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Le Retour du Roi
#50
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1703006022_la_dame_de_shanghai_-_the_lady_from_shanghai_-_orson_welles_-_1947_-_everybody_is_somebody-s_fool_-_on_est_tous_l-idiot_de_quelqu-un_d-autre_.jpg" width="669" />
<small><i>The Lady From Shanghai</i> (Orson Welles, 1947)</small>

Hisweloke Wrote:
ISENGAR Wrote:Je voulais dire "nous les sachants", bien sûr ]:D .

Guère plus clair, que j'dis, doutant d'où commence et où se termine un "savoir" --- et tout aussi obscur que la "planète Tolkien" ou le fanariat évoqués ici ou là etc. -- de vastes mots que ces "nous" et "eux", entités mal définies, aux frontières plus que vagues: des expressions rapides sans doute illusoires, dans la pure tradition du sophisme de l'épouvantail. Ou je m'goure, moi et les mots ;-)

L'autre jour, en privé, tu m'as dit : « Et on arrête de s'envoyer des piques sur un forum, d'accord ? » Et je t'ai répondu « D'accord », avec sincérité. :-)

Ce n'est donc pas moi qui te parlerai de « Didier, le sophiste (à ce qu'on dit) » comme tu t'étais qualifié toi-même (on ne sait plus guère pourquoi...) dans un mythique fuseau de 2002, mais restons-en tout de même aux mots que tu juges hâtifs et vagues chez tes interlocuteurs.

Évoquant plus particulièrement des mots de votre serviteur, Hisweloke Wrote:--- et tout aussi obscur que la "planète Tolkien" ou le fanariat évoqués ici ou là etc. --

Il me semble qu'il n'y a vraiment d'obscurité dans les termes « planète Tolkien » et <i>fanariat</i> que pour les personnes qui ne veulent pas (ou plus) d'emblée jouer le jeu de la dialectique (et ce des années durant...), faute de temps ou que-sais-je d'autre (personnellement, du temps, j'en ai moins que jamais en ce moment, et pourtant j'écris encore ici, là, maintenant...). As-tu seulement lu, par exemple, le livre <i>Les Mondes de l'art</i> de Howard S. Becker que je t'ai plusieurs fois cité par le passé ? Toi qui t'es parfois réclamé de la maïeutique socratique, m'as-tu déjà interrogé sérieusement, en ces lieux par exemple, sur ce que j'entends en utilisant ces notions de « planète Tolkien » et de <i>fanariat</i>, auxquelles j'ai tout de même « un peu » réfléchi avant de me décider à en faire usage ? <small>C'est comme pour mon projet de livre : tu m'as un jour « arraché » une version encore fort brouillonne de celui-ci, peut-être simplement pour savoir si ce projet existait bien, et j'avais donc fini par céder mais... après cela, tu ne m'en as plus jamais parlé (eh oui, jamais : c'est toujours moi qui t'en ai parlé ensuite, peut-être pour que tu n'oublies pas...)...</small> Et après, on s'étonne de ne pas comprendre certaines de mes actions ou réactions et certains de mes propos... Bref, si tu voulais un jour vraiment en savoir plus sur ce que j'entends par tel ou tel terme et que l'on y réfléchisse éventuellement (tous) ensemble, la porte reste ouverte, à condition de ne pas balayer certains mots d'un revers de main comme peuvent le faire... les sophistes, justement. :-)

À Yyr, Hisweloke Wrote:Faut bien secouer la tête de temps en temps... Sinon on s'endort (ou on répète les mêmes carabistouilles) :D :p :lol:

Dit-il après avoir si longtemps (trop longtemps à mes yeux, mais ce n'est que mon avis !) cultivé l'art équivoque du silence et du non-dit (qui peut aussi bien être une affaire d'endormissement après tout)... ;-)
Ceci dit sans agressivité, hein, comme presque toujours : quand je parle de « pavé », par exemple, c'est pour simplement désigner un « pavé d'écriture » de ma main nécessitant un certain temps de lecture, et non un pavé de rue jeté agressivement par quelque pseudo-rebelle pseudo-anarchiste... Voila pourquoi on pourra parler seulement, au maximum me concernant, de « petite pique », et encore... même si certaines attitudes peuvent effectivement finir par me fatiguer et même finir parfois par me mettre un peu en colère, j'entends bien rester bienveillant ! :-)

Un jour d'août 2022 sur le forum d'à côté, pour lever quelque malentendu typiquement forumesque, notre ami JR/Isengar m'a fait l'amitié d'expliciter (de manière flatteuse !) l'état d'esprit dans lequel j'ai tendance à intervenir sur les forums/fora, et en particulier sur JRRVF (il n'y a plus guère que là que j'interviens maintenant, du reste, comme il y a presque vingt ans, à mes débuts...) :

Sur Tolkiendil, un jour d'été, à propos de votre serviteur, ISENGAR Wrote:Derrière les flèches de cet archer aussi habile qu'un Legolas sous pression se cache un garçon prolixe et agréable, qui aime manier une forme de provocation dont le but est de faire réagir et réfléchir son interlocuteur :-)

Ni plus, ni moins, finalement. ^^'

Que l'on réagisse donc, autant que possible, à bon escient (en secouant aussi évidemment sa propre tête [cela vaut pour chacun !]) et que l'on réfléchisse donc — pour essayer de chercher la vérité ensemble et non pour amener autrui à sa seule conception de « LA Vérité » (là, sur le principe, je reconnais penser davantage à Yyr qu'à Hiswelókë, que je respecte néanmoins aussi bien l'un que l'autre) —, et ainsi je n'aurais peut-être pas (ou plus) l'impression d'avoir en vain tant écrit en ces lieux...

Et si jamais ce que je viens d'écrire devait susciter des jugements regrettables, ma foi, je n'oublie pas la juste formule qu'Orson Welles emploie vers la fin de son excellent film <i>La Dame de Shanghai</i>, évoqué en préambule du présent message : [emphase]<i>“Everybody is somebody's fool.”</i>[/emphase] ^^'

[séparation]

Pour en revenir à l'anniversaire qu'a voulu signaler JR dans le présent fuseau, je n'ai sans doute pas grand-chose de neuf à dire.
Les films de la première trilogie de PJ m'ont paru être des bons films en soi à l'époque (2001-2004), ce que je n'avais pas caché en ces lieux lors de mon arrivée, et ces films m'ont fait alors en tout cas revenir à Tolkien, même si je suis content d'avoir pu connaître l'œuvre littéraire de cet auteur avant la sortie en salles desdits films.

On m'a demandé oralement mon avis l'autre jour, au boulot, concernant les adaptations (avant la série Amazon, qui n'est même pas vraiment une adaptation d'ailleurs). J'ai dit ce que j'en pense aujourd'hui. La deuxième trilogie de PJ est globalement un gâchis et un râtage à peu près complet (même si j'avais fait l'effort de rester modéré dans mes critiques en ces lieux à l'époque, en 2012-2014). Concernant la première trilogie dudit PJ, je trouve que le gâchis est nettement moins important, ne serait-ce que parce que la structure narrative du roman original a été respectée, et je continue de penser que le tout premier film de 2001, <i>La Communauté de l'Anneau</i>, a de belles qualités introductives vis-à-vis de l'univers tolkienien, tandis que les deux autres films de cette trilogie comportent, de plus en plus au fil de la narration, trop d'éléments finissant par altérer le propos, notamment en matière de violence mise en scène par un réalisateur venant du cinéma d'horreur.

Le personnage tolkienien le plus maltraité par PJ restera Legolas, d'abord accomplissant grotesquement ses prouesses guerrières sur un bouclier dans un escalier et sur un pauvre oliphant n'ayant rien demandé dans la première trilogie, puis sautillant stupidement dans des parcours plus ou moins vidéoludiques dans la deuxième trilogie.

Je continue de trouver équilibrée la place d'Arwen dans le premier film de 2001, comme j'ai pu l'écrire ailleurs en 2019.

Reste surtout le travail d'Alan Lee et de John Howe pour ces films, même si j'ai aussi pris du recul par rapport à cela. Lorsque j'ai enfin eu l'occasion de rencontrer Alan Lee l'année dernière, lors d'une séance de signatures dans une librairie à Bordeaux, j'ai préféré lui faire signer autre chose qu'une édition illustrée du <i>SdA</i>, notamment des volumes homériques de Rosemary Sutcliff pour lesquels Lee a illustré des scènes de l'Iliade et de l'Odyssée, il y a bien longtemps... Je lui avais aussi remis une lettre, avec des questions liées à mon projet de livre : l'essentiel était de m'assurer de la lui remettre en main propre, même s'il n'y a jamais répondu (sauf indirectement lors d'un entretien pour Christian Bourgois Éditeur, mis en ligne en décembre 2022 et à l'occasion duquel j'avais réussi à faire passer une question sur Niënor/Níniel et une autre sur la musique de Debussy, que nous apprécions tous les deux : https://www.youtube.com/watch?v=U-S2THPlrkw ). Il m'arrive de penser à lui quand je vois un tableau de Claude Le Lorrain ou de Turner.
Quant à John Howe, j'ai pris progressivement conscience du côté parfois un peu trop auto-centré du personnage, même si je continue d'apprécier certains aspects de son travail, notamment autour de la couleur.

Quant à PJ... j'avoue que je ne pense plus beaucoup à lui, ni à ses films. C'est loin tout cela, maintenant... Moins loin, « historiquement », certes, que le cinéma d'Alfred Hitchcock, d'Orson Welles, de John Huston, de Federico Fellini, de Stanley Kubrick, de Sergio Leone, de Paul Verhoeven ou de John Boorman. Mais c'est ce cinéma-là qui, aujourd'hui plus encore qu'hier, me parle bien davantage.

Amicalement (à toutes et à tous),

B.

<small>P.S. (22h37) : je viens de tomber sur la rediffusion du film <i>Le Plaisir</i> (1952) de Max Ophüls, ce soir sur la chaîne ARTE. Il y avait longtemps que je n'avais pas revu ce chef-d'œuvre. La partie centrale du long métrage, une très bonne adaptation de <i>La Maison Tellier</i> de Maupassant, avec notamment Danielle Darrieux, Jean Gabin et Pierre Brasseur, est toujours aussi excellente, superbement filmée par Ophüls, tantôt drôle et tantôt émouvante... la rencontre du plaisir avec la pureté, pour reprendre les mots du narrateur de ce beau film...</small>
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