consacrée à Ribot, elle sera à nouveau présentée prochainement ailleurs, d'abord au musée des Beaux-Arts de Marseille, du 12 février au 15 mai 2022, puis au musée des Beaux-Arts de Caen, du 11 juin au 2 octobre 2022.
S'agissant du musée des Beaux-Arts de Marseille, située dans l'aile gauche du Palais Lonchamp, j'ai eu l'occasion de le visiter et revisiter, lors d'une sorte de « tournée » des musées de beaux-arts du Sud de la France (de Bordeaux à Nice, en passant par Agen, Montauban, Toulouse, Pau, Albi, Rodez, Carcassonne, Perpignan, Montpellier, Marseille...) que j'ai effectué, ces dernières années, dans le cadre de mes recherches pour mon livre. Je recommande la visite de ce musée marseillais pour ses collections permanentes, qui abritent notamment une remarquable <i>Apothéose de Madeleine</i> par Philippe de Champaigne : https://musees.marseille.fr/musee-des-beaux-arts-mba
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J'ai visité d'autres expositions cet automne, mais qui sont toutes terminées à présent... sauf une qu'il est donc utile que je mentionne également dans ce message.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1643855881_jean-francis_auburtin_-_trois_graces_a_porquerolles_-_1902_-_collection_particuliere.jpg" width="669" />
<small>Jean-Francis Auburtin (1866-1930).
<i>Trois Grâces à Porquerolles</i>, 1902.
Huile sur toile, 60 x 92 cm.
Collection particulière.</small>
Le musée de Lodève, parfois aussi appelé musée Fleury (il est situé dans l'ancien hôtel du cardinal de Fleury, natif de la ville), est un musée de beaux-arts assez méconnu — accessible seulement par la route, la ville de Lodève étant située entre Millau et Montpellier, sur l'itinéraire de l'A75 — mais il propose régulièrement de belles expositions qui méritent le déplacement. Actuellement, du 25 septembre 2021 au 27 mars 2022, le musée propose « Jean-Francis Auburtin. Un âge d'or », exposition consacrée au peintre Jean-Francis Auburtin (1866-1930), dont l'œuvre, volontiers orienté vers le thème de la mer et de ses rivages, oscille entre post-impressionnisme influencé par le japonisme et symbolisme célébrant une nature idyllique peuplée de figures mythologiques (nymphes, centaures, faunes, sirènes...), nature sereine dans laquelle l'artiste associe avec harmonie l'art du paysage et celui du nu féminin. Auburtin a beaucoup peint sur le motif, en Normandie, en Bretagne, dans les Pyrénées et sur la Côte d'Azur, notamment à Porquerolles, ce que montre bien cette belle expo du musée de Lodève, que j'ai pu visiter il y a déjà quelques mois et qui vaut franchement le détour si vous passez dans le coin : https://www.museedelodeve.fr/exposition/...s-auburtin
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<i>Peace and love</i>,
B.
<small>[EDIT: correction de fautes]</small>
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<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1643855818_gaston_bussiere_-_salammbo_-_1920_-_macon_-_musee_des_ursulines.jpg" width="469" />
<small>Gaston Bussière (1862-1928).
<i>Salammbô</i>, 1920.
Huile sur toile, 116 x 88,5 cm.
Mâcon, musée des Ursulines.</small>
L'exposition que j'ai vu à Marseille, au Mucem, s'appelle « Salammbô. Fureur ! Passion ! Éléphants ! », présentée du 19 mai au 19 septembre 2021 au Musée des beaux-arts de Rouen, du 20 octobre 2021 au 7 février 2022 au Mucem, et au printemps-été 2022 au Musée du Bardo, à Tunis. Elle s'inscrit dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert (1821-1880).
Comme son nom l'indique, l'exposition est consacrée au roman <i>Salammbô</i> de Flaubert, qui a fortement stimulé l'imaginaire de nombreux artistes, lesquels, de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours, se sont emparé de Salammbô et de son univers antiquisant (punique) pour transposer, dans divers modes d'expression, les mots de Flaubert, alors même que le romancier ne voulait pas voir son histoire illustrée. L'exposition présente donc bien sûr le roman, avec les manuscrits de l'auteur et diverses éditions, mais aussi les peintures, illustrations et sculptures que <i>Salammbô</i> a inspiré, les opéras, la bande-dessinée (avec Philippe Druillet en particulier), et aussi l'archéologie tunisienne, sachant que certains croient encore parfois que Salammbô a été un véritable personnage carthaginois historique.
Cette belle exposition, bénéficiant d'une bonne scénographie, a notamment été pour moi l'occasion de voir enfin « en vrai » un fascinant tableau de Gaston Bussière, reproduit ci-dessus, figurant en couverture de ma vieille édition du roman de Flaubert, édité chez Folio Gallimard et figurant dans ma bibliothèque depuis mon adolescence. Certains trouveront ce genre de tableau peut-être « kitsch » ou « pompier », mais peu importe : les jugements péremptoires d'« esprits purs », adeptes d'une sorte d'« hygiénisme spirituel » et/ou prétendument initiés aux « vérités de l'art », ne m'intéressent pas beaucoup. À noter que, dans le même contexte, l'exposition présente aussi des œuvres de Georges Rochegrosse, illustrant <i>Salammbô</i>, qui avaient fait l'objet d'un aparté de la part de Silmo, dans un autre fuseau en 2019 : ce message
Il ne reste plus que quelques jours pour aller voir cette exposition à Marseille, mais si vous êtes dans le coin, et que vous avez du temps libre le week-end prochain, je ne peux que vous recommander d'y aller, le Mucem (Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) étant par ailleurs un lieu très agréable à visiter : https://www.mucem.org/programme/expositi...s/salammbo
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<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1643855846_theodule_ribot_-_nature_morte_aux_oeufs_sur_le_plat_-_c1880-1887_-_senlis_-_musee_d-art_et_d-archeologie.jpg" width="569" />
<small>Théodule Ribot (1823–1891).
<i>Nature morte aux œufs sur le plat</i>, sans date (vers 1880-1887).
Huile sur toile, 59 x 73.5 cm.
Senlis, Musée d'art et d'archéologie.</small>
Je suis également allé voir l'exposition « Théodule Ribot, une délicieuse obscurité », présentée à Toulouse au musée des Augustins, et dont il a déjà été question ici plus haut. Ribot était un peintre autodidacte du XIXe siècle, influencé par le caravagisme ainsi que par la peinture espagnole et néerlandaise du XVIIe siècle (Ribera, Velázquez, Rembrandt...). Son œuvre est empreinte de clair-obscur, d'une certaine spiritualité, de simplicité (au sens disons humain, social du terme) à travers ses sujets et les modèles de ses portraits (dont son épouse et sa fille). Mis à part quelques paysages, l'exposition propose surtout de voir des natures mortes et des portraits, les genres dans lesquels le peintre s'est à la fois le plus et le mieux illustré. Dans la production de Ribot, on trouve également plusieurs nus masculins au corps souffrant, mais aucun nu féminin : de ce fait et dans ce domaine, même si son travail est intéressant, Ribot m'attire nettement moins que Jean-Jacques Henner, pour prendre un exemple de peintre contemporain et compatriote ayant associé clair-obscur et nus — des nus souvent féminins (les fameuses et magnifiques femmes rousses nues de Henner) mais aussi des nus masculins souffrants (thème dans ce cas-là commun avec Ribot).
L'exposition « Théodule Ribot, une délicieuse obscurité » s'est terminé le 10 janvier dernier, et avec cette clôture, c'est aussi le musée des Augustins qui se retrouve, hélas, à nouveau fermé pour encore un long moment (ce qui n'enchante pas le personnel du musée, si j'en crois ce qui m'a été dit en discutant à l'accueil, lors de ma visite : cela fait évidemment trop longtemps que l'on repousse sans cesse la réouverture complète et définitive de ce beau musée toulousain). S'agissant de l'expo consacrée à Ribot, elle sera à nouveau présentée prochainement ailleurs, d'abord au musée des Beaux-Arts de Marseille, du 12 février au 15 mai 2022, puis au musée des Beaux-Arts de Caen, du 11 juin au 2 octobre 2022.
S'agissant du musée des Beaux-Arts de Marseille, située dans l'aile gauche du Palais Lonchamp, j'ai eu l'occasion de le visiter et revisiter, lors d'une sorte de « tournée » des musées de beaux-arts du Sud de la France (de Bordeaux à Nice, en passant par Agen, Montauban, Toulouse, Pau, Albi, Rodez, Carcassonne, Perpignan, Montpellier, Marseille...) que j'ai effectué, ces dernières années, dans le cadre de mes recherches pour mon livre. Je recommande la visite de ce musée marseillais pour ses collections permanentes, qui abritent notamment une remarquable <i>Apothéose de Madeleine</i> par Philippe de Champaigne : https://musees.marseille.fr/musee-des-beaux-arts-mba
[séparation]
J'ai visité d'autres expositions cet automne, mais qui sont toutes terminées à présent... sauf une qu'il est donc utile que je mentionne également dans ce message.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1643855881_jean-francis_auburtin_-_trois_graces_a_porquerolles_-_1902_-_collection_particuliere.jpg" width="669" />
<small>Jean-Francis Auburtin (1866-1930).
<i>Trois Grâces à Porquerolles</i>, 1902.
Huile sur toile, 60 x 92 cm.
Collection particulière.</small>
Le musée de Lodève, parfois aussi appelé musée Fleury (il est situé dans l'ancien hôtel du cardinal de Fleury, natif de la ville), est un musée de beaux-arts assez méconnu — accessible seulement par la route, la ville de Lodève étant située entre Millau et Montpellier, sur l'itinéraire de l'A75 — mais il propose régulièrement de belles expositions qui méritent le déplacement. Actuellement, du 25 septembre 2021 au 27 mars 2022, le musée propose « Jean-Francis Auburtin. Un âge d'or », exposition consacrée au peintre Jean-Francis Auburtin (1866-1930), dont l'œuvre, volontiers orienté vers le thème de la mer et de ses rivages, oscille entre post-impressionnisme influencé par le japonisme et symbolisme célébrant une nature idyllique peuplée de figures mythologiques (nymphes, centaures, faunes, sirènes...), nature sereine dans laquelle l'artiste associe avec harmonie l'art du paysage et celui du nu féminin. Auburtin a beaucoup peint sur le motif, en Normandie, en Bretagne, dans les Pyrénées et sur la Côte d'Azur, notamment à Porquerolles, ce que montre bien cette belle expo du musée de Lodève, que j'ai pu visiter il y a déjà quelques mois et qui vaut franchement le détour si vous passez dans le coin : https://www.museedelodeve.fr/exposition/...s-auburtin
[séparation]
<i>Peace and love</i>,
B.
<small>[EDIT: correction de fautes]</small>

