30-07-2022, 16:55
Elendil Wrote:Yyr Wrote:D'accord avec le rapprochement. Toutefois, il persiste souvent (toujours ?) sinon une inégalité stricte en tout cas une asymétrie franche chez Tolkien. Ainsi les Enfants d'Ilúvatar peuvent-ils aimer i.e. se dévouer aux Valar d'un côté (cf. Valandil), aux arbres de l'autre (cf. Ornendil), ce qu'Aristote jugerait disproportionné. C'est que Tolkien estime que Faërie répond au besoin du cœur humain de pouvoir, malgré nos asymétries, recouvrer un lien d'amitié « originel » ... C'est aussi la réciprocité dans l'amitié entre les humbles et les nobles : elle est possible, chez Tolkien, en dépit des différences de « noblesse » qui persistent. Dit autrement, chez Tolkien, la réciprocité ne suppose pas l'égalité (et elle est possible malgré “l'inégalité”).
Attention, c'est bien l'amitié qui est une relation d'égalité chez Aristote, et non le statut des amis. Celui-ci indique certes qu'il faut qu'il y ait une proportion de statuts entre eux, mais il consacre en fait plusieurs chapitres à détailler les sources possibles d'inégalité entre amis, ainsi que les moyens d'y remédier. Il reconnaît même que l'amitié peut exister entre un dirigeant et un simple citoyen, quoique elle ne puisse être facile. Sur ce point, Tolkien et Aristote convergent en grande partie. En fait, pour tout ce qui est hors de la révolution conceptuelle apportée par le christianisme.
OK

