Elendil Wrote:Cela dit, ça ne vous plairait pas, une escapade d'un weekend à Arles ? Je suis sûr qu'Írimenya serait heureuse de vous revoir. :)
J'avoue que, depuis deux jours, j'hésite à te répondre, n'étant pas sûr que je sois inclus dans le « vous » que tu emploies... Mais comme tu m'a souvent invité à venir te (re)voir, je suppose que je ne peux exclure que tu t'adresses à la fois à moi et à Hiswelókë. Dès lors, comme je n'aime pas beaucoup le non-dit, je prends finalement donc le risque de réagir, même si cela devait éventuellement contrarier... allez savoir qui.
Tu revendiquais, ailleurs l'autre jour, d'avoir « toujours eu un faible pour le Dragon, cette créature qui [...] is not a tame drake. » Pour avoir jusqu'ici, plus ou moins régulièrement, fréquenté quelque peu le bestiau en question — pendant quelque 18 ans environ tout de même — sur son territoire de chasse, je peux dire que non seulement il n'a rien d'un canard apprivoisé, mais qu'il est une forme particulière d'animal sauvage pour laquelle on pourra toujours avoir un faible... en ne l'approchant que de temps en temps. À plus grande proximité de coexistence, disons que c'est un peu différent : comme avec tout animal sauvage, à la moindre maladresse, à la moindre erreur d'inattention, ou que sais-je d'autre, on peut s'exposer à des réactions pouvant parfois être pour le moins désagréables, et que l'instinct animal ne saurait d'ailleurs toujours excuser. En écrivant cela, je ne me « plains » pas, ne me pose pas en « victime » (ayant horreur de ça), et dis simplement ce qui est, de mon seul point de vue. Le temps a passé, avec ses strates de vécu s'ajoutant pour chacun, nous sommes tous faillibles, imparfaits, et nous avons tous nos limites, y compris en matière de patience et de capacité à maintenir l'équilibre dans certaines relations avec autrui : aujourd'hui, pour ma part, je crois que je n'ai tout simplement plus d'énergie à consacrer à d'éventuels nouveaux malentendus ou non-dits pesants qui nécessiteraient d'avoir, encore, à m'efforcer d'arrondir les angles après coup avec le Dragon. Si les choses devaient s'améliorer entre nous un jour, espérons-le toujours, il faudra que cela vienne de lui, même si pour ma part, la porte reste ouverte (mon projet de livre, si laborieux à conclure par mea culpa, reste d'actualité me concernant, et on verra bien si le Dragon de Brume — comme « entité », si elle existe encore le moment venu — voudra toujours du résultat in fine, mais aussi bien est-ce là une autre histoire). D'ici là, je suppose qu'il vaut mieux donc sans doute ne pas forcément nous associer à travers une invitation à venir vous voir, toi et Írimë, même si je te remercie de la renouveler... en supposant toujours en être en partie destinataire.
Ceci étant dit, me concernant, il pourrait évidemment être envisagé de venir faire un tour dans votre coin de Provence, même si ce ne serait vraisemblablement pas, hélas, l'occasion d'y vérifier ta curieuse hypothèse de cigales mutantes suçant la sève de vos rosiers au lieu de celle des arbres (la saison estivale propice à la recherche des cigales habituelles sera alors, en novembre, terminée depuis longtemps). En ce qui concerne les modalités pratiques d'une escapade à Arles et, pourquoi pas, dans ses environs, pour le weekend dont il est question, la principale difficulté me concernant viendrait du caractère parfois aléatoire de la liaison ferroviaire entre Toulouse et Marseille, avec des incidents pouvant entrainer des retards parfois assez importants : je ne peux pas raisonnablement prendre le risque de me retrouver, un dimanche soir, avec un gros retard de train sur le chemin du retour la veille d'un jour de boulot. La situation aurait bien sûr été différente si la table ronde en question avait eu lieu le samedi ou alors plus tôt dans la journée du dimanche, sachant qu'en repartant éventuellement avant l'heure de cette rencontre pour prendre moins de risque, il serait dommage de faire ainsi l'impasse dessus en étant venu quand même pour le weekend. Et puis, par ailleurs, si le Dragon voulait malgré tout y aller de son côté, peut-être vaudrait-il mieux que je passe mon tour de toute façon. Ce n'est pas grave : comme je l'avais dit la dernière fois (en 2021, et cela fera certes bientôt deux ans déjà), il y aura sans doute d'autres occasions pour moi de repasser dans le coin.
Je m'excuse, évidemment, si jamais il devait s'avérer que je n'ai pas compris ce qu'il y avait au juste derrière le « vous ».
Amicalement,
B.
P.S. & N.B. : à quelques mots près (« espérons-le toujours »), mon présent message a été écrit avant qu'ait été posté celui auquel je vais ensuite répondre cordialement dans un autre fuseau. Mon état d'esprit reste en tout cas bienveillant, quoique l'on pourra éventuellement en penser (j'avoue être ce soir, du reste, de bonne humeur, pour avoir notamment reçu aujourd'hui un colis en provenance de Grande-Bretagne, contenant un vieux livre d'art fort intéressant attendu depuis le début du mois, et qui sera donc arrivé dans ma boîte au lettres juste avant que ne commence, ce mercredi, la visite d'État du roi Charles III en France pendant trois jours, ce que j'espérais bien vu les délais de livraison initialement annoncés !).

