Elendil Wrote:Hyarion Wrote:Comme tu dois le savoir, et quoique cela ne soit pas non plus systématique, on peut assez facilement s'ennuyer durant une messe : j'en ai notamment plusieurs fois fait l'expérience quand j'étais enfant, comme d'autres gosses dans les même circonstances du reste, et même si je n'étais pas turbulent pour autant.
Je n'y allais pas régulièrement lorsque j'étais enfant, mais j'avoue volontiers que l'ennui était mon sentiment le plus fréquent dans ces circonstances. Je pense qu'il faut fournir un minimum d'explications et d'accompagnement si l'on souhaite qu'un enfant en profite, ce qui n'a pas été le cas pour moi. La messe est une expérience qui est soit mystique (si l'on a de la chance), soit très intellectuelle. C'est donc naturellement assez difficile pour les enfants, d'autant qu'avant un certain âge, il leur est difficile de rester calmes sans interruption pendant une heure.
En tout cas, maintenant que la question concerne la génération d'après, je constate qu'après une phase de turbulence intense vers deux ans, où l'objectif affiché était de courir partout, Eldacar et Almáriel sont beaucoup plus tranquilles et ne semblent plus s'y ennuyer. Les livres d'image y sont pour beaucoup. Etant plus posés, il leur arrive même de s'intéresser à ce qui se passe du côté de l'autel... ;)
<small>Sans être évidemment un grand spécialiste (mais faut-il forcément l'être quand on n'oublie pas que l'on a soi-même été un enfant ?), je pense qu'il n'est jamais évident de faire participer de trop jeunes enfants à ce genre d'activité, essentiellement destinée aux "grandes personnes", au moins avant l'âge de 3 ou 4 ans, les enfants développant alors leur horizon mental d'une façon qui ne tient pas encore pleinement compte de toutes les règles de vie en société (ou même seulement en famille). Cela vaut évidemment pour toute activité en public, hors connotation religieuse : la Cinémathèque de Toulouse propose, par exemple, des séances de films de cinéma pour tout-petits, en précisant "dès 3 ans" ou "dès 4 ans" comme minimum d'âge. Ceci étant dit, vis-à-vis du contexte de familles chrétiennes pratiquantes, je peux comprendre qu'il y ait aussi une question prosaïque de garde des enfants en bas âge qui se pose à l'heure d'assister aux offices, parallèlement à d'autres considérations proprement religieuses.
Pour ce qui me concerne, c'est essentiellement ma grand-mère qui m'emmenait à la messe, en ville ou à la campagne, à partir d'un âge où à la fois on ne pouvait me laisser seul à la maison et où j'étais déjà capable de "me tenir comme il faut", donc au plus tôt vers 5 ou 6 ans, je pense. Ce n'était pas très souvent, car on ne m'a jamais forcé en rien dans le domaine spirituel, mais c'était parfois mémorable. Je ne sais plus si j'ai déjà raconté ça, mais il est arrivé que j'assiste, dans l'église du grand village (ou petit bourg) rouergat à la sortie duquel se trouvait la maison de campagne dont j'ai déjà parlé ici et là, à certaines messes d'un curé de campagne lors desquelles celui-ci officiait généralement en habits sacerdotaux de style ancien, d'avant Vatican II, parfois en plein après-midi d'été avec seulement trois personnes dans l'église (lui, ma grand-mère et moi) et qui pouvait aller (quand il y avait du monde) jusqu'à faire un sermon en chaire (très impressionnant, surtout quand on est enfant et assis sur un banc juste en dessous de la chaire), dans cette vieille église rurale, au chevet et au transept romans, qui souffrit des guerres de religion entre catholiques et protestants et fut plusieurs fois restaurée. Il faudrait que j'aille vérifier sur place, mais dans mon souvenir, la chaire à prêcher, ancienne (possiblement du XVIIIe ou XIXe siècle), était accessible par un petit escalier en bois montant le long d'une colonne et était juste assez grande pour que le prêtre s'y installe debout le temps de son discours. Ce sont là de vieux souvenirs de la fin des années 1980 et du tout début des années 1990, et j'y repense tout de même avec le sourire car, s'agissant de ce curé de campagne, pour le moins traditionaliste, on a appris plus tard, après sa disparition, qu'il avait discrètement partagé sa vie, durant son ministère, avec une femme (la nature exacte de la relation resta cependant à l'appréciation de chacun, sachant que l'on était assez coutumier des racontars dans ce village, où l'on s'épiait volontiers). Tout cela contrastait en tout cas avec la vie religieuse que j'ai pu connaître parallèlement dès cette époque en ville, en particulier dans une paroisse organisée autour d'une église moderne construite au début des années 1960 et orientée dans le sens de Vatican II sur la forme comme sur le fond.
Pour en revenir à l'appréhension étant enfant de la messe de façon plus générale, comme je l'ai dit, il était assez facile de s'y ennuyer, mais j'essayais quand même de suivre ce qui se passait, ce qui se disait, et de me conformer aux rituels. S'asseoir, se lever, s'agenouiller, baisser la tête, faire les trois petits signes de croix sur le front, la bouche et le cœur, etc. : dans le mesure du possible, je m'efforçais de suivre le mouvement, même si on me disait parfois, du moins à certains moments, que je pouvais rester assis quand les adultes restaient debout. Comme j'étais déjà un lecteur assidu à l'époque, mais en principe sans me permettre de lire des livres personnels durant l'office, je m'efforçais de trouver de l'intérêt à la lecture d'un des missels disposés sur les bancs : amateur de livres sur les animaux, je trouvais qu'il n'en était pas beaucoup question dans le livre de prière, sauf pour évoquer un certain Agneau de Dieu de façon symbolique...
Plus tard est venu le temps de la participation à la communion — avec la question de savoir si l'hostie, que j'ai tout de suite préféré recevoir dans mes mains jointes plutôt que directement dans la bouche, était vraiment censée être le corps du Christ —, puis le développement naturel d'un nécessaire esprit critique vis-à-vis de l'Église, même si jeune adulte il m'arrivait encore d'accompagner à l'occasion ma grand-mère aux offices, tant qu'elle était autonome. Lors de ma visite à Rome il y a plus de 21 ans, quand j'étais étudiant (avec Berlu alors au pouvoir en Italie), c'est pour ma grand-mère que je suis allé jusqu'à la chapelle du Saint-Sacrement, ouverte uniquement pour la prière, dans la Basilique Saint-Pierre au Vatican... Encore aujourd'hui, alors que d'autres préfèrent doctement s'appuyer sur la TOB, c'est l'exemplaire de la <i>Bible de Jérusalem</i> de ma grand-mère, que je lui avais offert et qui m'est revenu à son décès, que je continue depuis à utiliser comme référence...
Enfin bref, étant personnellement aujourd'hui et depuis longtemps sensiblement éloigné d'un rapport de soumission de la raison à un paradigme religieux totalisant <i>quel qu'il soit</i> (chrétien, musulman ou autre...), mon rapport au catholicisme est pour le moins très personnel : j'avoue à cette aune, et songeant à certains échanges passés en ces lieux, que je ne suis pas sûr que les lecteurs inconditionnels, par exemple, d'un Rémi Brague (ce Chesterton mandarinal à la française, "catho-anxieux" ou du moins "catho-préoccupé" vis-à-vis de ce que Yyr a appelé ailleurs "une islamisation de nos référentiels", auteur souvent cité en ces lieux mais avec toutes les limites que cela suppose en matière de pertinence) puissent vraiment y comprendre quelque-chose... mais bon, pour conclure en restant amical sur ce terrain hélas toujours potentiellement miné : à chacun son vécu...</small>
Elendil Wrote:Hyarion Wrote:Cela fait quelques jours maintenant que j'ai de la compagnie animalière chez moi... Après les abeilles qui sont venus rendre visite aux fleurs de trèfle violet de mon balcon pour butiner, c'est au tour des oiseaux : un couple de rouges-queues (ou rougequeues) noirs (<i>Phoenicurus ochruros</i>) a installé son nid dans le conduit d'évacuation de ma chaudière VMC.
C'est très amusant, car il y a justement un couple de rouges-queues à bande blanche (si j'ai bien identifié l'espèce) qui s'est mis à nicher sur une poutre contre le mur de notre cuisine d'été.
<small>Le rouge-queue à front blanc (<i>Phoenicurus phoenicurus</i>) a plus ou moins la même taille que le rouge-queue noir (<i>Phoenicurus ochruros</i>) et ils ont tous les deux la queue rousse, mais le mâle du rouge-queue à front blanc se distingue par sa poitrine orangée et son bandeau blanc frontal, tandis que le mâle du rouge-queue noir se reconnaît à sa tâche blanche sur l'aile et à sa face et sa gorge noires. Les femelles des deux espèces se ressemblent beaucoup plus, outre leur queue également rousse, avec un plumage où se mêlent le gris et le brun, quoique le dessous de la femelle du rouge-queue à front blanc soit plus roussâtre et que celui de la femelle du rouge-queue noir soit lui plus gris.</small>
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1688936196_rouge-queue_noir_-_rouge-queue_a_front_blanc_-_oiseaux_d-europe.png" width="549" />
Elendil Wrote:J'observe les vas-et-viens pendant les repas, mais avec discrétion, car dès qu'ils constatent qu'on les observe, ils se réfugient dans l'arbre le plus proche.
<small>Je crois que les rouges-queues, quelle que soit l'espèce, ont en commun à la fois un comportement globalement peu farouche vis-à-vis de l'être humain dont ils ne craignent pas d'investir l'environnement mais aussi un réflexe de fuite ou de recul dès qu'ils se sentent observés : j'ai moi-même pu le vérifier plusieurs fois en voyant le mâle ou la femelle du couple de rouges-queues noirs ne pas hésiter à se poser sur le rebord de ma fenêtre située tout près de la chaudière, et y rester ainsi au moins quelques instants alors que je suis tout près, caché simplement derrière la vitre et un léger rideau blanc partiellement transparent, tandis que d'autres fois, je peux les voir adopter des mouvements de fuite ou parfois seulement de recul avec vol stationnaire (un peu comme les colibris) dès qu'ils m'aperçoivent à travers la fenêtre lorsque celle-ci est ouverte et que le rideau est tiré (ouvert lui aussi).</small>
Elendil Wrote:Je crains cependant que la nichée ne soit envolée lorsqu'arriveront les participants au moot.
<small>C'est fort possible, sachant du reste que le mois de juillet est une période un peu tardive pour une nichée du rouge-queue à front blanc, qui est un oiseau migrateur (visible de mars à octobre en France) dont la saison des amours en nos contrées coïncide surtout avec le printemps. Le rouge-queue noir est aussi migrateur (quoiqu'on puisse le voir toute l'année en France) mais peut continuer à nicher un peu plus tard durant l'été, jusqu'en août comme je l'ai évoqué précédemment. En ce qui me concerne, du côté du nid dans le conduit de ma chaudière, après plusieurs jours de nourrissage régulier de la part des parents, il semble que les trois ou quatre jeunes rouge-queues noirs se soient décidés à quitter le nid, pour de bon, pas plus tard que ce matin : l'un d'eux, plus maladroit que les autres pour ce qui est de se poser sur une hauteur en milieu urbain, a tout de même suivi le mouvement de l'envol général, et les voila donc tous partis en ce dimanche "pré-caniculaire", laissant le silence derrière eux. Les deux parents voletant toutefois encore un peu dans le secteur, je verrais bien si le couple décide de nicher à nouveau au même endroit, soit encore cet été ou bien l'année prochaine...</small>
Elendil Wrote:Quant aux mésanges charbonnières qui ont fait leur première nichée de l'année au printemps dans une des amphores décoratives du jardin, voilà longtemps qu'elles sont parties et j'ignore où elles ont fait leur nid après... je n'ai pas trop le temps de fureter pour les retrouver.
<small>Je vois parfois aussi des mésanges charbonnières dans mon quartier, parmi beaucoup d'autres oiseaux, outre le rouge-queue noir, qui apprécient le milieu urbain pour peu qu'il y aient des jardins, parcs et autres espaces verts : merle noir (dont la femelle, brune, ressemble un peu à la grive musicienne), moineau domestique, rouge-gorge familier, chardonneret élégant, martinet noir, étourneau sansonnet, tourterelle turque, pigeon ramier (ou palombe), pigeon biset, pie bavarde, etc., et même bergeronnette grise, mouette, goéland et grand cormoran lorsque l'on se rapproche du canal du Midi ou de la Garonne (depuis quelques années, dans certains quartiers de Toulouse, on peut aussi parfois voir et surtout entendre la perruche à collier, introduite en France...). Outre les pigeons, les oiseaux les plus visibles et actifs toute l'année de mon point de vue sont sans doute les merles noirs : ce sont eux que je vois (assez souvent en couple) et que j'entends chanter le plus fréquemment, autour de chez moi ou depuis mes fenêtres, les arbres, buissons et haies qu'ils apprécient ne manquant pas dans le coin.
Amicalement,
B.
<small>[EDIT (09/07/2023): correction de fautes et complément illustratif]
[EDIT 2 (10/07/2023): nouvelles corrections de fautes (on ne se relit jamais assez...)]</small></small>

