Tu as raison Didier, Yyr aurait dû écrire "pas seulement dans le tonnerre et les éclairs mais aussi dans « le murmure d'une brise légère » (1R 19,12)", mais il a opéré ce raccourci parce que son propos concernait l'essence du christianisme (pour faire le lien avec la foi vécue par Tolkien au quotidien, et donc dans son activité aussi d'écrivain), qui est bien de manifester les fruits de l'Esprit, dont la douceur (Ga 5,22), avec l'appel à être "imitateur de Dieu" c'est-à-dire à "marcher dans l'amour" (Eph 5, 1-2). L'extraordinaire de la puissance (le tonnerre, les éclairs, le vent impétueux) ne sont ni la norme des manifestations de Dieu dans la Bible, encore moins la part des chrétiens puisque prérogative divine en des tournants de l'histoire biblique de la révélation de Dieu aux hommes.
On lit un texte avec une culture, un passé, des opinions qui nous sont propres et chacun le reçoit différemment. Evidemment, tous les lecteurs de la Bible ne se convertissent pas [small](et on peut même aller jusqu'à dire que tous ceux qui se convertissent n'auraient pas dû la lire si c'est pour la détourner, de même que tous ceux qui voient dans le Seigneur des Anneaux une œuvre catholique ne sont pas animés de bonnes intentions ou veulent y voir une allégorie, à mille lieues du projet tolkienien)[/small].
On peut même penser que la majorité des lecteurs de la Bible ne se convertissent pas. Mais la plupart de ceux qui se convertissent ont un rapport avec elle, que ce soit directement ou avec une oeuvre (parole, écrit ou action) qui, sans forcément chercher à porter un témoignage volontaire, entretient un rapport explicite ou implicite avec elle. Rares sont ceux qui ont une expérience fondatrice directe avec le Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob et de Jésus-Christ ("directe" dans le sens d'une absence de rapport aucun avec la révélation biblique).
Pour ce qui concerne l'écriture de Tolkien, lorsqu'il lui arrive de faire signe vers le texte biblique (ses thèmes ou des sources qui se fondent sur lui) ou la tradition catholique, je n'y vois aucun geste apologétique, mais un travail d'entretissage soucieux d'être porteur de sens et ce, dans Le Seigneur des Anneaux, sans jamais prendre le pas sur le récit proprement dit.
S.
Hiswelokë Wrote:Yyr a écrit :Pour ma part, j'ai compris que le propos d'Yyr était de ne pas exagérer la distinction entre les notions d'"écrivain catholique" et de "catholique écrivain". S'il s'agit donc de dire que l'oeuvre de Tolkien est porteuse d'une dimension spirituelle, chrétienne et même catholique, cet argument me semble probant.
j'en connais d'autres (personnes) pour qui l'œuvre tolkienienne a été déterminante dans leur conversion ...
L'argument est encore plus délicat, à utiliser une particularité personnelle comme généralité. On connait tous une voisine de palier dont l'ami d'un oncle connaît un gars qui... On peut ainsi en trouver que l’œuvre tolkienienne aura conduit à d'autres choix que le catholicisme. J'en connais, donc. Je reste incertain que cela ajoute à tout propos.
On lit un texte avec une culture, un passé, des opinions qui nous sont propres et chacun le reçoit différemment. Evidemment, tous les lecteurs de la Bible ne se convertissent pas [small](et on peut même aller jusqu'à dire que tous ceux qui se convertissent n'auraient pas dû la lire si c'est pour la détourner, de même que tous ceux qui voient dans le Seigneur des Anneaux une œuvre catholique ne sont pas animés de bonnes intentions ou veulent y voir une allégorie, à mille lieues du projet tolkienien)[/small].
On peut même penser que la majorité des lecteurs de la Bible ne se convertissent pas. Mais la plupart de ceux qui se convertissent ont un rapport avec elle, que ce soit directement ou avec une oeuvre (parole, écrit ou action) qui, sans forcément chercher à porter un témoignage volontaire, entretient un rapport explicite ou implicite avec elle. Rares sont ceux qui ont une expérience fondatrice directe avec le Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob et de Jésus-Christ ("directe" dans le sens d'une absence de rapport aucun avec la révélation biblique).
Pour ce qui concerne l'écriture de Tolkien, lorsqu'il lui arrive de faire signe vers le texte biblique (ses thèmes ou des sources qui se fondent sur lui) ou la tradition catholique, je n'y vois aucun geste apologétique, mais un travail d'entretissage soucieux d'être porteur de sens et ce, dans Le Seigneur des Anneaux, sans jamais prendre le pas sur le récit proprement dit.
S.

