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Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux
<small><i>Quelque temps plus tard...</i>

Je ne sais pas quand la série télé Amazon des "Anneaux de Pouvoir" reviendra à nouveau sur le devant de la scène avec une nouvelle saison, mais c'est peu de dire que l'absence d'attente vis-à-vis d'elle reste constante me concernant...

Je me permets de remonter ce fuseau parce que l'on y a parfois parlé aussi d'autres productions audiovisuelles, et que, comme j'ai déjà pu l'écrire ailleurs, depuis l'automne de l'année dernière, je me suis décidé à retourner de temps en temps dans les salles obscures, et ce jusqu'en octobre dernier, après quoi la motivation a de nouveau fondue, face à une offre d'aujourd'hui qui continue à ne pas beaucoup me parler, l'accumulation des soucis s'arrangeant rien (même si je n'ai pas renoncé, pour autant et par ailleurs, mais lorsque j'ai encore le temps, aux visites de musées, aux concerts classiques [tant que je peux], et au visionnage de films en DVD)...

Or il se trouve que je viens justement de retrouver les tickets de séances de cinéma pour les quelques films récents que j'ai vus sur grand écran depuis novembre 2022...

Inventaire :
  • <i>La Maison</i> d'Anissa Bonnefont, d'après le roman/récit/autofiction homonyme d'Emma Becker. Je n'aime pas le genre littéraire contemporain de l'autofiction, qui reflète trop souvent un privilège de "bobo" produisant du vide nombriliste, mais j'ai fait une exception pour ce roman-ci et donc pour le film qui en est librement inspiré, en raison du sujet traité — la prostitution, ici vue d'un regard féminin. Le film m'a paru, dans l'ensemble, plutôt correct, sachant tous les clichés (souvent misérabilistes) que l'on risque toujours de trouver dans un long métrage traitant d'un tel sujet : dans ce cas-ci, malgré la maladresse de certains passages (pour lesquels il aurait parfois mieux valu rester proche du roman de Becker), la prétention réaliste de certains éléments pourtant téléphonés (le jugement de la famille d'Emma sur son activité, par exemple) et la persistance de préjugés à l'égard du sujet (influence du porno, etc.), le film tient globalement la route, l'inévitable couplet moralisateur m'ayant paru avoir été mis davantage en veilleuse que d'habitude, ce qui contribue déjà en soi à rendre ce long métrage regardable, de mon point de vue ;
  • <i>Avatar 2 : la voie de l'eau</i> de James Cameron. Je suis allé à la séance à reculons, car j'ai toujours détesté le côté mégalomane de Cameron et la promotion pachydermique de ses films à chacune de leur sortie en salles. Cependant, après une première demi-heure laborieuse où l'on s'efforce de justifier le film comme étant la suite du précédent, je reconnais que l'on se laisse prendre par l'histoire, certes cousue de fil blanc (comme d'habitude), de cette fable écologique, truffée par ailleurs de références à d'autres longs métrages célèbres de Cameron ;
  • <i>Caravage</i> (<i>L'Ombra di Caravaggio</i>) de Michele Placido. De facture assez classique, mais sans être lourdement didactique pour autant, ce film constitue une bonne évocation de la vie tourmentée du peintre et de sa créativité, dans le contexte violent, inégalitaire et intolérant de son temps (fin XVIe, début XVIIe siècle ; Caravage est mort la même année qu'Henri IV en France, en 1610). La photographie du film est excellente, mettant en valeur les teintes que l'on retrouve dans la peinture du Caravage, dont les tableaux, et ceux d'autres peintres de l'époque (dont Artemisia Gentileschi, qui apparait dans le film) ont été reproduits en imitant les textures d'origine, pour plus de crédibilité. Malgré quelques petits problèmes de post-synchronisation des voix pour cette production franco-italienne, le casting du film m'a paru à la hauteur du sujet traité. Les décors et les costumes sont réalistes, avec notamment ce qu'il faut de saleté, comme dans un autre film "biopic" assez récent, sur un autre génie de l'époque : <i>Michel-Ange</i> d'Andreï Konchalovsky (ou Kontchalovski), un autre bon long métrage sur la création et ses tourments, vu sur grand écran en mai 2021 (c'était alors la première fois que je revenais dans un cinéma depuis... l'été précédent !) ;
  • <i>John Wick : chapitre 4</i> de Chad Stahelski. Je n'avais jusque-là encore jamais vu sur grand écran un film de la série "John Wick", ayant découvert le premier long métrage de ladite série à la télé, quelques jours avant d'aller voir au cinéma, par curiosité, ce quatrième film, dont l'action se passe en partie à Paris (notamment à Montmartre et jusqu'à l'intérieur du musée du Louvre). Le fait de savoir que Stahelski dit s'être inspiré de <i>Point Blank</i> (<i>Le Point de non-retour</i>, 1967) de John Boorman (à mes yeux, un des meilleurs films de Boorman avec <i>Excalibur</i>) pour développer le personnage de John Wick, m'a aidé notamment à faire le parallèle entre, d'une part, la séquence très amusante du film de Boorman se passant dans une boîte/discothèque psychédélique californienne (le Movie-House) et se finissant par une baston, et d'autre part les séquences de bagarre de Wick comme celle se passant, dans ce quatrième film de la franchise, dans une discothèque berlinoise pour laquelle la Alte Nationalgalerie de Berlin a servi de décor extérieur : ainsi, avec ce type de référence cinéphile, le film d'action de Stahelski peut-il être regardé avec une appréciable dimension de second degré ;
  • <i>Jeanne du Barry</i> de Maïwenn. Tourné dans des décors magnifiques et avec des costumes somptueux, c'est un bon film historique, qui peut se regarder comme tel, sans forcément penser qu'il est aussi une manière pour la cinéaste de raconter sa vie à travers celle de la dernière favorite du roi Louis XV ;
  • <i>Il Beomo</i> de Petr Václav. Un excellent film historique, dont l'action se passe au XVIIIe siècle comme le précédent cité, et qui évoque pour sa part la vie en Italie du musicien et compositeur pragois Josef Mysliveček (1737-1781), admiré par le jeune Mozart. <i>Il Beomo</i> a été présenté comme étant dans le sillage d'<i>Amadeus</i> et de <i>Barry Lyndon</i>, sans avoir cependant la frénésie du premier (ce qui est plutôt un avantage) ni l'ampleur biographique du second (ce qui sert plutôt le propos, concentré sur la carrière italienne — à Venise, Naples, Rome... — de la vie de Mysliveček). Ce beau long métrage, notamment par le grand soin accordé à la reconstitution historique, en matière de décors, de costumes, de contexte culturel (celui du siècle des Lumières et de la façon dont on jouait la musique à cette époque), est à la hauteur de l'oeuvre musicale méconnue de ce compositeur, certes moins important que ses contemporains Haydn et Mozart dans l'histoire de la musique de ce temps, mais qui mérite de ne pas être oublié ;
  • <i>Indiana Jones et le Cadran de la destinée</i> de James Mangold. Une conclusion correcte de la série "Indiana Jone" au cinéma, sachant cependant qu'il était difficile de faire pire que le film précédent sorti en 2008, et ce malgré le fait que le thème du voyage dans le temps ne soit pas en soi très intéressant (car notamment trop aberrant scientifiquement). Harrison Ford s'en sort honorablement, mais vu son âge avancé, il était franchement plus que temps que la série s'arrête. Le premier film de cette série, <i>Les Aventuriers de l'arche perdue</i> (<i>Raiders of the Lost Ark</i>, 1981), reste à mes yeux le meilleur de tous, et un des rares films de Steven Spielberg que je peux revoir aujourd'hui avec plaisir (globalement, la "magie" de ce cinéaste ne "marche" plus sur moi) ;
  • <i>Oppenheimer</i> de Christopher Nolan. Le premier film de Nolan que j'ai pris la peine d'aller voir sur grand écran depuis <i>Interstellar</i>... C'est un bon "biopic" sur Robert Oppenheimer (1904-1967), monumental dans sa facture mais dans lequel le cinéaste fait l'effort d'être didactique vu la complexité du sujet. Le film, intéressant, demande de l'attention de la part du spectateur, mais j'avoue que je n'ai pas vu passer les trois heures de projection.

À cela s'ajoute quelques vieux films vus ou revus cette année sur grand écran, à la Cinémathèque de Toulouse :
  • <i>Les Tueurs</i> (<i>The Killers</i>, 1946) de Robert Siodmak, avec notamment Burt Lancaster et Ava Gardner ;
  • <i>La Dame de Shanghai</i> (<i>The Lady from Shanghai</i>, 1947) d'Orson Welles, qui est un des chefs-d'œuvre de Welles : je suis allé aux deux séances programmées ;
  • <i>Péché mortel</i> (<i>Leave Her to Heaven</i>, 1945) de John M. Stahl ;
  • <i>Basic Instinct</i> (1992) de Paul Verhoeven, déjà revu sur grand écran à la Cinémathèque de Toulouse, mais il y a déjà de très nombreuses années (vers 2005) ;
  • <i>La Dolce Vita</i> (1960) de Federico Fellini, chef-d'œuvre revu pour la première fois sur grand écran, en version restaurée, et lors de ce qui a été la dernière séance de cinéma me concernant pour le moment, au début du mois d'octobre dernier.

Aurai-je à nouveau à la fois le temps et la motivation pour retourner dans les salles obscures à l'avenir ? On verra bien...
Restent les films à voir ou à revoir en DVD, "à l'ancienne"... et parfois aussi quelques séries télé, diffusées en dehors des plateformes payantes, notamment sur la chaîne ARTE...

<i>Peace and Love</i>,

B.</small>
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