02-12-2023, 20:51
Hisweloke Wrote:Yyr Wrote:Non que cette opposition en elle-même n'ait pas de sens (on peut très bien rencontrer des chrétiens qui ne le sont plus dans leurs œuvres : écrivains, médecins, enseignants ...)
Je ne crois pas, au souvenir de ma lecture, que ce soit une opposition dans ce sens restreint, et je crains aussi que ta parenthèse soit une sorte de carabistouille, du moins formulée ainsi de façon fort rapide, si tu me le permets: il ne s'agit certainement pas de ne plus l'être dans son œuvre, là n'est pas le véritable débat et le centre. Car c'est bien une question de centrage (du discours, et au-delà, de la perspective offerte), beaucoup plus fine que cela... De même que la distinction avec Lewis ne relève pas effectivement de savoir qui serait plus ceci ou cela que l'autre...
Tu fais très bien de titiller. Et tu as raison de recentrer. Oui je suis d'accord avec ce que tu dis pour expliciter la dichotomie de Leo en parlant d'une question de centrage et de perspective offerte. Je suis d'accord, tout comme je suis d'accord avec le caractère non explicite, etc. Et je suis d'accord avec ce qu'en dit Hyarion aussi, si l'on met derrière la notion d'écriture catholique celle d'un projet spécifiquement catholique, etc.
Ce que je conteste, et ce que tu m'aides à préciser, Didier, c'est le syntagme de « catholique auteur » ou de « catholique écrivain » ce qui, inévitablement, sépare indûment les deux qualités, à mon sens. Je pense que ce hiatus n'est pas étranger au fait que Laurent termine sa conférence (remarquable ! je suis honteux de pinailler d'une certaine manière mais c'est parce que sa conférence est remarquable et me dépasse par ailleurs que je me le permets) par une [emphase]« blessure irréparable »[/emphase], un monde [emphase]« à sauver »[/emphase], ce qui semble [emphase]« au-delà de tout espoir »[/emphase], en en restant à l'héroïsme de Maldon, alors que Tolkien opère justement une transformation de cette fatalité et de cet héroïsme dans son œuvre à lui (c'est toute l'eucatastrophe !). Et je pense que ce hiatus est finalement intenable : ainsi de Leo qui dit [emphase]« partir en voyage spirituel »[/emphase] en lisant Tolkien et termine par [emphase]« Tolkien théologien »[/emphase] ! En gros, je suis d'accord avec cette question de centrage, mais pas avec une façon de l'exprimer qui va au-delà : pour éviter le risque d'abus qu'il y aurait à parler d'écrivain ou d'auteur catholique (au sens où il aurait écrit une œuvre apologétique, ou dont l'appréciation serait réservée aux chrétiens, ou que sais-je ... certes non !!!), il faudrait parler de catholique écrivain ou auteur, un syntagme bizarre [small](mais qui me fait aussi penser à Obélix : [emphase]« vous aimez mon chien petit ? »[/emphase])[/small] dont l'insistance sépare les qualités : le remède est pire que le mal, de mon point de vue.
Pour le reste, à la suite de Sosryko qui corrige avec raison et avec l'équilibre dont je manque certainement, j'aurais pour ma part précisé mon affirmation par les deux versets suivants : [emphase]« Les disciples Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ? Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda, disant : Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés.… »[/emphase] (Luc 9,54-55). Plus largement, dans la foi chrétienne, la clef d'interprétation de l'Ancien Testament est le Christ. C'est à partir de lui que l'Église interprète le reste. Idem pour ce qu'ont pu faire Charlemagne ou les Croisés ;). On pourrait se pinailler et se titiller sur les autres points à l'occasion, ce serait un réel plaisir (et certainement profitable pour moi). Peut-être oralement, pour m'éviter d'argumenter à l'emporte-pièce, à ce qu'il semble ;).

