Or donc, qu'avais-je d'ors et déjà écrit précédemment, dans le présent fuseau, en matière d'échanges par écrit en ligne ? ^^'
La preuve par l'exemple avec les messages (pavés ou non) qui ont suivi (le mien inclus)...
Bon, essayons de mettre un peu de clarté dans tout ça. :-)
Au risque d'éventuellement surprendre, en ce qui me concerne, j'avais parfaitement vu, au premier coup d'œil, les sourires/émoticônes dont vous faites tous mention. Je ne me suis donc pas senti agressé, et je n'ai pas paniqué. Cependant, Silmo ayant réagi avant moi, avec ses mots à lui, j'en ai tenu compte dans ma propre réaction. Silmo a des convictions « de gauche » sans doute assez proches des miennes, de même que JR/Isengar, même si je ne suis probablement pas aussi idéaliste qu'eux deux peuvent peut-être l'être encore, bien que je sois un peu plus jeune qu'eux. Concernant l'orientation religieuse/spirituelle personnelle, j'ai préféré éviter de revenir trop directement ici sur ce sujet, toujours un peu pénible, quoique sans doute inévitable à un moment donné mais qui a du reste été déjà évoquée plusieurs fois (tout comme ma conception du socialisme) dans d'autres fuseaux en ces lieux par le passé.
Mais toujours est-il que, me concernant, dans ce fuseau-ci, il m'a paru simplement honnête et utile de ne pas me cacher derrière cette fausse « neutralité tolkienophile » derrière laquelle on se cache trop volontiers pour parler de Tolkien, notamment s'agissant de questions politico-religieuses. À cette aune, dans le message inaugural du présent fuseau, j'ai mentionné un certain nombre de références historiques et philosophiques pour donner une idée de ce qu'il y a derrière « mon » socialisme et derrière le fait que je puisse donc me dire (modestement) « plutôt socialiste », une formule que TB a donc, nous dit-il, trouvé plutôt amusante... Du long message en question, j'avoue que j'aurai préféré que l'on ne retienne pas forcément seulement les quelques mots écrits sur « mon » socialisme, mais bon, comme je l'ai déjà écrit, chacun reste libre de retirer ce qu'il veut de ce qu'écrit autrui...
Petit rappel, à ce stade : il va sans dire (mais cela va sans doute mieux en le disant) que je n'ai rien contre TB, ni aujourd'hui, ni par le passé, sans quoi je n'aurai notamment sans doute pas pris le temps de réagir comme je l'ai fait, par exemple, sur son fuseau « Exuvie » il y a déjà quelques années (dans le fuseau en question, on pourra constater qu'il y a certes eu une mauvaise compréhension mutuelle au départ, mais en prenant le temps de discuter, les choses, me semble-t-il, se sont arrangées).
Si je puis me permettre, mon cher TB, si tu parcourais éventuellement plus souvent et plus attentivement le présent forum (je ne te blâme pas : chacun est libre de visiter ces lieux comme il l'entend), tu saurais depuis longtemps que je n'ai pas de problème avec l'humour, y compris en particulier avec l'humour politique ou politico-religieux, ce qui n'est certes pas le cas de tout le monde ici. J'aime l'ironie, qui est un art difficile, et à cette aune, plutôt que l'humour inoffensif « pour public familial » que certains aiment beaucoup ici comme ailleurs, j'ai tendance à apprécier davantage l'humour satirique sachant sainement et savoureusement railler les travers de nos sociétés et de ceux qui prétendent les diriger ou les influencer d'une manière ou d'une autre (les « puissants », les amoureux du pognon, les chefs d'État, les politiciens [de tous bords, et notamment les personnalités toxiques comme Sarkozy ou Mélenchon], les chefs religieux, les gourous en tout genre, les idéologues de tous bords, les militants/manifestants/prosélytes qui meublent psychologiquement leurs vies avec des certitudes idéologiques et/ou religieuses qu'ils veulent imposer aux autres, etc.). Pour te donner une idée de ce que j'aime pratiquer ou voir pratiqué en matière d'humour, je me permets de renvoyer à une tentative de partage d'humour satirique (avec un dessin de feu Pétillon visant le Vatican) que j'avais faite dans un autre fuseau, il y a quelques années (Yyr avait détesté, et j'imagine qu'Elendil a dû ne pas aimer aussi, mais je continue pour ma part de trouver pertinente et savoureuse l'ironie de Pétillon) : ce message
Je pourrais aussi parler des dessins satiriques anciens, ceux du XIXe siècle ou des années 1900-1910 par exemple, qui arrivent encore, au moins pour certains d'entre-eux, à me faire sourire plus d'un siècle après leur publication, qu'ils traitent de politique, de religion ou de mœurs (je parle de certains de ces dessins dans mon livre encore en cours d'écriture, et je pourrais le faire un peu ici aussi, si cela intéresse [ce ne serait pas « hors-sujet », en tout cas])...
Ce que j'aime également, en matière d'humour, c'est le sens de l'autodérision, à savoir être capable de rire de soi-même et de ses propres convictions (ce qui est généralement très difficile pour les idéologues et peut-être plus encore pour les religieux, qui se méfient volontiers du rire et peuvent y réagir violemment, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, pour ne citer qu'eux). Un tel sens de l'humour n'annule pas lesdites convictions que l'on peut avoir, mais il aide assurément à avoir du recul par rapport à elles, sans quoi l'autocritique est impossible, ce qui n'est jamais une bonne chose. Comme je l'ai souvent dit, ici ou ailleurs, on ne fait pas de travail sérieux en se prenant au sérieux. Voila pourquoi ton amusement concernant le fait que je me dise plutôt socialiste ne me touche pas plus que ça, en fait : c'est une réaction, à vrai dire, peu surprenante quand on pense aux idées reçues qui circulent aujourd'hui comme hier sur les idéaux socialistes et l'idée que l'on s'en fait en fonction de son petit point de vue, toujours plus ou moins orienté. Silmo a voulu défendre les idéaux en question, avec ses mots, et ses références qui recoupent en partie les miennes (mais en partie seulement : Jules Ferry, bof, bof, sans même parler du colonialisme, il s'est renié s'agissant de la séparation de l'Église et de l'État, et concernant le développement de l'instruction publique, Victor Duruy avait tout de même déjà agi sous Napoléon III). Je le remercie encore d'avoir pris le temps de le faire, même si je n'aurai pas réagi de la même façon que lui si j'avais répondu en premier : après tout, ce n'est pas si fréquent de ne pas se sentir isolé ici ou ailleurs...
« Mon » socialisme, comme je l'ai écrit dans mon message inaugural, est tempéré par un scepticisme « mitigé » : cela veut notamment dire que je ne fais pas partie des gens qui croient en « l'Homme Nouveau » de la société sans classes comme d'autres croient fermement au Péché originel et/ou en l'Immaculée Conception. Cela veut dire aussi que je ne suis pas aussi idéaliste que pouvait l'être un grand homme comme Jean Jaurès.
Par exemple, Jaurès avait une conception gradualiste de l'histoire et de la connaissance, excluant le scepticisme (tel qu'il le décrit) de l'éclectisme dont il se réclamait, éclectisme qu'il concevait comme une marche de l'esprit vers la vérité, [emphase]« une marche graduée et de plus en plus ferme vers une vérité de jour en jour plus vaste dans son ensemble et plus nette dans ses détails »[/emphase]. Pour moi, l'esprit évolue vers une possible vérité, vers ce que j'appelle la Conscience, mais je ne vois pas particulièrement ce cheminement comme « une marche graduée et de plus en plus ferme ». Je n'en ai pas moins beaucoup d'estime pour Jaurès, qui reste pour moi une référence en matière de socialisme notamment en raison du fait qu'il s'est d'abord construit philosophiquement lui-même avant de s'engager dans l'action politique, sans avoir été excessivement endoctriné dès le départ comme tant d'autres.
Mais je n'ai pas de rapport maladivement « religieux » à Jaurès, contrairement par exemple à un type détestable comme Mélenchon, ce mégalo démago qui, lorsqu'il était député (après avoir siégé pendant des lustres au Sénat, où la soupe était bonne), a stupidement voulu à tout prix poser ses misérables fesses exactement sur le même siège que Jaurès à l'Assemblée Nationale, et qui, parait-il, achète tous les 31 juillet des tartes aux fraises, ce que dégustait Jaurès au moment de son assassinat en 1914 : je trouve ce genre de comportement à la fois puéril, minable et écœurant (même si j'aime les tartes aux fraises par ailleurs). Tu t'inquiétais (inutilement), mon cher TB, « qu'on puisse croire un instant que [tu] ai[es] voulu tuer Jaurès une deuxième fois à l'insu de [t]on plein gré », mais d'autres s'en chargent bien assez, d'assassiner Jaurès à nouveau, à chaque fois qu'ils se réclament de lui pour servir leurs petits intérêts, leurs postures, leur ego... « Mon » socialisme est loin de tout ça, et donc parce que j'ai naturellement tendance à avoir du recul par rapport à l'idéologie en général, par rapport aux doctrines, aux dogmes, il en faudrait bien plus que ce tu as écrit pour que j'y vois quelque-chose de vraiment infamant, d'autant plus que, je le rappelle, j'avais bien vu le sourire qui l'accompagnait.
Bref, voila pour mon état d'esprit. Au-delà du côté potentiellement « offensant », Silmo a estimé que ton trait d'humour, mon cher TB, n'avait pas sa place dans cette discussion, et c'est vrai sur le principe : nous ne sommes pas dans l'Espace libre du forum. Toutefois, je serais mal placé pour me plaindre d'une digression dans une discussion, étant souvent pratiquant de la chose moi-même...
Non, le vrai problème n'est évidemment pas là, puisque j'ai parlé de sentiment de l'absurde. De fait, pour ce qui me concerne, le ras-le-bol que j'ai exprimé dépasse largement ton intervention qui se voulait humoristique : quand je dis que j'en ai ras-le-bol « de tout ça », cela va bien plus loin que le présent forum et bien plus loin que ce que j'appelle la planète Tolkien, et les sourires/émoticônes n'y peuvent pas grand-chose...
C'est une question de mal-être général, dans ce monde-là, ici et maintenant. Et ce n'est pas à cause du climat, hein : même si déplore toujours la dégradation de l'environnement et de la biodiversité, je ne suis pas « éco-anxieux » pour autant, peut-être parce je pense que la vie n'a pas besoin de l'humanité, de son maigre savoir et de ses pauvres croyances, pour continuer à poursuivre son but, sachant que, possiblement, comme l'a écrit Remy de Gourmont dans sa Physique de l'amour, [emphase]« l'idée même de but est une illusion humaine »[/emphase]...
Quant à la vie politique française actuelle, j'ai déjà rapidement évoqué précédemment sa médiocrité : en un quart de siècle de suivi des débats parlementaires, je n'ai jamais vu un niveau intellectuel aussi bas que celui s'exprimant durant la législature en cours, tandis que, de la « valeur travail » de Sarkozy au « sens de l'effort » de Macron, c'est toujours le même plat, « libéral », infect, qui nous est toujours servi... Le gouvernement actuel est minable, mais l'opposition (plurielle) actuelle l'est tout autant... Cela laisse, ces jours-ci à nouveau, comme il y a quelques années (avant les confinements), le champ libre à un climat de violence, propice à l'épanouissement de ce que Marx et Engels ont appelé le lumpenproletariat, une notion que la deuxième fille de Karl Marx, Laura Marx-Lafargue, a élégamment traduite en français par « voyoucratie ». Cette notion me parait assez bien correspondre aux casseurs, pillards, incendiaires de voitures, et autres agresseurs de biens et/ou de personnes, qui notamment « accompagnent » de nos jours, tels des charognards, les manifestations de rue par ailleurs légitimes, et qui en tant que « lumpen » sans conscience politique ou sociale (malgré les prétentions « anarchistes » de certains), servent objectivement les intérêts de l'ordre établi et les obsessions sécuritaires qui vont avec... Si je voulais ironiser, je dirais que ce n'est pas du tout comme ça que l'on va construire le socialisme...
Mais voila précisément que je digresse, à nouveau...
J'ai, en tout cas, assez écrit pour ce soir.
Peace and love,
B.
[EDIT: corrections de fautes diverses, et aussi de certaines phrases pour éviter, autant que possible, de donner l'impression d'envoyer des piques à... je ne sais qui en particulier...]
Précédemment, votre serviteur Wrote:Sur la Toile comme dans la "vraie vie", dès lors qu'il est question de communication écrite, on ne peut jamais savoir si autrui sera bien ou mal luné lorsqu'il tombera sur votre pavé... car comme on l'a assez souvent dit en ces lieux, il y a toujours un risque de décalage entre ce que l'on écrit et ce qu'autrui peut y lire.
La preuve par l'exemple avec les messages (pavés ou non) qui ont suivi (le mien inclus)...
Bon, essayons de mettre un peu de clarté dans tout ça. :-)
TB Wrote:Houla...Je pensais que l'émoticon de fin était suffisant pour éviter toute polémique...
ISENGAR Wrote:...j'en ai bien souri, car je l'avais bien repéré ce sourire de fin de phrase, qui, en des temps moins sensibles, voulait bien dire : "pas de panique - je plaisante", mais dont le sens s'est un peu perdu dans les méandres du dialogue nocturne dématérialisé.
Elendil Wrote:Je me permettrai d'ajouter, au cas où le ras-le-bol d'Hyarion soit en partie de mon fait, qu'il n'y a qu'une seule émoticône dans mon message ci-dessus, et qu'elle est stratégiquement placée.
Au risque d'éventuellement surprendre, en ce qui me concerne, j'avais parfaitement vu, au premier coup d'œil, les sourires/émoticônes dont vous faites tous mention. Je ne me suis donc pas senti agressé, et je n'ai pas paniqué. Cependant, Silmo ayant réagi avant moi, avec ses mots à lui, j'en ai tenu compte dans ma propre réaction. Silmo a des convictions « de gauche » sans doute assez proches des miennes, de même que JR/Isengar, même si je ne suis probablement pas aussi idéaliste qu'eux deux peuvent peut-être l'être encore, bien que je sois un peu plus jeune qu'eux. Concernant l'orientation religieuse/spirituelle personnelle, j'ai préféré éviter de revenir trop directement ici sur ce sujet, toujours un peu pénible, quoique sans doute inévitable à un moment donné mais qui a du reste été déjà évoquée plusieurs fois (tout comme ma conception du socialisme) dans d'autres fuseaux en ces lieux par le passé.
Mais toujours est-il que, me concernant, dans ce fuseau-ci, il m'a paru simplement honnête et utile de ne pas me cacher derrière cette fausse « neutralité tolkienophile » derrière laquelle on se cache trop volontiers pour parler de Tolkien, notamment s'agissant de questions politico-religieuses. À cette aune, dans le message inaugural du présent fuseau, j'ai mentionné un certain nombre de références historiques et philosophiques pour donner une idée de ce qu'il y a derrière « mon » socialisme et derrière le fait que je puisse donc me dire (modestement) « plutôt socialiste », une formule que TB a donc, nous dit-il, trouvé plutôt amusante... Du long message en question, j'avoue que j'aurai préféré que l'on ne retienne pas forcément seulement les quelques mots écrits sur « mon » socialisme, mais bon, comme je l'ai déjà écrit, chacun reste libre de retirer ce qu'il veut de ce qu'écrit autrui...
Petit rappel, à ce stade : il va sans dire (mais cela va sans doute mieux en le disant) que je n'ai rien contre TB, ni aujourd'hui, ni par le passé, sans quoi je n'aurai notamment sans doute pas pris le temps de réagir comme je l'ai fait, par exemple, sur son fuseau « Exuvie » il y a déjà quelques années (dans le fuseau en question, on pourra constater qu'il y a certes eu une mauvaise compréhension mutuelle au départ, mais en prenant le temps de discuter, les choses, me semble-t-il, se sont arrangées).
TB Wrote:...apparemment, le domaine de l'idéologie reste très imperméable à l'humour que j'aime pratiqué...
Si je puis me permettre, mon cher TB, si tu parcourais éventuellement plus souvent et plus attentivement le présent forum (je ne te blâme pas : chacun est libre de visiter ces lieux comme il l'entend), tu saurais depuis longtemps que je n'ai pas de problème avec l'humour, y compris en particulier avec l'humour politique ou politico-religieux, ce qui n'est certes pas le cas de tout le monde ici. J'aime l'ironie, qui est un art difficile, et à cette aune, plutôt que l'humour inoffensif « pour public familial » que certains aiment beaucoup ici comme ailleurs, j'ai tendance à apprécier davantage l'humour satirique sachant sainement et savoureusement railler les travers de nos sociétés et de ceux qui prétendent les diriger ou les influencer d'une manière ou d'une autre (les « puissants », les amoureux du pognon, les chefs d'État, les politiciens [de tous bords, et notamment les personnalités toxiques comme Sarkozy ou Mélenchon], les chefs religieux, les gourous en tout genre, les idéologues de tous bords, les militants/manifestants/prosélytes qui meublent psychologiquement leurs vies avec des certitudes idéologiques et/ou religieuses qu'ils veulent imposer aux autres, etc.). Pour te donner une idée de ce que j'aime pratiquer ou voir pratiqué en matière d'humour, je me permets de renvoyer à une tentative de partage d'humour satirique (avec un dessin de feu Pétillon visant le Vatican) que j'avais faite dans un autre fuseau, il y a quelques années (Yyr avait détesté, et j'imagine qu'Elendil a dû ne pas aimer aussi, mais je continue pour ma part de trouver pertinente et savoureuse l'ironie de Pétillon) : ce message
Dans le fuseau en question, en 2018, votre serviteur Wrote:...souvenir de lecture satirique, remontant au pontificat de Benoît XVI. En 2009, dans son édition du dimanche 8 mars, sortie la veille au soir, L'Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège, avait célébré la journée du dimanche en question (journée internationale des droits des femmes) en présentant la machine à laver comme étant peut-être ce qui a « le plus participé à l'émancipation des femmes occidentales au XXe siècle »... ce qui avait inspiré au regretté Pétillon (disparu en septembre 2018) un savoureux dessin paru dans Le Canard enchaîné du mercredi suivant (11 mars 2009).
- Lien hypertexte direct vers le dessin satirique en question : https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1...s_2009.png
Je pourrais aussi parler des dessins satiriques anciens, ceux du XIXe siècle ou des années 1900-1910 par exemple, qui arrivent encore, au moins pour certains d'entre-eux, à me faire sourire plus d'un siècle après leur publication, qu'ils traitent de politique, de religion ou de mœurs (je parle de certains de ces dessins dans mon livre encore en cours d'écriture, et je pourrais le faire un peu ici aussi, si cela intéresse [ce ne serait pas « hors-sujet », en tout cas])...
Ce que j'aime également, en matière d'humour, c'est le sens de l'autodérision, à savoir être capable de rire de soi-même et de ses propres convictions (ce qui est généralement très difficile pour les idéologues et peut-être plus encore pour les religieux, qui se méfient volontiers du rire et peuvent y réagir violemment, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, pour ne citer qu'eux). Un tel sens de l'humour n'annule pas lesdites convictions que l'on peut avoir, mais il aide assurément à avoir du recul par rapport à elles, sans quoi l'autocritique est impossible, ce qui n'est jamais une bonne chose. Comme je l'ai souvent dit, ici ou ailleurs, on ne fait pas de travail sérieux en se prenant au sérieux. Voila pourquoi ton amusement concernant le fait que je me dise plutôt socialiste ne me touche pas plus que ça, en fait : c'est une réaction, à vrai dire, peu surprenante quand on pense aux idées reçues qui circulent aujourd'hui comme hier sur les idéaux socialistes et l'idée que l'on s'en fait en fonction de son petit point de vue, toujours plus ou moins orienté. Silmo a voulu défendre les idéaux en question, avec ses mots, et ses références qui recoupent en partie les miennes (mais en partie seulement : Jules Ferry, bof, bof, sans même parler du colonialisme, il s'est renié s'agissant de la séparation de l'Église et de l'État, et concernant le développement de l'instruction publique, Victor Duruy avait tout de même déjà agi sous Napoléon III). Je le remercie encore d'avoir pris le temps de le faire, même si je n'aurai pas réagi de la même façon que lui si j'avais répondu en premier : après tout, ce n'est pas si fréquent de ne pas se sentir isolé ici ou ailleurs...
« Mon » socialisme, comme je l'ai écrit dans mon message inaugural, est tempéré par un scepticisme « mitigé » : cela veut notamment dire que je ne fais pas partie des gens qui croient en « l'Homme Nouveau » de la société sans classes comme d'autres croient fermement au Péché originel et/ou en l'Immaculée Conception. Cela veut dire aussi que je ne suis pas aussi idéaliste que pouvait l'être un grand homme comme Jean Jaurès.
Par exemple, Jaurès avait une conception gradualiste de l'histoire et de la connaissance, excluant le scepticisme (tel qu'il le décrit) de l'éclectisme dont il se réclamait, éclectisme qu'il concevait comme une marche de l'esprit vers la vérité, [emphase]« une marche graduée et de plus en plus ferme vers une vérité de jour en jour plus vaste dans son ensemble et plus nette dans ses détails »[/emphase]. Pour moi, l'esprit évolue vers une possible vérité, vers ce que j'appelle la Conscience, mais je ne vois pas particulièrement ce cheminement comme « une marche graduée et de plus en plus ferme ». Je n'en ai pas moins beaucoup d'estime pour Jaurès, qui reste pour moi une référence en matière de socialisme notamment en raison du fait qu'il s'est d'abord construit philosophiquement lui-même avant de s'engager dans l'action politique, sans avoir été excessivement endoctriné dès le départ comme tant d'autres.
Mais je n'ai pas de rapport maladivement « religieux » à Jaurès, contrairement par exemple à un type détestable comme Mélenchon, ce mégalo démago qui, lorsqu'il était député (après avoir siégé pendant des lustres au Sénat, où la soupe était bonne), a stupidement voulu à tout prix poser ses misérables fesses exactement sur le même siège que Jaurès à l'Assemblée Nationale, et qui, parait-il, achète tous les 31 juillet des tartes aux fraises, ce que dégustait Jaurès au moment de son assassinat en 1914 : je trouve ce genre de comportement à la fois puéril, minable et écœurant (même si j'aime les tartes aux fraises par ailleurs). Tu t'inquiétais (inutilement), mon cher TB, « qu'on puisse croire un instant que [tu] ai[es] voulu tuer Jaurès une deuxième fois à l'insu de [t]on plein gré », mais d'autres s'en chargent bien assez, d'assassiner Jaurès à nouveau, à chaque fois qu'ils se réclament de lui pour servir leurs petits intérêts, leurs postures, leur ego... « Mon » socialisme est loin de tout ça, et donc parce que j'ai naturellement tendance à avoir du recul par rapport à l'idéologie en général, par rapport aux doctrines, aux dogmes, il en faudrait bien plus que ce tu as écrit pour que j'y vois quelque-chose de vraiment infamant, d'autant plus que, je le rappelle, j'avais bien vu le sourire qui l'accompagnait.
Bref, voila pour mon état d'esprit. Au-delà du côté potentiellement « offensant », Silmo a estimé que ton trait d'humour, mon cher TB, n'avait pas sa place dans cette discussion, et c'est vrai sur le principe : nous ne sommes pas dans l'Espace libre du forum. Toutefois, je serais mal placé pour me plaindre d'une digression dans une discussion, étant souvent pratiquant de la chose moi-même...
Non, le vrai problème n'est évidemment pas là, puisque j'ai parlé de sentiment de l'absurde. De fait, pour ce qui me concerne, le ras-le-bol que j'ai exprimé dépasse largement ton intervention qui se voulait humoristique : quand je dis que j'en ai ras-le-bol « de tout ça », cela va bien plus loin que le présent forum et bien plus loin que ce que j'appelle la planète Tolkien, et les sourires/émoticônes n'y peuvent pas grand-chose...
C'est une question de mal-être général, dans ce monde-là, ici et maintenant. Et ce n'est pas à cause du climat, hein : même si déplore toujours la dégradation de l'environnement et de la biodiversité, je ne suis pas « éco-anxieux » pour autant, peut-être parce je pense que la vie n'a pas besoin de l'humanité, de son maigre savoir et de ses pauvres croyances, pour continuer à poursuivre son but, sachant que, possiblement, comme l'a écrit Remy de Gourmont dans sa Physique de l'amour, [emphase]« l'idée même de but est une illusion humaine »[/emphase]...
Quant à la vie politique française actuelle, j'ai déjà rapidement évoqué précédemment sa médiocrité : en un quart de siècle de suivi des débats parlementaires, je n'ai jamais vu un niveau intellectuel aussi bas que celui s'exprimant durant la législature en cours, tandis que, de la « valeur travail » de Sarkozy au « sens de l'effort » de Macron, c'est toujours le même plat, « libéral », infect, qui nous est toujours servi... Le gouvernement actuel est minable, mais l'opposition (plurielle) actuelle l'est tout autant... Cela laisse, ces jours-ci à nouveau, comme il y a quelques années (avant les confinements), le champ libre à un climat de violence, propice à l'épanouissement de ce que Marx et Engels ont appelé le lumpenproletariat, une notion que la deuxième fille de Karl Marx, Laura Marx-Lafargue, a élégamment traduite en français par « voyoucratie ». Cette notion me parait assez bien correspondre aux casseurs, pillards, incendiaires de voitures, et autres agresseurs de biens et/ou de personnes, qui notamment « accompagnent » de nos jours, tels des charognards, les manifestations de rue par ailleurs légitimes, et qui en tant que « lumpen » sans conscience politique ou sociale (malgré les prétentions « anarchistes » de certains), servent objectivement les intérêts de l'ordre établi et les obsessions sécuritaires qui vont avec... Si je voulais ironiser, je dirais que ce n'est pas du tout comme ça que l'on va construire le socialisme...
Mais voila précisément que je digresse, à nouveau...
J'ai, en tout cas, assez écrit pour ce soir.
Peace and love,
B.
[EDIT: corrections de fautes diverses, et aussi de certaines phrases pour éviter, autant que possible, de donner l'impression d'envoyer des piques à... je ne sais qui en particulier...]

