<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698808683_fellini_la_dolce_vita_-_final_plage.jpg" width="669" />
Federico Fellini est mort il y a tout juste trente ans, le 31 octobre 1993, à l'âge de 73 ans (trois ans avant la mort de Marcello Mastroianni, son « double cinématographique », à 72 ans).
Je repense à Fellini cette nuit en me disant que si j'avais mieux connu son cinéma à l'époque où je m'étais décidé à répondre au fuseau du portrait chinois, j'aurais sans doute rajouté Fellini aux autres cinéastes cités pour compléter la phrase « Si j'étais un film [de cinéma], ce serait sans doute un film de... ». Même si je ne connais pas (encore) tous les films de Fellini, j'en ai vu et revu suffisamment, ces dernières années et surtout ces derniers mois, pour sentir que l'œuvre de ce cinéaste fait partie de ce cinéma que j'ai appris à apprécier depuis mon jeune âge.
Je repense aussi, à cette occasion, à l'idée évoquée ponctuellement par notre ami Semprini, l'année dernière dans un autre fuseau, que Fellini aurait pu réaliser une adaptation du <i>Seigneur des Anneaux</i>... J'avais alors répondu, dans ledit fuseau, que le <i>SdA</i> me semblait ne pas vraiment correspondre à l'imaginaire fellinien, mais je me suis souvenu depuis d'un passage du film <i>Amarcord</i> (1973) montrant un enfant engagé sur le chemin de l'école, chemin noyé dans la brume, dans une atmosphère propice au surgissement de tous les possibles, une vache aux grandes cornes dans <i>Amarcord</i>, ou tout autre chose dans une scène où, toujours dans la brume, un hobbit serait à la place de l'enfant...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698808524_fellini_amarcord_-_1_chemin_de_l-ecole.jpg" width="669" />
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698808634_fellini_amarcord_-_2_chemin_de_l-ecole.jpg" width="669" />
Avec un grand réalisateur comme Fellini, qui accordait une place essentielle à l'imagination mêlée au réel, qui s'intéressait par ailleurs à la psychanalyse jungienne (comme notamment son confrère John Boorman), au fond, tout pouvait sans doute être possible, même si je persiste à trouver sa personnalité, y compris sur le terrain de l'imaginaire, fort éloignée de celle de Tolkien, lequel n'aurait sans doute guère apprécié le rapport personnel de Fellini à l'onirisme, au catholicisme, à la sexualité, aux femmes, à la critique de la société, aux mythes antiques (dans <i>Fellini Satyricon</i> notamment), avec ce mélange de finesse du regard sur les sujets dont il s'emparait et de goût pour l'introduction dans ses films d'éléments percevables comme ambivalents ou fantaisistes et pouvant être imprégnés aussi bien de fantastique que de grotesque.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698808805_fellini_satyricon_-_minotaure.jpg" width="669" />
Parmi les films de Fellini que je connais, outre les célèbres chefs-d'œuvre que sont <i>La Dolce Vita</i> (1960) et <i>Otto e mezzo</i> (<i>Huit et demi</i>, 1963), <i>Roma</i> ou <i>Fellini Roma</i> (1972) est un de ceux que j'apprécie le plus dans son ensemble. Comme l'a bien défini Jean A. Gili dans <i>Fellini. Le magicien du réel</i> (Gallimard, 2009), [emphase]« le film se développe en visions successives et autonomes, Fellini laissant au spectateur le soin d'en découvrir par lui-même le sens global »[/emphase].
Il y a, entre autres, ce regard d'une courtisane dans la séquence consacrée aux maisons closes que Fellini a connu dans sa jeunesse...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698809671_fellini_roma_-_2_maison_de_luxe.jpg" width="669" />
...et ce moment singulier de confrontation entre passé et présent de la Ville éternelle dans la séquence de découverte de fresques romaines sur le chantier du métro, fresques antiques qui s'effacent presque aussitôt au contact de l'air contemporain...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698809706_fellini_roma_-_1_fresque_romaine_disparaissant.jpg" width="669" />
Et il y a, évidemment, la très savoureuse séquence du défilé de mode ecclésiastique, mise en scène d'une façon à la fois drôle et somptueuse, accompagnée de la musique de Nino Rota...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698809998_fellini_roma_-_3_defile_-_modele_no2_tourterelles_immaculees.jpg" width="669" />
<small>Modèle N°2 : « Tourterelles immaculées »</small>
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810101_fellini_roma_-_4_defile_-_modele_sport_au_paradis_toujours_plus_vite.jpg" width="669" />
<small>Modèle sport : « Au Paradis toujours plus vite » (en français dans le texte)</small>
Cette séquence du défilé, avec conclusion pontificale grandiose, me parait être, d'une certaine manière, comme une réponse humoristique à ce que Fellini fait dire, dans un savoureux passage d'<i>Otto e mezzo</i>, au personnage de l'écrivain Daumier joué par Jean Rougeul, consultant auprès du personnage du cinéaste Guido Anselmi (double de Fellini) joué par Marcello Mastroianni, à propos des rapports personnels ambivalents qu'aurait Guido avec le catholicisme et sa critique de celui-ci, ce que révèlerait le propos de son projet de film qu'il n'arrive pas à terminer.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810156_fellini_otto_e_mezzo_-_rougeul_1.jpg" width="669" />
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810214_fellini_otto_e_mezzo_-_rougeul_2.jpg" width="669" />
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<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810325_fellini_otto_e_mezzo_-_rougeul_4.jpg" width="669" />
Ceci étant dit, si je devais choisir une image dans le cinéma de Fellini qui me parle particulièrement, ce serait la vision subjective d'un train roulant sur de vieux rails vers l'entrée d'un tunnel qui figure au début (voie droite) et à la fin (voie faisant un virage) du film <i>La Città delle donne</i> (<i>La Cité des femmes</i>, 1980)...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810391_fellini_la_citta_delle_donne_-_tunnel_ouverture.jpg" width="669" />
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810429_fellini_la_citta_delle_donne_-_tunnel_final.jpg" width="669" />
C'est une image qui symbolise bien le rapport ambiguë entre rêve et réalité cher à Fellini... et à titre personnel, cela me rappelle que c'est durant des voyages en train, entre veille et sommeil et avec précisément quelques traversées de tunnels, que j'ai notamment imaginé progressivement mon projet de livre à l'achèvement sans cesse reporté... projet dont je commence à craindre à présent, suite à l'accumulation de soucis personnels, qu'il ne connaisse le même destin, <i>mutatis mutandis</i> évidemment, que <i>Le Voyage de G. Mastorna</i>, très ambitieux projet de film que Fellini ne pu jamais mener à bien, pour des raisons diverses... mais n'en disons pas plus. Les films de Fellini m'auront aidé à m'occuper l'esprit ces derniers temps : merci à ce grand cinéaste, disparu il y a trente ans mais dont l'œuvre parle encore aujourd'hui.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810596_federico_fellini_marcello_mastroianni_sophia_loren_-_set_otto_e_mezzo.jpg" width="669" />
<b>RIP Federico Fellini (1920-1993)</b>
<i>Peace and Love</i>,
B.
Federico Fellini est mort il y a tout juste trente ans, le 31 octobre 1993, à l'âge de 73 ans (trois ans avant la mort de Marcello Mastroianni, son « double cinématographique », à 72 ans).
Je repense à Fellini cette nuit en me disant que si j'avais mieux connu son cinéma à l'époque où je m'étais décidé à répondre au fuseau du portrait chinois, j'aurais sans doute rajouté Fellini aux autres cinéastes cités pour compléter la phrase « Si j'étais un film [de cinéma], ce serait sans doute un film de... ». Même si je ne connais pas (encore) tous les films de Fellini, j'en ai vu et revu suffisamment, ces dernières années et surtout ces derniers mois, pour sentir que l'œuvre de ce cinéaste fait partie de ce cinéma que j'ai appris à apprécier depuis mon jeune âge.
Je repense aussi, à cette occasion, à l'idée évoquée ponctuellement par notre ami Semprini, l'année dernière dans un autre fuseau, que Fellini aurait pu réaliser une adaptation du <i>Seigneur des Anneaux</i>... J'avais alors répondu, dans ledit fuseau, que le <i>SdA</i> me semblait ne pas vraiment correspondre à l'imaginaire fellinien, mais je me suis souvenu depuis d'un passage du film <i>Amarcord</i> (1973) montrant un enfant engagé sur le chemin de l'école, chemin noyé dans la brume, dans une atmosphère propice au surgissement de tous les possibles, une vache aux grandes cornes dans <i>Amarcord</i>, ou tout autre chose dans une scène où, toujours dans la brume, un hobbit serait à la place de l'enfant...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698808524_fellini_amarcord_-_1_chemin_de_l-ecole.jpg" width="669" />
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698808634_fellini_amarcord_-_2_chemin_de_l-ecole.jpg" width="669" />
Avec un grand réalisateur comme Fellini, qui accordait une place essentielle à l'imagination mêlée au réel, qui s'intéressait par ailleurs à la psychanalyse jungienne (comme notamment son confrère John Boorman), au fond, tout pouvait sans doute être possible, même si je persiste à trouver sa personnalité, y compris sur le terrain de l'imaginaire, fort éloignée de celle de Tolkien, lequel n'aurait sans doute guère apprécié le rapport personnel de Fellini à l'onirisme, au catholicisme, à la sexualité, aux femmes, à la critique de la société, aux mythes antiques (dans <i>Fellini Satyricon</i> notamment), avec ce mélange de finesse du regard sur les sujets dont il s'emparait et de goût pour l'introduction dans ses films d'éléments percevables comme ambivalents ou fantaisistes et pouvant être imprégnés aussi bien de fantastique que de grotesque.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698808805_fellini_satyricon_-_minotaure.jpg" width="669" />
Parmi les films de Fellini que je connais, outre les célèbres chefs-d'œuvre que sont <i>La Dolce Vita</i> (1960) et <i>Otto e mezzo</i> (<i>Huit et demi</i>, 1963), <i>Roma</i> ou <i>Fellini Roma</i> (1972) est un de ceux que j'apprécie le plus dans son ensemble. Comme l'a bien défini Jean A. Gili dans <i>Fellini. Le magicien du réel</i> (Gallimard, 2009), [emphase]« le film se développe en visions successives et autonomes, Fellini laissant au spectateur le soin d'en découvrir par lui-même le sens global »[/emphase].
Il y a, entre autres, ce regard d'une courtisane dans la séquence consacrée aux maisons closes que Fellini a connu dans sa jeunesse...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698809671_fellini_roma_-_2_maison_de_luxe.jpg" width="669" />
...et ce moment singulier de confrontation entre passé et présent de la Ville éternelle dans la séquence de découverte de fresques romaines sur le chantier du métro, fresques antiques qui s'effacent presque aussitôt au contact de l'air contemporain...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698809706_fellini_roma_-_1_fresque_romaine_disparaissant.jpg" width="669" />
Et il y a, évidemment, la très savoureuse séquence du défilé de mode ecclésiastique, mise en scène d'une façon à la fois drôle et somptueuse, accompagnée de la musique de Nino Rota...
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<small>Modèle N°2 : « Tourterelles immaculées »</small>
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<small>Modèle sport : « Au Paradis toujours plus vite » (en français dans le texte)</small>
Cette séquence du défilé, avec conclusion pontificale grandiose, me parait être, d'une certaine manière, comme une réponse humoristique à ce que Fellini fait dire, dans un savoureux passage d'<i>Otto e mezzo</i>, au personnage de l'écrivain Daumier joué par Jean Rougeul, consultant auprès du personnage du cinéaste Guido Anselmi (double de Fellini) joué par Marcello Mastroianni, à propos des rapports personnels ambivalents qu'aurait Guido avec le catholicisme et sa critique de celui-ci, ce que révèlerait le propos de son projet de film qu'il n'arrive pas à terminer.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810156_fellini_otto_e_mezzo_-_rougeul_1.jpg" width="669" />
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Ceci étant dit, si je devais choisir une image dans le cinéma de Fellini qui me parle particulièrement, ce serait la vision subjective d'un train roulant sur de vieux rails vers l'entrée d'un tunnel qui figure au début (voie droite) et à la fin (voie faisant un virage) du film <i>La Città delle donne</i> (<i>La Cité des femmes</i>, 1980)...
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C'est une image qui symbolise bien le rapport ambiguë entre rêve et réalité cher à Fellini... et à titre personnel, cela me rappelle que c'est durant des voyages en train, entre veille et sommeil et avec précisément quelques traversées de tunnels, que j'ai notamment imaginé progressivement mon projet de livre à l'achèvement sans cesse reporté... projet dont je commence à craindre à présent, suite à l'accumulation de soucis personnels, qu'il ne connaisse le même destin, <i>mutatis mutandis</i> évidemment, que <i>Le Voyage de G. Mastorna</i>, très ambitieux projet de film que Fellini ne pu jamais mener à bien, pour des raisons diverses... mais n'en disons pas plus. Les films de Fellini m'auront aidé à m'occuper l'esprit ces derniers temps : merci à ce grand cinéaste, disparu il y a trente ans mais dont l'œuvre parle encore aujourd'hui.
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1698810596_federico_fellini_marcello_mastroianni_sophia_loren_-_set_otto_e_mezzo.jpg" width="669" />
<b>RIP Federico Fellini (1920-1993)</b>
<i>Peace and Love</i>,
B.

