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Expositions temporaires & musées
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Le 11 mai dernier, Silmo Wrote:Hyarion,
Une vie, ce serait bien long à raconter et ta curiosité ne sera pas toute satisfaite :/

Ma curiosité a aussi des limites, si cela peut te rassurer car il existe aussi un droit de ne pas savoir. En tout cas, je ne t'ai pas demandé de me raconter toute ta vie, <i>a fortiori</i> sur un forum ! ^^'

Merci cependant pour le partage. :-)

J'aurai voulu te répondre plus tôt... en profitant, si possible, d'un moment de bonne humeur... C'était justement le cas, me concernant, quelques jours après ton message, lorsque j'ai appris la nouvelle condamnation de Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont une année ferme, pour corruption active et trafic d'influence dans l'affaire Bismuth : une nouvelle comme celle-ci me met toujours en joie. Mais cela ne dure pas, généralement, et le moment recherché pour répondre s'est <i>in fine</i> souvent dérobé depuis un mois...

Me voila donc à présent en train de répondre, un peu en vrac...

Silmo Wrote:De 16 à 19 ans, ramasser les poubelles l'été de juin à septembre (pas de bennes automatiques, tout à la main, une tonne par jour, et mon dos aujourd'hui en compote en souffre encore).

Respect.
Personnellement, plus modestement, je n'ai fait cela qu'un été, à 19 ans, à ramasser les crottes de chien et les papiers gras dans les rues en juillet, puis à ramasser les poubelles en août en faisant des tournées en camion-benne, que ce soit en ville ou au fin fond de la cambrousse alentours. Je n'oublierai jamais l'odeur de la benne (je m'en rappelle à chaque fois que je croise un camion de ramassage des ordures), ni la puanteur des déchets organiques stockés derrière les supermarchés, ni le peu de respect témoigné pour les éboueurs dans la façon désinvolte dont certaines personnes préparaient leurs poubelles pour la collecte...

Silmo Wrote:Le reste est plus personnel Benjamin, ce n'est pas ici que je ferai ma bio familiale et intime.

Comme je l'ai dit plus haut François, ma curiosité a elle-même aussi des limites.

Silmo Wrote:Je dirai juste, pour ce qui est public, que ma "pride" fut dès la première manif gay à Paris en 1978. Mon mec, c'est ma vie depuis 1987. J'en suis fier et ce n'est pas récent : Quand gamin, je faisais des bêtises, mes parents ou nounou me demandaient "T'as pas de honte" et je me dressais comme un guerrier en répondant "Je n'aurai jamais de honte" (dès 4 ans, ce qui me valais ce qu'en Vendée, on appelle une "calotte" (une gifle) ou plus précisément dans l'Ile, une "hémorniffle") et sans jamais me démonter, donc pride à 2000 % forever.

Entre nous, si j'avais su cela plus clairement et plus tôt, cela m'aurait évité d'avoir à me contenter, pendant des années, de propos indirects, de on-dit, au sein ce que j'appelle la planète Tolkien, simplement parce que les gens ne savent pas y gérer de façon équilibrée cette fameuse "discrétion" ou "pudeur" qui peut finir par empêcher la juste appréhension d'autrui. Voila pourquoi j'apprécie toujours la franchise, même si c'est parfois au prix de moments désagréables, suivant les circonstances.

Les marches des fiertés ont justement eu lieu dans plusieurs villes en France samedi dernier. 14 000 manifestants ont notamment été comptabilisés à Toulouse par la police, et c'est vrai qu'il y avait du monde, pour ce que j'ai pu voir en passant.

Que pourrai-je te dire de plus, moi qui suis hétérosexuel et célibataire de longue date ? Si je devais hasarder un avis, qui vaut ce qu'il vaut, je dirais que, sur le principe, il n'y pas matière à être fier d'une orientation sexuelle quelle qu'elle soit, mais qu'il n'y a pas, en tout cas, à en avoir honte, car de mon point de vue, tous les goûts sont dans la nature, la sexualité humaine ne se distinguant guère en fait de celles d'autres animaux... mais c'est un vaste sujet. Je comprends que la revendication de fierté soit historiquement née de l'injonction sociale, et notamment religieuse, à avoir honte. De nos jours, je pense qu'il faudrait surtout parler de respect et de dignité, ce à quoi chacun devrait avoir droit, quelle que soit sa sexualité conçue comme étant entre adultes consentants, en lien ou non avec des questions de conjugalité et/ou de procréation, ce qui suppose donc de tenir aussi compte des femmes choisissant d'avorter, des personnes prostituées, etc.

J'ai lu, ces dernières années, le livre On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l'être du biologiste belge Jacques Balthazart : c'est un ouvrage intéressant, s'appuyant sur des bases scientifiques, celles de la neurobiologie, et qui me parait apporter un contribution sérieuse au débat de l'inné et de l'acquis. J'avoue trouver plutôt convaincants les arguments de l'auteur en faveur de l'inné. Si la science devait continuer à appuyer le propos de Jacques Balthazart, alors raison de plus pour ne pas discriminer autrui, ni le soumettre à je ne sais quelle "thérapie de conversion" aussi absurde que dangereuse.

Quand je pense à la situation où on en était il y a encore dix ans... Tout cela, au fond, au nom de la tyrannie des apparences qu'implique la norme et les "vraies valeurs"...
La radio France culture a évoqué, le mois dernier, le destin de certains enfants de la "Manif (dite) pour tous" s'étant plus tard découverts homosexuels, et je n'ai pas été surpris de leurs témoignages : https://www.radiofrance.fr/franceculture...us-5566181
Bon, entre nous, à l'époque, si on m'avait demandé de "choisir un camp" dans la rue, j'aurai écrit sur ma pancarte au bout d'un bâton « Le mariage pour personne »... mais je comprends cependant tout-à-fait que le droit au mariage revendiqué, et finalement obtenu, était en fait logiquement lié à une évolution historique du mariage en tant qu'institution, autonomisant progressivement l'union et la filiation, ce dont témoigne notamment la reconnaissance, à partir des années 1970, d'une égalité en droit entre enfants légitimes et enfants naturels nés hors mariage. Le reste est littérature, notamment théologique... voire même tolkienienne, mais précisément, ne le mêlons pas trop à des questions relatives à un réel passablement éloigné de son idéal conjugal-nataliste elfique...

Tiens, quitte à parler d'un écrivain, je citerais volontiers, en passant, Romain Gary. J'avoue que ce qu'il a dit à son ami François Bondy un jour de mars 1974, à propos de ce qu'il était prêt à dire publiquement dans un entretien sur lui et/ou sur les autres, me parle beaucoup :

[citation=Romain Gary, <i>La nuit sera calme</i>, récit (entretien avec François Bondy), Paris, Gallimard, 1974, rééd. Folio, 1976, 2021, p. 11-13.]François Bondy : <i>Tu te sens des obligations envers tes lecteurs ?</i>
Romain Gary : Aucune. Je ne suis pas d'utilité publique, mais je suis fidèle en amitié... comme tu le sais. Mais je te préviens que je ne vais pas <i>tout</i> dire, parce que je m'arrête à la dénonciation. Tu ne peux vraiment te « livrer » sans livrer les autres, ceux dont les secrets ont joué un rôle dans ta vie. Je veux bien accepter le « scandaleux » pour moi-même, mais je n'ai pas le droit d'exposer les autres, parce que pour moi « scandaleux » n'a pas du tout le même sens que pour eux. Il y a encore beaucoup de gens pour qui la nature est un scandale. La sexualité, par exemple. Et il y a les confidences. Les gens que je connais à peine se confient à moi avec une facilité assez étonnante. Je ne sais pas pourquoi ils font ça, je crois que c'est parce qu'ils savent que je ne suis pas de la police.
F.B. : <i>?!</i>
R.G. : Oui, ils sentent que je ne suis pas les règlements de police, lorsqu'il s'agit de la morale, que je ne juge pas selon les critères du faire-semblant. J'ai horreur du mensonge pieux, en matière de morale, je ne suis pas pour le trompe-l'œil. Je ne crois pas qu'en fermant les bordels on prouve qu'on n'est pas soi-même une pute. Lorsque tu condamnes l'avortement du plus haut de ta « morale », comme le fait l'Ordre des médecins, par exemple, tout en sachant qu'un million de bonnes femmes continueront à se faire torturer chaque année clandestinement, eh bien ! je dis que cette « élévation morale »-là, c'est de la bassesse. Cela relève d'une morale-caviar, d'un christianisme sans humilité, sans pitié et qui ignore la chambre de bonne. Le « caractère sacré de la vie » cela veut dire d'abord : <i>quelle</i> vie, quelle chance données ? Il y a des conditions de vie où le « caractère sacré de la vie », c'est du génocide... Mais la morale du règlement de police est aveugle, elle s'en fout, elle ne prend pas part, et c'est du petit-petit... petit-bourgeois ou petit-marxiste. Je parlerai donc avec la plus entière liberté de moi-même, mais pas des autres. Voilà mes raisons, voilà pourquoi j'ai accepté, et tu peux mener ton « interrogatoire » comme bon te semble. Je répondrai. Et puis, il y a peut-être des choses que je ne connais pas de moi-même et que tu m'apprendras en m'interrogeant. Et c'est peut-être remédiable. Ça m'étonnerait. Donc, vas-y.[/citation]

Allons, il est tard, et je ne voudrais pas que l'on m'accuse de trop digresser, alors j'abrège...

Silmo Wrote:Le reste ne t'intéressera que peu dans mes études consacrées aux vases ( la galerie Campana était le seul endroit du Louvre sans électricité jusqu'aux années 2000). J'y allais à 7h00 avec le passe-partout du musée qui reste aujourd'hui encore dans ma poche (Joconde et Grande Galerie tout seul avec les gens du ménage qui étaient des compagnons fort sympa). Quand je revois le documentaire "La Ville Louvre", ça me parle car j'ai connu ces sons et ces lumières du matin.

Je ne suis pas du matin, mais j'imagine que c'était un des meilleurs moments pour apprécier les lieux, dans ce contexte, et du moins à l'époque.

Silmo Wrote:L'épisode militaire attendra.

Je n'ai connu personnellement que la Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD) créée par Chirac, et qui d'ailleurs a changé de nom depuis, mais d'expérience, les récits de service militaire comportent assez souvent des anecdotes plus ou moins pittoresques.

Silmo Wrote:Rien à dire de plus, pour faire court.

C'est déjà pas mal. ;-)

Désolé pour le manque de concision. J'essaie de faire mieux avec mon bouquin.

<i>Dodo time</i>.

Amicalement,

B.


<small>[EDIT: corrections de fautes.]</small></small>
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