Gawain Wrote:Bien vu le lien avec Denzel Washington !
Tu sais si cela avait fait polémique à l'époque ?
Comme l'a écrit notre ami JR, "dans les années 90, les <i>rézossocios</i> et leurs cortèges de crétins numériques n'existaient pas", même si, par ailleurs, il pouvait parfois se produire certaines polémiques concernant certains films à cette époque <small>– je pense notamment à <i>Basic Instinct</i> de Paul Verhoeven, tourné à San Francisco et sorti en salles en 1992 : certaines associations communautaires avaient protesté contre le film en sous-entendant plus ou moins que certains aspects de l'histoire (notamment le fait que le personnage féminin principal, interprété par Sharon Stone, soit fortement soupçonné d'assassiner exclusivement des hommes à coup de pic à glace) pouvait donner <i>in fine</i> une mauvaise image des femmes bisexuelles ou lesbiennes (alors que ce n'était pourtant pas du tout le propos de Verhoeven, malgré son goût bien connu pour une certaine provocation)</small>.
S'agissant de <i>Beaucoup de bruit pour rien</i> de Kenneth Branagh, il semble, pour ce que j'ai pu lire dans les quelques critiques de la presse ayant été mises diversement en ligne <i>a posteriori</i>, que la prestation de Denzel Washington (lorsqu'elle est directement évoquée) ait été plutôt appréciée et même soulignée pour sa qualité, comme en témoigne une critique parue à l'époque dans le <i>New York Times</i> :
[colonne][gauche=Vincent Canby, “A House Party of Beatrice, Benedick and Friends”, <i>The New York Times</i> (May 7, 1993)]Mr. Washington is amazingly good as an idealized Shakespearean monarch, the sort of character that sleeps on a page but comes to life when played by a charismatic actor.[/gauche][droite=Vincent Canby, “A House Party of Beatrice, Benedick and Friends”, <i>The New York Times</i> (7 mai 1993)]M. Washington est incroyablement bon en monarque shakespearien idéalisé, le genre de personnage qui dort sur une page mais qui prend vie lorsqu'il est joué par un acteur charismatique.[/droite][/colonne]
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Semprini Wrote:Hyarion Wrote:Je suis bien d'accord : le caractère inclusif d'un casting de film de cinéma ou de série télévisée n'a jamais été un problème en soi, me concernant. Tout dépend de l'esprit dans lequel les choses sont faites, et la matière à partir de laquelle on travaille, en particulier s'agissant d'adaptations d'œuvres littéraires.
Merci Hyarion. En effet, ce n'est nullement un problème en soi. Et l'on peut citer plusieurs exemples se rapportant à d'autres adaptations, comme tu l'as fait. Le problème vient précisément de ce que tu dis ensuite : "l'esprit dans lequel c'est fait et la matière à partir de laquelle on travaille". Or, pour qui a vu les épisodes de la série (ce qui est mon cas, et cela joue pour beaucoup dans ma réaction), il est manifeste que ce choix est justement symptomatique de l'absence d'attention à l'illusion d'historicité pourtant si chère à Tolkien. Il n'y a aucune attention portée à l'Histoire, aux généalogies, à la géographie, à la sociologie, aux différentes ethnies, dans cette série où les couleurs se mélangent non pas selon un rapport de plausibilité et d'histoire mais uniquement de visibilité multiculturelle (chaque récit doit avoir son quota de couleurs y compris au sein de la même famille). Ce n'est pas très sérieux si l'on se place dans le contexte de la Terre du Milieu et même du point de vue de la génétique la plus élémentaire. Mais c'est juste un symptome parmi d'autres de la piètre qualité des scénaristes. Bref, j'en ai assez dit sur cette série, qui n'en mérite pas plus. :)
Merci pour ta réponse, Semprini.
Compte tenu de ce que tu as écrit, je comprends parfaitement que tu n'aie pas envie d'en dire davantage sur cette fan-fiction géante. ;-)
Ne l'ayant pas visionné moi-même (et n'étant pas du tout motivé pour le faire), je ne saurais évidemment en dire plus sur cette série Amazon, mais je trouve, en tout cas, désolant que l'évènement ultra-médiatisé qu'a été le lancement de cette série n'ait, le plus souvent, une fois plus, et du moins jusqu'à présent, généré que des "débats" superficiels et stériles, renvoyant à des problématiques concernant Tolkien qui mériteraient d'être abordées de façon approfondie, nuancée et actualisée, mais dont le traitement médiatique semble pourtant, à mes yeux, n'avoir pratiquement pas évolué depuis vingt ans et l'époque de la première trilogie de Peter Jackson : la tyrannie de l'urgence et des apparences, le tourbillon médiatique à travers lequel on s'efforce d'attirer l'attention fugitive du public sans volonté de faire vraiment réfléchir, tout cela reste décidément d'actualité, ce qui n'est certes pas une surprise...
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Hier soir, je suis allé au concert, pour écouter l'Orchestre national du Capitole de Toulouse interpréter, sous la direction d'une jeune cheffe norvégienne – Tabita Berglund –, des pages symphoniques de l'opéra <i>Tristan et Isolde</i> (« Prélude et mort d'Isolde [<i>Prélude und Liebestod</i>] ») de Richard Wagner et la <i>Symphonie N°1</i> en mi mineur (op. 39) de Jean Sibelius. Entendre l'orchestre jouer le Prélude de <i>Tristan und Isolde</i>, tout en crescendo, vous fait plonger, de mon point de vue (et parallèlement au fait que la musique vaut évidemment pour elle-même), aussi bien dans le mythe littéraire de Tristan et Yseult (source de l'opéra de Wagner) que dans le mythe de Lancelot et Guenièvre transposé au cinéma par John Boorman dans son chef d'œuvre <i>Excalibur</i> (long métrage où le mythe se rajoute ainsi au mythe, par l'usage ô combien bienvenu, entre autres, de la musique de Wagner dans ce merveilleux film).
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1665344157_lancelot_and_guinevere_-_excalibur_-_john_boorman_-_1981.jpg" width="669" />
Comme il me semble que nous sommes loin de tout cela avec tant de productions audiovisuelles aujourd'hui... Je n'arrive même plus à avoir envie d'aller au cinéma en ce moment, alors même que je reste, s'agissant de découvrir des nouveautés, bien plus enclin à aller dans des salles obscures "à l'ancienne" qu'à passer des heures à regarder des séries en boucle sur Prime Video ou Netflix <small>(contrairement à d'autres, je ne suis pas anti-télé, mais consommer des séries par le biais de ce genre de plateformes de VOD privées n'est pas la même chose que regarder la télévision "à l'ancienne", comme c'est encore mon cas, même si j'apprécie évidemment la possibilité du <i>replay</i> lorsque l'horaire initial d'un programme ne m'arrange pas)</small>.
Pour l'anecdote, les derniers films que je suis allé voir sur grand écran sont <i>Matrix Resurrections</i> de Lana Wachowski <small>(un film plutôt sympathique, de mon point de vue, même si certains fans de la série de films <i>Matrix</i> ont, parait-il, hurlé à la trahison...)</small> et <i>The Northman</i> de Robert Eggers <small>(film un peu trop référentiel et dont j'ai déjà parlé succinctement dans une note au bas d'un message posté dans le fuseau dédié à Robert Howard)</small>... soit deux films sortis en salles il y a donc déjà quelques mois. Mais bon... je ne désespère pas de voir ma curiosité à nouveau stimulée par quelque nouveau film de cinéma à venir, malgré un contexte général tout de même fort morose.
<i>Peace and Love</i>,
Amicalement à tous,
B.

