Merci pour ton commentaire éclairé, cher Silmo, et pour le partage de ces deux photographies, que je ne connaissais pas.
S'agissant de la première, on a en effet une indication de date, postérieure au tableau de Beresford dont j'ai parlé dans mon précédent message, puisque l'on peut reconnaître dans le décor de l'atelier du peintre, à l'arrière-plan, deux portraits officiels des parents d'Élisabeth II réalisés par Beresford en 1937, un portrait représentant la reine consort Elizabeth (Bowes-Lyon), l'autre portrait représentant son époux le roi George VI.
Je ne connaissais donc pas les photos que tu as partagé, mais par contre je n'ignorais pas le fait que le tableau que j'ai évoqué – <i>The Princes' Vigil: 12.15am, January 28, 1936</i> – était un cadeau d'anniversaire de la reine-mère, veuve de George V, à son fils aîné, l'éphémère roi Édouard VIII. C'est notamment ce qui m'a fait hésiter, et finalement renoncer par quelque scrupule, à mentionner "Royal Collection" comme localisation du tableau. Vu le contexte particulier de l'abdication d'Édouard VIII en 1936, après seulement quelques mois de règne, et sachant que le tableau semble avoir été un cadeau personnel de la part de sa mère, peut-on envisager que ledit Édouard VIII ait emporté le tableau avec lui plutôt que de le léguer à son frère George VI puis à sa nièce Élisabeth II ? L'hypothèse pourra peut-être paraître curieuse à certains, mais elle ne me parait pas totalement à exclure <i>a priori</i>. En effet, je ne sais pas quelles sont tes sources, François, mais pour ma part, la consultation de la base de données du site de la Royal Collection, à partir du titre du tableau et du nom du peintre, n'a abouti qu'à des résultats renvoyant à des œuvres "d'après (<i>after</i>) Beresford", et non du peintre lui-même. Autrement dit, la Royal Collection possèderait des reproductions d'époque et de qualité de la peinture en question, mais non semble-t-il le tableau lui-même...
Toutefois, je n'exclue pas que ledit tableau de Beresford n'ait éventuellement pas encore été intégré à la base de données accessible en ligne. Cela ne serait peut-être pas la première fois que cela se constate. Dans le cadre des recherches pour mon livre, j'ai identifié, il y a quelques années, la localisation d'un tableau de Gustave Doré, représentant une dryade ou nymphe des bois nue en forêt, une œuvre très rarement reproduite, mais dont j'avais retrouvé la trace sur une page d'une ancienne version du site de la Royal Collection, vers 2014 si je me souviens bien. Le tableau aurait probablement été acquis par le très francophile roi Édouard VII, <small>amateur princier de l'œuvre de Doré (le grand artiste français ayant été célèbre en Angleterre dès son vivant), royal soutien de l'Entente Cordiale entre la France et le Royaume-Uni conclue en 1904, mais certes aujourd'hui sans doute davantage connu pour un fauteuil, dit "de volupté" ou "d'amour" du prince de Galles, conçu vers 1900 par la maison Soubrier, pour la chambre réservée au futur Édouard VII dans la fameuse maison close parisienne Le Chabanais, où le prince héritier avait ses habitudes (ce fauteuil particulier fut notamment exposé au Petit Palais en 2014, lors de l'exposition "Paris 1900, la Ville spectacle")</small>. À l'occasion de la disparition d'Élisabeth II, j'ai repensé au référencement du tableau de Doré, que je retiens toujours dans ma sélection d'œuvres peintes pour le propos de mon livre : or, il s'avère que ledit tableau ne figure plus dans la base de données du nouveau site de la Royal Collection. Je n'avais pourtant pas rêvé, à l'époque... Le tableau réapparaîtra-t-il un jour dans la base de données du site actuel ?
J'ai écrit récemment au Trust de la Royal Collection – à propos du tableau de Doré, mais pas de celui de Beresford –, sans certitude d'avoir une réponse. Aussi, mon cher François, si tu as accès aux "inventaires royaux désormais de Charles III" par d'autres moyens que le mien, je serais preneur de tout renseignement supplémentaire concernant ces deux tableaux (surtout celui de Doré), si jamais tu étais en mesure d'en obtenir. <small>Il se trouve que nous vivons à une époque où <i>a priori</i> il est plus facile de trouver (sans le chercher) le supposé papier hygiénique préféré de Charles III – du papier Kleenex Velvet, apparemment (j'ai lu ça dans <i>le Canard</i> cette semaine) –, que de trouver (en les cherchant) les références de certains tableaux liés à la famille royale britannique... ^^'</small>
Amicalement,
B.
<small>P.S. : j'ai lu également, dans le <i>Canard</i> de cette semaine, un article semblant étrangement faire écho à une partie du propos de mon message précédent, et se concluant ainsi : [citation=Jean-Michel Thénard, « God save la République ! », <i>Le Canard Enchaîné</i>, 21 septembre 2022.]La royauté raconte des histoires de famille qui prolongent les contes de fées de l'enfance. Quand on découvre que les puissants ont des malheurs, des divorces, des accidents, des deuils, des enfants qui se jalousent ou qui font la grimace en mondovision, on s'identifie et on compatit. La République, bonne fille, a, elle, beaucoup plus de mal à s'incarner dans des personnalités. <b>« La République, c'est moi »</b>, dit Mélenchon. C'est sûr que ça fait moins rêver.[/citation] Pour ma part, détestant Mélenchon (pratiquement autant que je déteste Sarkozy, tous les deux étant, à mes yeux, des personnalités toxiques), je confirme d'autant plus ce que j'ai écrit précédemment sur la beauté que j'attribue à <i>la Liberté guidant le peuple</i> immortalisée par Delacroix : à défaut d'incarnation dans une personnalité, reste au moins la puissance d'évocation de l'art...</small>
S'agissant de la première, on a en effet une indication de date, postérieure au tableau de Beresford dont j'ai parlé dans mon précédent message, puisque l'on peut reconnaître dans le décor de l'atelier du peintre, à l'arrière-plan, deux portraits officiels des parents d'Élisabeth II réalisés par Beresford en 1937, un portrait représentant la reine consort Elizabeth (Bowes-Lyon), l'autre portrait représentant son époux le roi George VI.
Je ne connaissais donc pas les photos que tu as partagé, mais par contre je n'ignorais pas le fait que le tableau que j'ai évoqué – <i>The Princes' Vigil: 12.15am, January 28, 1936</i> – était un cadeau d'anniversaire de la reine-mère, veuve de George V, à son fils aîné, l'éphémère roi Édouard VIII. C'est notamment ce qui m'a fait hésiter, et finalement renoncer par quelque scrupule, à mentionner "Royal Collection" comme localisation du tableau. Vu le contexte particulier de l'abdication d'Édouard VIII en 1936, après seulement quelques mois de règne, et sachant que le tableau semble avoir été un cadeau personnel de la part de sa mère, peut-on envisager que ledit Édouard VIII ait emporté le tableau avec lui plutôt que de le léguer à son frère George VI puis à sa nièce Élisabeth II ? L'hypothèse pourra peut-être paraître curieuse à certains, mais elle ne me parait pas totalement à exclure <i>a priori</i>. En effet, je ne sais pas quelles sont tes sources, François, mais pour ma part, la consultation de la base de données du site de la Royal Collection, à partir du titre du tableau et du nom du peintre, n'a abouti qu'à des résultats renvoyant à des œuvres "d'après (<i>after</i>) Beresford", et non du peintre lui-même. Autrement dit, la Royal Collection possèderait des reproductions d'époque et de qualité de la peinture en question, mais non semble-t-il le tableau lui-même...
Toutefois, je n'exclue pas que ledit tableau de Beresford n'ait éventuellement pas encore été intégré à la base de données accessible en ligne. Cela ne serait peut-être pas la première fois que cela se constate. Dans le cadre des recherches pour mon livre, j'ai identifié, il y a quelques années, la localisation d'un tableau de Gustave Doré, représentant une dryade ou nymphe des bois nue en forêt, une œuvre très rarement reproduite, mais dont j'avais retrouvé la trace sur une page d'une ancienne version du site de la Royal Collection, vers 2014 si je me souviens bien. Le tableau aurait probablement été acquis par le très francophile roi Édouard VII, <small>amateur princier de l'œuvre de Doré (le grand artiste français ayant été célèbre en Angleterre dès son vivant), royal soutien de l'Entente Cordiale entre la France et le Royaume-Uni conclue en 1904, mais certes aujourd'hui sans doute davantage connu pour un fauteuil, dit "de volupté" ou "d'amour" du prince de Galles, conçu vers 1900 par la maison Soubrier, pour la chambre réservée au futur Édouard VII dans la fameuse maison close parisienne Le Chabanais, où le prince héritier avait ses habitudes (ce fauteuil particulier fut notamment exposé au Petit Palais en 2014, lors de l'exposition "Paris 1900, la Ville spectacle")</small>. À l'occasion de la disparition d'Élisabeth II, j'ai repensé au référencement du tableau de Doré, que je retiens toujours dans ma sélection d'œuvres peintes pour le propos de mon livre : or, il s'avère que ledit tableau ne figure plus dans la base de données du nouveau site de la Royal Collection. Je n'avais pourtant pas rêvé, à l'époque... Le tableau réapparaîtra-t-il un jour dans la base de données du site actuel ?
J'ai écrit récemment au Trust de la Royal Collection – à propos du tableau de Doré, mais pas de celui de Beresford –, sans certitude d'avoir une réponse. Aussi, mon cher François, si tu as accès aux "inventaires royaux désormais de Charles III" par d'autres moyens que le mien, je serais preneur de tout renseignement supplémentaire concernant ces deux tableaux (surtout celui de Doré), si jamais tu étais en mesure d'en obtenir. <small>Il se trouve que nous vivons à une époque où <i>a priori</i> il est plus facile de trouver (sans le chercher) le supposé papier hygiénique préféré de Charles III – du papier Kleenex Velvet, apparemment (j'ai lu ça dans <i>le Canard</i> cette semaine) –, que de trouver (en les cherchant) les références de certains tableaux liés à la famille royale britannique... ^^'</small>
Amicalement,
B.
<small>P.S. : j'ai lu également, dans le <i>Canard</i> de cette semaine, un article semblant étrangement faire écho à une partie du propos de mon message précédent, et se concluant ainsi : [citation=Jean-Michel Thénard, « God save la République ! », <i>Le Canard Enchaîné</i>, 21 septembre 2022.]La royauté raconte des histoires de famille qui prolongent les contes de fées de l'enfance. Quand on découvre que les puissants ont des malheurs, des divorces, des accidents, des deuils, des enfants qui se jalousent ou qui font la grimace en mondovision, on s'identifie et on compatit. La République, bonne fille, a, elle, beaucoup plus de mal à s'incarner dans des personnalités. <b>« La République, c'est moi »</b>, dit Mélenchon. C'est sûr que ça fait moins rêver.[/citation] Pour ma part, détestant Mélenchon (pratiquement autant que je déteste Sarkozy, tous les deux étant, à mes yeux, des personnalités toxiques), je confirme d'autant plus ce que j'ai écrit précédemment sur la beauté que j'attribue à <i>la Liberté guidant le peuple</i> immortalisée par Delacroix : à défaut d'incarnation dans une personnalité, reste au moins la puissance d'évocation de l'art...</small>

