10-08-2022, 10:24
Bonjour !
L'erreur est nôtre, malheureusement. Les précisions éditoriales sont précisées après coup dans le circuit de la copie.
Il s'agissait, pour le dire en quelques mots, de brosser le portrait de Tolkien en penseur : d'essayer de voir ce qu'il a lu, comment il raisonne, à partir de quels présupposés, ce qu'il apporte conceptuellement, etc. Bref, de se concentrer sur les moments théoriques de son oeuvre - plutôt que d'essayer, comme c'est souvent le cas, d'éclairer le pan littéraire de son oeuvre à partir de références philosophiques extrinsèques un peu plaquées. C'est d'ailleurs plus ou moins le parti pris du hors-série (qui traite beaucoup plus de Tolkien que du Seigneur des anneaux - mais là encore, le second a été jugé un titre plus accessible).
Si je peux prendre part à la discussion : j'ai beau trouvé intéressant le travail de Morton en général, je trouve qu'il se trompe foncièrement dans sa manière d'aborder Tolkien. Le passage est succinct, et son armature logique est à mon avis un peu flottante. Mais surtout, l'idée que le monde façonné par Tolkien est "planifié à l'avance, cartographié, comptabilisé", et qu'il est ce faisant "toujours familier", sorte de totalité close sur elle-même - cette idée est je crois à côté de la plaque. Il y a, précisément, une forme d'incomplétude radicale de la Terre du Milieu, qui est indissociable du statut des textes, censément transmis au fil d'un tradition qui implique déperdition, dégradation, etc. L'univers imaginé par Tolkien se tient sans doute dans l'horizon d'une totalité, mais c'est une totalité qui ne se referme pas, grevée de trous, de vides, d'incertitudes, de mystères irrésolus, de points d'interrogations. Morton manque, en gros, à mes yeux, la distance irrémissible à l'égard d'un monde passé qui se trouvé déposé dans des récits toujours partiaux, et érodés par le temps. La Terre du Milieu n'est pas une "marchandise" présente, disponible, dont on pourrait jouir, mais une sorte de spectre qui ne cesse de se dérober à l'emprise (y compris de son subcréateur). L'extrait aurait mérité un commentaire, à mon avis, mais impossible faute de place (peut-être pour l'éventuelle version livre !)
C'est à craindre, en effet.
(Belle expo, autour d'un texte que j'aime tout particulièrement)
Un avis éclairé m'intéresserait bien entendu beaucoup ! Mais si je suis seul, je ne voudrais surtout pas abuser de ce temps précieux !
Octave.
Hyarion Wrote:Notez (je le dis en plaisantant) que si cela se trouve, en ce qui concerne la date, Mickaël D. a pu commettre lui-même un lapsus calami s'il vous a communiqué les informations en question
L'erreur est nôtre, malheureusement. Les précisions éditoriales sont précisées après coup dans le circuit de la copie.
Hyarion Wrote:Quel était exactement le sujet de votre mémoire, si cela n'est pas indiscret ?
Il s'agissait, pour le dire en quelques mots, de brosser le portrait de Tolkien en penseur : d'essayer de voir ce qu'il a lu, comment il raisonne, à partir de quels présupposés, ce qu'il apporte conceptuellement, etc. Bref, de se concentrer sur les moments théoriques de son oeuvre - plutôt que d'essayer, comme c'est souvent le cas, d'éclairer le pan littéraire de son oeuvre à partir de références philosophiques extrinsèques un peu plaquées. C'est d'ailleurs plus ou moins le parti pris du hors-série (qui traite beaucoup plus de Tolkien que du Seigneur des anneaux - mais là encore, le second a été jugé un titre plus accessible).
Hyarion Wrote:Cher JR, si tu as le temps, ce serait intéressant d'éventuellement en savoir plus sur ce que tu n'aimes pas dans les propos de Morton (je donnerai mon avis, si tu donnes le tien)
Si je peux prendre part à la discussion : j'ai beau trouvé intéressant le travail de Morton en général, je trouve qu'il se trompe foncièrement dans sa manière d'aborder Tolkien. Le passage est succinct, et son armature logique est à mon avis un peu flottante. Mais surtout, l'idée que le monde façonné par Tolkien est "planifié à l'avance, cartographié, comptabilisé", et qu'il est ce faisant "toujours familier", sorte de totalité close sur elle-même - cette idée est je crois à côté de la plaque. Il y a, précisément, une forme d'incomplétude radicale de la Terre du Milieu, qui est indissociable du statut des textes, censément transmis au fil d'un tradition qui implique déperdition, dégradation, etc. L'univers imaginé par Tolkien se tient sans doute dans l'horizon d'une totalité, mais c'est une totalité qui ne se referme pas, grevée de trous, de vides, d'incertitudes, de mystères irrésolus, de points d'interrogations. Morton manque, en gros, à mes yeux, la distance irrémissible à l'égard d'un monde passé qui se trouvé déposé dans des récits toujours partiaux, et érodés par le temps. La Terre du Milieu n'est pas une "marchandise" présente, disponible, dont on pourrait jouir, mais une sorte de spectre qui ne cesse de se dérober à l'emprise (y compris de son subcréateur). L'extrait aurait mérité un commentaire, à mon avis, mais impossible faute de place (peut-être pour l'éventuelle version livre !)
Hyarion Wrote:On peut toujours supposer que cela risque d'être pire, à l'avenir, avec la série Amazon (du moins si elle rencontre un succès commercial comparable)...
C'est à craindre, en effet.
Hyarion Wrote:"en visitant l'expo « Salammbô. Fureur ! Passion ! Éléphants ! » au Mucem"
(Belle expo, autour d'un texte que j'aime tout particulièrement)
Hyarion Wrote:"Si je prends le temps de donner ici mon avis sur une partie du contenu du magazine dont il est ici question, cela intéressera-t-il quelqu'un ? Parce que sinon, inutile de me fatiguer, vu que j'ai encore d'autres choses à écrire par ailleurs..."
Un avis éclairé m'intéresserait bien entendu beaucoup ! Mais si je suis seul, je ne voudrais surtout pas abuser de ce temps précieux !
Octave.

