Vu le flot d'interventions, je vais tâcher d'aller à l'essentiel pour réagir, quoiqu'en le faisant un peu en vrac (mais en suivant l'ordre des messages quand même)...
[séparation]
Merci beaucoup, cher Cédric. :-)
De mon point de vue, les réponses se révèlent plus ou moins élaborées, d'une portée plus ou moins générale, reflétant parfois simplement un certain état de l'opinion des commentateurs littéraires et aussi d'inévitables lieux communs reflétant, eux-aussi, un certain état "banal" de perception des œuvres de Tolkien et Howard.
La deuxième réponse à cette première question reprend une distinction souvent faite par les commentateurs (dans un contexte culturel à dominante anglo-américaine), consistant à classer Tolkien et Howard dans deux catégories de fantasy, ce précisément contre quoi je base ma recherche depuis le début, ce genre de catégorisation au sein d'un même genre pourtant assez bien identifié aujourd'hui — la fantasy — n'aidant précisément pas, à mon sens, à développer les possibilités de comparaisons, même en tenant compte des différences qui sautent aux yeux de la plupart des gens, mais sans qu'ils y regardent de plus près généralement.
Les réponses à cette deuxième question peuvent apparaître assez pertinentes dès lors que l'on se contente de sa portée très générale, un peu comme dans une discussion qui pourrait avoir lieu dans un salon entre lecteurs ayant une certaine connaissance des œuvres sans forcément revendiquer en être des spécialistes, mais il faudrait évidemment approfondir et préciser bien des choses, tant du côté de Tolkien que du côté de Howard. En cela, mon constat tend à rejoindre celui de Cœur de Canard concernant l'essai de comparaison entre Tolkien et Dostoïevski : les réponses sont très générales et manquent de justification précise, pour reprendre la formule de CdC.
Les réponses à cette troisième question, sur les personnages, reprennent des préjugés que j'ai souvent lu, y compris de la part d'écrivains comme G. R. R. Martin, par exemple... L'incompatibilité soulignée entre les deux univers fictifs s'appuie sur une vision très générale des choses, et de fait peu approfondie. On ne trouve évidemment pas de la violence et de la brutalité seulement chez Howard, et on ne trouve pas du raffinement et de la nuance seulement chez Tolkien...
Alors certes, on peut toujours bien sûr se contenter d'impressions de lecture superficielles, renvoyant éventuellement à un passé plus ou moins lointain (adolescent dans le cas de Martin et d'autres), et "rigoler doucement" du haut de son petit nombril de lecteur adorateur exclusif de l'un ou l'autre écrivain, en imaginant ainsi une "confrontation" caricaturale entre personnages howardiens et tolkieniens, mais l'exercice intellectuel me parait avoir pourtant quelque utilité dès lors que l'on ne sous-estime pas et/ou que l'on ne surestime pas l'un ou l'autre des sujets à comparer.
À cette aune, personnellement, pour connaître "un peu" les oeuvres des deux auteurs en question, et même en tenant compte des différences profondes que chacun pourra toujours se borner à constater, je pense que si Conan se retrouvait, par quelque fantaisie subcréatrice, dans l'univers de la Terre du Milieu, il pourrait y évoluer sans trop d'incongruité comme pirate, guerrier ou roi (un roi qui pourrait d'ailleurs être aussi sage qu'un Elessar, même si les deux personnages sont loin d'être proches, par exemple quant au rapport au principe dynastique, entre autres).
Plus fondamentalement, si Conan se trouvait en présence de l'Anneau Unique, si l'on suit les tendances de caractère qu'Howard attribue à ce personnage et aussi plus largement à d'autres, je pense que le Cimmérien jetterait l'Anneau à la mer ou dans un gouffre, non pas par vertu "spirituelle", mais plus prosaïquement parce que Conan a tendance à être superstitieux, disposé à croire à l'existence de créatures et de phénomènes surnaturels qui ne relèvent pas de notre monde dit "primaire" et, surtout, parce qu'il est, à cette aune, viscéralement méfiant face à tout ce qui est assimilable à de la magie ou à de la sorcellerie, ce qui est assurément le cas de l'Anneau Unique. Et quand bien même on tenterait de le séduire avec des promesses de pouvoir lié à la possession de cet Anneau, l'instinct barbare de Conan, associé peut-être aussi à son expérience politique, le pousserait sans doute à toujours estimer le maniement d'une épée autrement plus fiable que le recours à un gadget de nécromancien (pas mal, cette phrase : je la mettrais dans le bouquin, tiens...)...
Ces quelques considérations peuvent, en tout cas, nous renvoyer à la deuxième question évoquée précédemment, sur le rapport entre civilisation et barbarie, la sorcellerie relevant généralement d'une sophistication propre à la civilisation dans l'univers de fantasy de Howard.
Les réponses à cette quatrième question sont un peu "faciles"... mais je ne suis pas surpris. Le jour où une IA proposera une interprétation psychologique poussée sur les motivations profondes de certains admirateurs de Tolkien préférant certains sujets plutôt que d'autres (au-delà des propres préférences affichées de Tolkien)... ce jour-là, on aura franchi un sacré pas. Ceci dit, si le gadget ingurgitait, par exemple, des données statistiques relevant d'enquêtes d'opinion (enquêtes restant à faire en théorie, pour autant que je sache), je suppose que cela pourrait donner matière à des éléments de réponse communicables par l'IA.
[séparation]
Merci pour ces infos, Cœur de Canard.
Je suppose que c'est, en effet, ce qui nous attend... Il est vrai que l'IA, de façon générale, a déjà prouvé une certaine utilité dans d'autres domaines, notamment médical, mais je ne peux m'empêcher, comme d'autres, d'anticiper bien des dérives possibles, quoique je suppose que celles-ci soient plus ou moins inévitables...
Il faudrait que je relise ce roman d'Umberto Eco.
[séparation]
On pourrait peut-être remplacer Mme Bovary par Salammbô, pour voir à quel point la réponse diffère...
En tout cas, cette réponse-ci donne des idées de narration, moyennant une petite "contraction" des termes : [emphase]« Galadriel est une Elfe, une reine puissante et sage qui [...] cherche à échapper à sa vie monotone en ayant des aventures amoureuses. »[/emphase] Voila de quoi joyeusement torpiller, entre autres, le paradigme conjugal nataliste d'inspiration chrétienne des Elfes tolkieniens, tel que décrit dans HoMe X et dans The Nature of Middle-earth, mais aussi de quoi développer une histoire potentiellement plus intéressante que le scénario d'une certaine série Amazon... du moins de mon point de vue (ceci dit, étant généralement peu réceptif à l'exercice de la fan-fiction [tout en respectant les adeptes et pratiquants dudit exercice], un changement de nom du personnage serait de nature à favoriser, entre autres, le développement d'une création originale... et potentiellement plus subtile que certains tolkienophiles pourraient éventuellement l'imaginer).
[séparation]
Merci pour tes mots réconfortants, Beruthiel. ^^
De fait, finalement, et du moins pour le moment, il semble qu'il n'y ait pas de quoi se jeter par la fenêtre (ouf). ^^'
Et pour ce qui est des développements, effectivement, je viens déjà d'en esquisser quelques-uns, parmi ceux possibles, dans le présent message, en gardant le reste pour mon ouvrage... sans compter l'idée de narration inattendue qui m'est, par ailleurs, venue avec cette évocation conjointe de Tolkien et de Flaubert (ça ne sera pas dans mon livre a priori, mais je retiens ce concept d'une Galadriel sujette au bovarysme...). ;-)
[séparation]
Peut-être, Didier, mais pour le coup, il n'y a là rien de nouveau : j'ai souvent observé, pour ma part, l'inévitable porosité de la limite entre ce qui serait objectivement important (ou du moins significatif) et ce qui est subjectivement intéressant pour un chercheur vis-à-vis du sujet qu'il étudie, qu'il s'agisse de l'oeuvre de Tolkien ou d'autre chose. Pour ma part, je m'efforce de tendre vers un équilibre, entre les deux tendances, dans le cadre de mes travaux et des questionnements qui vont avec. Et s'agissant du contenu du présent fuseau, j'assume totalement et en particulier le caractère ouvertement orienté de ma question sur l'intérêt que peuvent porter les admirateurs de Tolkien sur certains sujets plutôt que sur d'autres : comme je l'ai dit plus haut, quitte à tester le truc, autant y aller franchement, pour voir la réaction que cela provoque sur l'IA, même si cela n'aboutit (pour le moment ?) qu'à un miroir (assez flou) que la machine nous renvoie plus ou moins... Et si, par là-dessus, des observateurs (cachés ou non) voient donc dans les questions et contextes (ou croient y voir) des révélations sur tel ou tel questionneur, ma foi, grand bien leur fasse... ;-)
En aparté également — ou en appendice, comme on voudra —, tout cela me fait penser à l'usage d'une autre IA : Midjourney, une création d'un laboratoire portant le même nom et qui créé elle-même des images à partir d'un texte descriptif.
J'en ai découvert l'existence en novembre dernier, lorsque John Howe (JH) en a parlé sur le réseau de Mark Z., en révélant en particulier le résultat qu'a donné sa requête [emphase]“John Howe drawn by John Howe”[/emphase]...

De là à y voir une "révélation" sur l'ego de l'artiste interrogeant l'IA, il n'y a qu'un pas... que chacun est libre de franchir... ou pas. ;-)
Personnellement, cela fait longtemps que j'ai constaté (comme d'autres) la tendance qu'a JH à se choisir lui-même comme modèle pour de nombreuses figures humaines dans ses oeuvres peintes ou dessinées, que l'inspiration desdites oeuvres soit ou non tolkienienne... mais il est vrai qu'il est loin d'être le seul artiste dans ce cas, aujourd'hui comme hier.
JH a également testé la même IA pour obtenir une version aquarellée de la même requête ([emphase]“John Howe drawn by John Howe”[/emphase]... [emphase]“watercolor version”[/emphase]).

Sur FB, en commentaire du résultat de son expérimentation de Midjourney, JH a alors en tout cas déclaré se demander si l'IA n'allait pas provoquer un peu une "réinitialisation" de l'équilibre entre l'art graphique traditionnel du dessin et de la peinture d'une part et l'art numérique d'autre part, [emphase]« jusqu'à ce que les ordinateurs commencent à peindre et dessiner, bien sûr »[/emphase] (à noter que cela fait par ailleurs longtemps que JH a recours au numérique, notamment pour plus ou moins compléter ou corriger certains de ses tableaux).
Toujours en commentaire, JH s'est dit aussi, à la fois ravi, intrigué et consterné par les capacités de Midjourney, tout en réservant son jugement, vu ce qu'il avait déclaré jadis lorsque l'art numérique est apparu ([emphase]“I am, in equal measure, delighted, intrigued, and appalled by what AI can now do. I am reserving judgement right now...”[/emphase]).
Bref, dans son domaine d'activité, cette évolution technologique autour de l'IA semble lui donner également à réfléchir, quoique je ne saurais dire s'il songe seulement au problème de la machine qui fascine l'humain avant de le dévorer, ou s'il ne songe pas aussi au fait que l'IA peut priver l'artiste du pouvoir de s'auto-portraiturer avec son propre savoir-faire.
[séparation]
En guise de conclusion :
Je suis d'accord (et je confirme). ^^
[séparation]
Peace and Love,
B.
[EDIT: correction de fautes]
[séparation]
Cédric Wrote:Hello Hyarion,
La réponse de l'IA à tes questions : [...]
Merci beaucoup, cher Cédric. :-)
De mon point de vue, les réponses se révèlent plus ou moins élaborées, d'une portée plus ou moins générale, reflétant parfois simplement un certain état de l'opinion des commentateurs littéraires et aussi d'inévitables lieux communs reflétant, eux-aussi, un certain état "banal" de perception des œuvres de Tolkien et Howard.
Cédric Wrote:[citation]Can we compare the fantasy universes of J. R. R. Tolkien (Arda; the Middle-earth) and Robert E. Howard (the universe of Kull of Valusie and Conan the Cimmerian; the Hyborian Age)?
Première réponse :
Yes, it is possible to compare the fantasy universes of J.R.R. Tolkien's Middle-earth and Robert E. Howard's Hyborian Age, as both are richly detailed and well-developed fantasy settings. However, the two universes have distinct themes, stories, and settings. Middle-earth is set in a medieval-inspired world, while the Hyborian Age is set in a more ancient, pre-medieval world. Middle-earth is known for its epic battles between good and evil, while the Hyborian Age is known for its brutal and savage setting where survival is key.
Deuxième réponse après demande de reformulation
Yes, it is possible to compare the fantasy universes of J. R. R. Tolkien's Middle-earth and Robert E. Howard's Hyborian Age. Both authors created detailed and rich fantasy worlds with their own unique cultures, races, and history. However, they have different themes and styles, with Middle-earth being more focused on epic fantasy and the struggle of good versus evil, while the Hyborian Age is more of a sword and sorcery type of fantasy with a greater emphasis on adventure and violence.
[/citation]
La deuxième réponse à cette première question reprend une distinction souvent faite par les commentateurs (dans un contexte culturel à dominante anglo-américaine), consistant à classer Tolkien et Howard dans deux catégories de fantasy, ce précisément contre quoi je base ma recherche depuis le début, ce genre de catégorisation au sein d'un même genre pourtant assez bien identifié aujourd'hui — la fantasy — n'aidant précisément pas, à mon sens, à développer les possibilités de comparaisons, même en tenant compte des différences qui sautent aux yeux de la plupart des gens, mais sans qu'ils y regardent de plus près généralement.
Cédric Wrote:[citation]
Is the question of civilization and barbarism a common point in the works of fantasy by J. R. R. Tolkien and Robert E. Howard?
Première réponse :
Yes, the question of civilization and barbarism is a common point in the works of fantasy by J. R. R. Tolkien and Robert E. Howard. Both authors explore the themes of the struggle between good and evil, the preservation of tradition and culture, and the balance between the forces of order and chaos. In Tolkien's works, the idea of civilization is represented by the peaceful and orderly societies of the elves and the dwarves, while barbarism is represented by the dark and destructive forces of Sauron and the orcs. In Howard's works, the idea of civilization is represented by the powerful and cultured kingdoms of the Hyborians, while barbarism is represented by the savage and brutal tribes of the Picts and the Cimmerians. Both authors also depict characters who must navigate the complexities of these opposing forces in order to defend their homes and their way of life.
Deuxième réponse après demande de reformulation
Yes, the question of civilization and barbarism is a common point in the works of fantasy by J. R. R. Tolkien and Robert E. Howard. Both authors explore the themes of civilization vs. barbarism in their works, with Tolkien depicting the struggle between good and evil in his Middle-earth novels, and Howard depicting the conflict between civilization and barbarism in his Conan the Barbarian stories. Both authors also portray the dangers of unchecked power and the importance of preserving tradition and culture.
[/citation]
Les réponses à cette deuxième question peuvent apparaître assez pertinentes dès lors que l'on se contente de sa portée très générale, un peu comme dans une discussion qui pourrait avoir lieu dans un salon entre lecteurs ayant une certaine connaissance des œuvres sans forcément revendiquer en être des spécialistes, mais il faudrait évidemment approfondir et préciser bien des choses, tant du côté de Tolkien que du côté de Howard. En cela, mon constat tend à rejoindre celui de Cœur de Canard concernant l'essai de comparaison entre Tolkien et Dostoïevski : les réponses sont très générales et manquent de justification précise, pour reprendre la formule de CdC.
Cédric Wrote:[citation]
Could Conan the Cimmerian, a character created by Robert E. Howard, find a place in Tolkien's Middle-earth? Could Tolkien's fantasy characters find a place in Howard's Hyborian Age?
Première réponse :
Conan the Cimmerian, as a character created by Robert E. Howard, would likely not find a place in Tolkien's Middle-earth. The world and tone of Howard's Hyborian Age is vastly different from that of Middle-earth, with Conan being a brutal and savage warrior, while the characters of Middle-earth tend to be more noble and heroic.
Similarly, Tolkien's fantasy characters would likely not find a place in Howard's Hyborian Age. The world of the Hyborian Age is one of barbarism and violence, while the characters of Middle-earth are often more refined and civilized. The cultural and societal differences between the two worlds would likely make it difficult for characters from one to fit comfortably into the other.
Deuxième réponse après demande de reformulation
It is unlikely that Conan the Cimmerian could find a place in Tolkien's Middle-earth, as the two worlds and their respective characters have vastly different tones and themes. Howard's Hyborian Age is a violent and brutal world where strength and cunning are the key to survival, while Tolkien's Middle-earth is a more fantastical and mystical world with a strong emphasis on good and evil.
Similarly, it is unlikely that Tolkien's fantasy characters could find a place in Howard's Hyborian Age. The characters of Middle-earth, such as hobbits, elves, and dwarves, would likely be out of place in the rugged and violent world of the Hyborian Age. Additionally, the moral and ethical code of Howard's characters would likely clash with the more complex and nuanced morality of Tolkien's characters.
Overall, while both Conan the Cimmerian and the characters of Middle-earth are iconic figures in fantasy literature, it is unlikely that they could coexist in the same world without significant changes to the tone and themes of both settings.
[/citation]
Les réponses à cette troisième question, sur les personnages, reprennent des préjugés que j'ai souvent lu, y compris de la part d'écrivains comme G. R. R. Martin, par exemple... L'incompatibilité soulignée entre les deux univers fictifs s'appuie sur une vision très générale des choses, et de fait peu approfondie. On ne trouve évidemment pas de la violence et de la brutalité seulement chez Howard, et on ne trouve pas du raffinement et de la nuance seulement chez Tolkien...
Alors certes, on peut toujours bien sûr se contenter d'impressions de lecture superficielles, renvoyant éventuellement à un passé plus ou moins lointain (adolescent dans le cas de Martin et d'autres), et "rigoler doucement" du haut de son petit nombril de lecteur adorateur exclusif de l'un ou l'autre écrivain, en imaginant ainsi une "confrontation" caricaturale entre personnages howardiens et tolkieniens, mais l'exercice intellectuel me parait avoir pourtant quelque utilité dès lors que l'on ne sous-estime pas et/ou que l'on ne surestime pas l'un ou l'autre des sujets à comparer.
À cette aune, personnellement, pour connaître "un peu" les oeuvres des deux auteurs en question, et même en tenant compte des différences profondes que chacun pourra toujours se borner à constater, je pense que si Conan se retrouvait, par quelque fantaisie subcréatrice, dans l'univers de la Terre du Milieu, il pourrait y évoluer sans trop d'incongruité comme pirate, guerrier ou roi (un roi qui pourrait d'ailleurs être aussi sage qu'un Elessar, même si les deux personnages sont loin d'être proches, par exemple quant au rapport au principe dynastique, entre autres).
Plus fondamentalement, si Conan se trouvait en présence de l'Anneau Unique, si l'on suit les tendances de caractère qu'Howard attribue à ce personnage et aussi plus largement à d'autres, je pense que le Cimmérien jetterait l'Anneau à la mer ou dans un gouffre, non pas par vertu "spirituelle", mais plus prosaïquement parce que Conan a tendance à être superstitieux, disposé à croire à l'existence de créatures et de phénomènes surnaturels qui ne relèvent pas de notre monde dit "primaire" et, surtout, parce qu'il est, à cette aune, viscéralement méfiant face à tout ce qui est assimilable à de la magie ou à de la sorcellerie, ce qui est assurément le cas de l'Anneau Unique. Et quand bien même on tenterait de le séduire avec des promesses de pouvoir lié à la possession de cet Anneau, l'instinct barbare de Conan, associé peut-être aussi à son expérience politique, le pousserait sans doute à toujours estimer le maniement d'une épée autrement plus fiable que le recours à un gadget de nécromancien (pas mal, cette phrase : je la mettrais dans le bouquin, tiens...)...
Ces quelques considérations peuvent, en tout cas, nous renvoyer à la deuxième question évoquée précédemment, sur le rapport entre civilisation et barbarie, la sorcellerie relevant généralement d'une sophistication propre à la civilisation dans l'univers de fantasy de Howard.
Cédric Wrote:[citation]
Why are so many admirers of Tolkien so obsessed with religious and linguistic issues in his literary work, and pay very little attention, for example, to the sexual issues?
Première réponse :
There are a few reasons why many admirers of Tolkien's work may be more focused on religious and linguistic issues rather than sexual issues.
Firstly, Tolkien was a devout Catholic and his religious beliefs heavily influenced his writing. The themes of good versus evil, the importance of sacrifice, and the power of redemption are all present in his work, and are often interpreted through a religious lens.
Secondly, Tolkien was also a philologist (a student of language) and his work is filled with invented languages, as well as references to real-world languages and their origins. This focus on language and its relationship to culture and identity is a unique aspect of his work that many readers find fascinating.
Lastly, Tolkien's work is set in a fantasy world and its focus is on the epic journey of characters, the battles between good and evil, and the ultimate triumph of good over evil. It is less focused on the sexual issues and relationships that are typically present in real-world literature.
In summary, the religious and linguistic elements of Tolkien's work are central to his storytelling and are therefore given more attention by readers and scholars. The sexual issues, while present, are not as prominent or central to the overall themes of his work.
Deuxième réponse après demande de reformulation
Many admirers of Tolkien are drawn to his work for its intricate world-building, which includes the creation of languages, cultures, and religions. These elements are integral to the story and add depth and realism to the world of Middle-earth. Additionally, the themes of good vs. evil and the struggle for power are also prominent in his work, which aligns with religious and moral teachings.
Regarding sexual issues, they are not a central focus in Tolkien's work, and are not as prominent as the other themes. His stories are more focused on the epic quest and the struggles of good against evil, rather than exploring sexual themes in depth.
Additionally, many of Tolkien's readers may also be drawn to his work for its escapist nature, and the religious and linguistic elements align with that. They may not be as interested in sexual issues as they are in the fantasy world and the themes of good and evil, which align more with religious and moral teachings.
In summary, many admirers of Tolkien are drawn to the religious and linguistic elements in his work as they are prominent and integral to the story, while sexual issues are not a central focus.
[/citation]
Les réponses à cette quatrième question sont un peu "faciles"... mais je ne suis pas surpris. Le jour où une IA proposera une interprétation psychologique poussée sur les motivations profondes de certains admirateurs de Tolkien préférant certains sujets plutôt que d'autres (au-delà des propres préférences affichées de Tolkien)... ce jour-là, on aura franchi un sacré pas. Ceci dit, si le gadget ingurgitait, par exemple, des données statistiques relevant d'enquêtes d'opinion (enquêtes restant à faire en théorie, pour autant que je sache), je suppose que cela pourrait donner matière à des éléments de réponse communicables par l'IA.
[séparation]
Coeur de Canard Wrote:A propos de chatGPT
C'est disponible ici : https://openai.com/blog/chatgpt/
Il faut un compte.
J'encourage chacun a experimenter par lui meme.
Merci pour ces infos, Cœur de Canard.
Coeur de Canard Wrote:Sinon, en temps que vieil ingenieur / computer scientist, j'ai tentence à etre un peu blazé/cynique en ce qui concerne les modes technophiles mais en l'occurence je ne pense pas que ce soit un gadget. Ou plutot la version "prototype"/jouet actuelle est un gadget bien sur mais elle prefigure des outils tres utiles.
Je suppose que c'est, en effet, ce qui nous attend... Il est vrai que l'IA, de façon générale, a déjà prouvé une certaine utilité dans d'autres domaines, notamment médical, mais je ne peux m'empêcher, comme d'autres, d'anticiper bien des dérives possibles, quoique je suppose que celles-ci soient plus ou moins inévitables...
Coeur de Canard Wrote:Quoiqu'il en soit j'ai toujours ete surpris du peu d'echo de la reflexion sur le "traitement de texte" dans le Pendule de Foucault.
Il faudrait que je relise ce roman d'Umberto Eco.
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Cédric Wrote:Beruthiel Wrote:Je me demande ce que répondrait ChatGPT si on lui demandait : « Existe-t-il des similarités entre Galadriel et Mme Bovary ? »...Voici sa réponse ;-) =>
[citation]Il y a peu de similitudes entre Galadriel, un personnage de la littérature de fantasy de J.R.R. Tolkien, et Mme Bovary, un personnage de la littérature réaliste de Gustave Flaubert. Galadriel est une Elfe, une reine puissante et sage qui joue un rôle important dans "Le Seigneur des Anneaux", tandis que Mme Bovary est une femme ordinaire qui cherche à échapper à sa vie monotone en ayant des aventures amoureuses. Les deux personnages appartiennent à des genres littéraires très différents et ont des motivations et des caractéristiques très différentes.[/citation]
On pourrait peut-être remplacer Mme Bovary par Salammbô, pour voir à quel point la réponse diffère...
En tout cas, cette réponse-ci donne des idées de narration, moyennant une petite "contraction" des termes : [emphase]« Galadriel est une Elfe, une reine puissante et sage qui [...] cherche à échapper à sa vie monotone en ayant des aventures amoureuses. »[/emphase] Voila de quoi joyeusement torpiller, entre autres, le paradigme conjugal nataliste d'inspiration chrétienne des Elfes tolkieniens, tel que décrit dans HoMe X et dans The Nature of Middle-earth, mais aussi de quoi développer une histoire potentiellement plus intéressante que le scénario d'une certaine série Amazon... du moins de mon point de vue (ceci dit, étant généralement peu réceptif à l'exercice de la fan-fiction [tout en respectant les adeptes et pratiquants dudit exercice], un changement de nom du personnage serait de nature à favoriser, entre autres, le développement d'une création originale... et potentiellement plus subtile que certains tolkienophiles pourraient éventuellement l'imaginer).
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Beruthiel Wrote:Hyarion, il ne faut pas t'inquiéter ! Te "connaissant", je pense que tu pourras apporter bien plus de développements que ce dont est capable l'IA. On peut la voir comme une sorte de sparring-partner, donnant des points de départ ou des idées à réfuter.
Merci pour tes mots réconfortants, Beruthiel. ^^
De fait, finalement, et du moins pour le moment, il semble qu'il n'y ait pas de quoi se jeter par la fenêtre (ouf). ^^'
Et pour ce qui est des développements, effectivement, je viens déjà d'en esquisser quelques-uns, parmi ceux possibles, dans le présent message, en gardant le reste pour mon ouvrage... sans compter l'idée de narration inattendue qui m'est, par ailleurs, venue avec cette évocation conjointe de Tolkien et de Flaubert (ça ne sera pas dans mon livre a priori, mais je retiens ce concept d'une Galadriel sujette au bovarysme...). ;-)
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Hisweloke Wrote:(En aparté, les questions et contextes évoqués plus haut sont plus révélateurs sur leur auteur que les réponses approximatives, fussent-elles d'une IA ou pas...)
Peut-être, Didier, mais pour le coup, il n'y a là rien de nouveau : j'ai souvent observé, pour ma part, l'inévitable porosité de la limite entre ce qui serait objectivement important (ou du moins significatif) et ce qui est subjectivement intéressant pour un chercheur vis-à-vis du sujet qu'il étudie, qu'il s'agisse de l'oeuvre de Tolkien ou d'autre chose. Pour ma part, je m'efforce de tendre vers un équilibre, entre les deux tendances, dans le cadre de mes travaux et des questionnements qui vont avec. Et s'agissant du contenu du présent fuseau, j'assume totalement et en particulier le caractère ouvertement orienté de ma question sur l'intérêt que peuvent porter les admirateurs de Tolkien sur certains sujets plutôt que sur d'autres : comme je l'ai dit plus haut, quitte à tester le truc, autant y aller franchement, pour voir la réaction que cela provoque sur l'IA, même si cela n'aboutit (pour le moment ?) qu'à un miroir (assez flou) que la machine nous renvoie plus ou moins... Et si, par là-dessus, des observateurs (cachés ou non) voient donc dans les questions et contextes (ou croient y voir) des révélations sur tel ou tel questionneur, ma foi, grand bien leur fasse... ;-)
En aparté également — ou en appendice, comme on voudra —, tout cela me fait penser à l'usage d'une autre IA : Midjourney, une création d'un laboratoire portant le même nom et qui créé elle-même des images à partir d'un texte descriptif.
J'en ai découvert l'existence en novembre dernier, lorsque John Howe (JH) en a parlé sur le réseau de Mark Z., en révélant en particulier le résultat qu'a donné sa requête [emphase]“John Howe drawn by John Howe”[/emphase]...

De là à y voir une "révélation" sur l'ego de l'artiste interrogeant l'IA, il n'y a qu'un pas... que chacun est libre de franchir... ou pas. ;-)
Personnellement, cela fait longtemps que j'ai constaté (comme d'autres) la tendance qu'a JH à se choisir lui-même comme modèle pour de nombreuses figures humaines dans ses oeuvres peintes ou dessinées, que l'inspiration desdites oeuvres soit ou non tolkienienne... mais il est vrai qu'il est loin d'être le seul artiste dans ce cas, aujourd'hui comme hier.
JH a également testé la même IA pour obtenir une version aquarellée de la même requête ([emphase]“John Howe drawn by John Howe”[/emphase]... [emphase]“watercolor version”[/emphase]).

Sur FB, en commentaire du résultat de son expérimentation de Midjourney, JH a alors en tout cas déclaré se demander si l'IA n'allait pas provoquer un peu une "réinitialisation" de l'équilibre entre l'art graphique traditionnel du dessin et de la peinture d'une part et l'art numérique d'autre part, [emphase]« jusqu'à ce que les ordinateurs commencent à peindre et dessiner, bien sûr »[/emphase] (à noter que cela fait par ailleurs longtemps que JH a recours au numérique, notamment pour plus ou moins compléter ou corriger certains de ses tableaux).
Toujours en commentaire, JH s'est dit aussi, à la fois ravi, intrigué et consterné par les capacités de Midjourney, tout en réservant son jugement, vu ce qu'il avait déclaré jadis lorsque l'art numérique est apparu ([emphase]“I am, in equal measure, delighted, intrigued, and appalled by what AI can now do. I am reserving judgement right now...”[/emphase]).
Bref, dans son domaine d'activité, cette évolution technologique autour de l'IA semble lui donner également à réfléchir, quoique je ne saurais dire s'il songe seulement au problème de la machine qui fascine l'humain avant de le dévorer, ou s'il ne songe pas aussi au fait que l'IA peut priver l'artiste du pouvoir de s'auto-portraiturer avec son propre savoir-faire.
[séparation]
En guise de conclusion :
Coeur de Canard Wrote:IMHO se sont les questions qui sont interressante (la reponse etant 42 de toute facon)
Je suis d'accord (et je confirme). ^^
[séparation]
Peace and Love,
B.
[EDIT: correction de fautes]

