Une pensée pour le peintre abstrait Pierre Soulages, mort à l'âge de 102 ans avant-hier, natif de Rodez où un musée lui est dédié, connu mondialement pour ses toiles dominées par la couleur noire et aussi, entre autres, pour les vitraux de l'abbatiale romane de Conques qu'il a réalisé dans les années 1980-1990.
J'avoue que sa conception de la peinture (pas d'image, pas de langage, pas de message...) était aux antipodes de la mienne, mon goût en la matière étant essentiellement figuratif et donc généralement peu réceptif à l'abstraction (sauf s'agissant d'œuvres de quelques artistes comme Vassily Kandinsky ou Mark Rothko), mais je respectais néanmoins la démarche créative de Soulages, concentrée notamment sur la perception de la lumière. L'annonce de sa disparition cette semaine m'a fait penser qu'à cette occasion cela faisait longtemps que l'on avait pas autant parlé dans les médias de mon Rouergue natal au-delà de la seule Occitanie : il vaut sans doute mieux cette occasion-là qu'une autre plus triviale.
Pour qui serait intéressé, un documentaire de 2017 sur Soulages, rediffusé cette semaine sur ARTE, est actuellement visionnable en replay : https://www.arte.tv/fr/videos/073080-000...-soulages/
<b>RIP Pierre Soulages (1919-2022)</b>
https://www.francetvinfo.fr/culture/arts...57899.html
[séparation]
À noter qu'un autre portrait du roi Henri III (qui fut d'abord roi de Pologne avant de devenir roi de France à la mort de son frère Charles IX), portrait attribué au même François Quesnel et conservé au musée du Louvre, propose une représentation du souverain avec un autre genre de col – la fraise n'étant devenu à la mode que dans le courant de son règne en France –, ainsi qu'avec un petit bonnet : https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010065350
D'après ces portraits, il semble que le couvre-chef porté par le roi – un bonnet également, plutôt qu'un diadème, à mon humble avis, dans le cas du tableau mentionné par Didier, même si je peux toujours me tromper – ait été assez caractéristique de la mode à la cour de France sous son règne (1574-1589) en matière de costume masculin.
[citation=Michèle Beaulieu, <i>Le costume moderne et contemporain</i>, illustré par des croquis de Arlette Berner, Paris/Vendôme, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » n°505, 1951 (rééd. 1977), Chapitre premier « La Renaissance », V. « Henri III (1574-1589) », p. 24-26.]Durant cette période de luxe inouï et de dépravation, les mignons rivalisent d'élégance avec les femmes ; ils portent des boucles d'oreilles et de nombreux bijoux, abusent des fards et des parfums. Malgré les édits somptuaires de 1577 et de 1583, le costume devient extravagant et compliqué, souvent bariolé. Les chausses et les bas sont de nuances diverses, sauf pendant le temps où, à l'instigation du duc d'Alençon, frère du roi, on adopte des vêtements entièrement verts. Le souverain lui-même invente, s'inspirant de ses souvenirs de Pologne, ou des modes féminines, des ajustements excentriques, qui triomphent en 1581, aux noces de son favori, le duc de Joyeuse, qui épouse la propre sœur de la reine.
Le pourpoint est armé d'un busc de bois ou de métal et muni d'un disgracieux appendice, la <i>panse</i>, sorte de bosse rembourrée de crin, de laine ou d'étoupe. [...] Le collet est très montant, bordé de lingerie blanche, jusqu'en 1578, époque à laquelle Henri III inaugura la <i>fraise</i> proprement dite (non plus le col de chemise godronné) de grandes dimensions, très empesée, soutenue par une armature de fil d'archal, et formant un disque étalé sous le menton [...].
[...] Le petit bonnet aux rebords taillés en croissant est décoré d'une aigrette et d'un bijou ; sous ce bonnet la chevelure était maintenue, comme celle des femmes, par des arcelets et poudrée de violette musquée. Mais hors du milieu frelaté de la Cour, on préfère le haut chapeau tronconique de feutre, de drap ou de velours, ou encore la toque, comme au temps de Charles IX.[/citation]
À noter, pour conclure, que le point de vue moral de Michèle Beaulieu à l'égard du règne d'Henri III semble assez caractéristique du jugement de valeur que l'on a pu traditionnellement porter sur lui au cours du XXe siècle : plus loin (p. 28), elle écrit ainsi que le règne d'Henri IV (1589-1610) est [emphase]« une période de transition entre le costume ridiculement efféminé du règne de Henri III et celui qui, à la fois viril et élégant, caractérise l'époque Louis XIII »[/emphase].
[séparation]
Amicalement,
B.
<small>(EDIT [02/11/2022]: correction de fautes diverses)</small>
J'avoue que sa conception de la peinture (pas d'image, pas de langage, pas de message...) était aux antipodes de la mienne, mon goût en la matière étant essentiellement figuratif et donc généralement peu réceptif à l'abstraction (sauf s'agissant d'œuvres de quelques artistes comme Vassily Kandinsky ou Mark Rothko), mais je respectais néanmoins la démarche créative de Soulages, concentrée notamment sur la perception de la lumière. L'annonce de sa disparition cette semaine m'a fait penser qu'à cette occasion cela faisait longtemps que l'on avait pas autant parlé dans les médias de mon Rouergue natal au-delà de la seule Occitanie : il vaut sans doute mieux cette occasion-là qu'une autre plus triviale.
Pour qui serait intéressé, un documentaire de 2017 sur Soulages, rediffusé cette semaine sur ARTE, est actuellement visionnable en replay : https://www.arte.tv/fr/videos/073080-000...-soulages/
<b>RIP Pierre Soulages (1919-2022)</b>
https://www.francetvinfo.fr/culture/arts...57899.html
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Hisweloke Wrote:Silmo Wrote:Si l'on doit dresser l'histoire des cols, on en a pour un moment.
S.
J'avoue être plus intrigué par le curieux couvre-chef de ce cher Henri III peint par François Quesnel, que par la fraise, au demeurant.
Répondant au Dragon, Silmo Wrote:Un simple diadème (les hommes en portaient à cette époque) en forme de plume de paon, orné d'un diamant bleu qui n'est pas le "grand bleu de France" acquis plus tard sous Louis XIV.
À noter qu'un autre portrait du roi Henri III (qui fut d'abord roi de Pologne avant de devenir roi de France à la mort de son frère Charles IX), portrait attribué au même François Quesnel et conservé au musée du Louvre, propose une représentation du souverain avec un autre genre de col – la fraise n'étant devenu à la mode que dans le courant de son règne en France –, ainsi qu'avec un petit bonnet : https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010065350
D'après ces portraits, il semble que le couvre-chef porté par le roi – un bonnet également, plutôt qu'un diadème, à mon humble avis, dans le cas du tableau mentionné par Didier, même si je peux toujours me tromper – ait été assez caractéristique de la mode à la cour de France sous son règne (1574-1589) en matière de costume masculin.
[citation=Michèle Beaulieu, <i>Le costume moderne et contemporain</i>, illustré par des croquis de Arlette Berner, Paris/Vendôme, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » n°505, 1951 (rééd. 1977), Chapitre premier « La Renaissance », V. « Henri III (1574-1589) », p. 24-26.]Durant cette période de luxe inouï et de dépravation, les mignons rivalisent d'élégance avec les femmes ; ils portent des boucles d'oreilles et de nombreux bijoux, abusent des fards et des parfums. Malgré les édits somptuaires de 1577 et de 1583, le costume devient extravagant et compliqué, souvent bariolé. Les chausses et les bas sont de nuances diverses, sauf pendant le temps où, à l'instigation du duc d'Alençon, frère du roi, on adopte des vêtements entièrement verts. Le souverain lui-même invente, s'inspirant de ses souvenirs de Pologne, ou des modes féminines, des ajustements excentriques, qui triomphent en 1581, aux noces de son favori, le duc de Joyeuse, qui épouse la propre sœur de la reine.
Le pourpoint est armé d'un busc de bois ou de métal et muni d'un disgracieux appendice, la <i>panse</i>, sorte de bosse rembourrée de crin, de laine ou d'étoupe. [...] Le collet est très montant, bordé de lingerie blanche, jusqu'en 1578, époque à laquelle Henri III inaugura la <i>fraise</i> proprement dite (non plus le col de chemise godronné) de grandes dimensions, très empesée, soutenue par une armature de fil d'archal, et formant un disque étalé sous le menton [...].
[...] Le petit bonnet aux rebords taillés en croissant est décoré d'une aigrette et d'un bijou ; sous ce bonnet la chevelure était maintenue, comme celle des femmes, par des arcelets et poudrée de violette musquée. Mais hors du milieu frelaté de la Cour, on préfère le haut chapeau tronconique de feutre, de drap ou de velours, ou encore la toque, comme au temps de Charles IX.[/citation]
À noter, pour conclure, que le point de vue moral de Michèle Beaulieu à l'égard du règne d'Henri III semble assez caractéristique du jugement de valeur que l'on a pu traditionnellement porter sur lui au cours du XXe siècle : plus loin (p. 28), elle écrit ainsi que le règne d'Henri IV (1589-1610) est [emphase]« une période de transition entre le costume ridiculement efféminé du règne de Henri III et celui qui, à la fois viril et élégant, caractérise l'époque Louis XIII »[/emphase].
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Amicalement,
B.
<small>(EDIT [02/11/2022]: correction de fautes diverses)</small>

