<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1706025060_mozart_portrait_inacheve_par_joseph_lange_1782_detail.jpg" width="369" />
Ah, Mozart... Depuis que j'ai été initié à la musique dite classique (c'était il y a bien longtemps, quand j'étais encore enfant... et même si je ne suis pas issu d'une famille de musiciens), j'ai toujours apprécié son œuvre colossale, même quand j'ai pris connaissance plus tard de certains commentaires francophobes dans sa correspondance (commentaires que je peux cependant comprendre, dans le contexte professionnel et personnel très difficile que connu Mozart durant son dernier séjour à Paris en 1778, séjour lors duquel mourut sa mère qui l'accompagnait, et dans le contexte plus général du XVIIIe siècle - qui n'était pas celui des nationalismes du siècle suivant mais plutôt celui, entre autres, d'une haute société parisienne d'Ancien Régime pouvant être, même à l'égard d'un génie comme Mozart, facilement méprisante [est-ce toutefois au fond si différent depuis la Révolution ?]).
De Mozart, même si je connais aussi ses opéras et ses œuvres de musique sacrée, j'ai toujours particulièrement aimé sa musique instrumentale, en premier lieu les concertos et les symphonies. Surtout les concertos, et tout spécialement les concertos pour piano et orchestre. Le premier CD de Mozart que l'on m'a offert – un cadeau de ma grand-mère maternelle au début de l'adolescence – contenait un enregistrement des concertos pour piano et orchestre n°25 (KV 503) et n°5 (KV 175) interprétés par Murray Perahia et l'English Chamber Orchestra. On m'offrit ensuite un deuxième CD, avec les concertos pour piano n°14 (KV 449) et n°26 dit « du Couronnement » (KV 537) interprétés par Maria João Pires et l'Orchestre Philharmonique de Vienne (Wiener Philarmoniker) dirigé par Claudio Abbado. Cela m'a beaucoup influencé, car depuis les années 1990, j'ai beaucoup écouté ces enregistrements, et je le fais encore régulièrement. Perahia et Pires sont de grands pianistes mozartiens. À partir de là, j'ai découvert progressivement les autres concertos pour piano, notamment d'abord au hasard des diffusions à la radio, puis à travers l'écoute d'une quasi-intégrale par Murray Perahia et l'English Chamber Orchestra (quasi-intégrale en 10 CDs des 27 concertos pour piano, sauf les n° 7 et 10, « remplacés » dans le dernier CD par les rondos pour piano et orchestre KV 382 et 386, pièces remarquables quoique plus courtes qu'un concerto). Plus tard, je me suis aussi intéressé aux autres enregistrements de concertos pour piano de Mozart par Maria João Pires avec Abbado, pour Deutsche Grammophon, à savoir, outre les n°14 et 26 déjà cités, les concertos pour piano n° 17, 20, 21, 23 et 27. D'un point de vue général, j'apprécie plus particulièrement certains de ces 27 concertos piano de Mozart : par exemple, le concerto n°9 dit « Jeunehomme » (KV 271), ou les concertos n°20 (KV 466), n°21 (KV 467), n°22 (KV 482), n°23 (KV 488) et n°24 (KV 491), qui comptent parmi les plus célèbres (surtout les n°20, 21 et 23). Mais ce sont cependant les concertos pour piano n°5, 14, 25 et 26, ceux que j'ai découvert en premier quand j'étais plus jeune, qui restent mes concertos préférés, pour des raisons éminemment personnelles : quoiqu'il arrive, j'y reviens toujours.
Tu as mentionné, Elendil, les quatre concertos pour cor, que j'avais personnellement eu la curiosité d'écouter lorsque, à l'adolescence, après les premières découvertes à travers des CDs offerts, je me constituais une collection de CDs de musique classique bon marché comme cela était possible à la fin du siècle dernier, faute de ne pouvoir acheter que des CDs avec des interprètes prestigieux, forcément plus chers. Mais il faudrait mentionner aussi bien d'autres concertos de Mozart, pour d'autres instruments solistes avec orchestre. De ses concertos pour violon, j'apprécie personnellement le concerto pour violon et orchestre n°3 (KV 216), ainsi que cette œuvre particulière qu'est sa Symphonie concertante pour violon et alto (KV 364). Et bien que Mozart ne se soit pas beaucoup intéressé à la flûte traversière, j'apprécie particulièrement les trois œuvres concertantes qu'il y a consacré : il se trouve qu'un autre CD de Mozart que l'on m'avait offert à l'adolescence contenait précisément des enregistrements d'interprétations, par Jean-Pierre Rampal, des deux concertos de Mozart pour flûte et orchestre (KV 313 et 314) et de son célèbre concerto pour flûte et harpe avec orchestre (KV 299) composé à Paris en 1778.
Quant aux symphonies de Mozart, j'apprécie surtout les plus tardives parmi les 41 traditionnellement connues et numérotées par Köchel (pour mémoire, « KV » = « Köchelverzeichnis »), notamment les Symphonies n°35 dite « Haffner » (KV 385), n°39 (KV 543), n°40 (KV 550) et, surtout, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » (KV 551) qui est ma préférée et aussi celle que j'ai découvert en premier, là encore à l'adolescence – des années de jeunesse décidément décisives en matière de goûts mozartiens me concernant ! À noter que – mais il me semble, Damien, que je t'en avais déjà parlé en privé il y a quelque temps – le chef d'orchestre Nikolaus Harnoncourt, autre éminent mozartien (décédé en 2016, comme on s'en souvient), avait une théorie selon laquelle les trois dernières symphonies de Mozart (n° 39, 40 et 41), composées en seulement six semaines en 1788, pourraient constituer en fait les trois parties d'un grand oratorio instrumental dudit Mozart. Harnoncourt a enregistré, une dernière fois, les trois symphonies dans cet esprit il y a une dizaine d'années, avec son orchestre fait d'instruments anciens, le Concentus Musicus Wien, un album double CD de l'enregistrement étant sorti par la suite. Le résultat est intéressant à l'écoute, même si cela n'empêche pas, à mon avis, de continuer à apprécier chacune des trois symphonies pour elle-même, surtout donc la n°41 me concernant, et à travers d'autres interprétations. En novembre 2022, à la Halle aux Grains, j'avais pu assister à un concert de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse interprétant les Symphonies n°40 et 41 de Mozart sous la direction (particulièrement enthousiaste, dans mon souvenir) de la cheffe d'orchestre américano-taïwanaise Mei-Ann Chen.
Ces temps-ci, je dois bien reconnaître que la réécoute d'œuvres de Mozart m'aide et m'accompagne dans l'accomplissement d'un certain nombre de tâches pénibles... mais Mozart n'est pas seul à m'aider et à m'accompagner. J'ai déjà fait allusion l'autre jour à Berlioz, que je réécoute beaucoup, et il faudrait que je reparle aussi de Debussy, de Wagner, de Ravel... Peut-être plus tard.
<i>Peace and Love</i>,
B.
Ah, Mozart... Depuis que j'ai été initié à la musique dite classique (c'était il y a bien longtemps, quand j'étais encore enfant... et même si je ne suis pas issu d'une famille de musiciens), j'ai toujours apprécié son œuvre colossale, même quand j'ai pris connaissance plus tard de certains commentaires francophobes dans sa correspondance (commentaires que je peux cependant comprendre, dans le contexte professionnel et personnel très difficile que connu Mozart durant son dernier séjour à Paris en 1778, séjour lors duquel mourut sa mère qui l'accompagnait, et dans le contexte plus général du XVIIIe siècle - qui n'était pas celui des nationalismes du siècle suivant mais plutôt celui, entre autres, d'une haute société parisienne d'Ancien Régime pouvant être, même à l'égard d'un génie comme Mozart, facilement méprisante [est-ce toutefois au fond si différent depuis la Révolution ?]).
De Mozart, même si je connais aussi ses opéras et ses œuvres de musique sacrée, j'ai toujours particulièrement aimé sa musique instrumentale, en premier lieu les concertos et les symphonies. Surtout les concertos, et tout spécialement les concertos pour piano et orchestre. Le premier CD de Mozart que l'on m'a offert – un cadeau de ma grand-mère maternelle au début de l'adolescence – contenait un enregistrement des concertos pour piano et orchestre n°25 (KV 503) et n°5 (KV 175) interprétés par Murray Perahia et l'English Chamber Orchestra. On m'offrit ensuite un deuxième CD, avec les concertos pour piano n°14 (KV 449) et n°26 dit « du Couronnement » (KV 537) interprétés par Maria João Pires et l'Orchestre Philharmonique de Vienne (Wiener Philarmoniker) dirigé par Claudio Abbado. Cela m'a beaucoup influencé, car depuis les années 1990, j'ai beaucoup écouté ces enregistrements, et je le fais encore régulièrement. Perahia et Pires sont de grands pianistes mozartiens. À partir de là, j'ai découvert progressivement les autres concertos pour piano, notamment d'abord au hasard des diffusions à la radio, puis à travers l'écoute d'une quasi-intégrale par Murray Perahia et l'English Chamber Orchestra (quasi-intégrale en 10 CDs des 27 concertos pour piano, sauf les n° 7 et 10, « remplacés » dans le dernier CD par les rondos pour piano et orchestre KV 382 et 386, pièces remarquables quoique plus courtes qu'un concerto). Plus tard, je me suis aussi intéressé aux autres enregistrements de concertos pour piano de Mozart par Maria João Pires avec Abbado, pour Deutsche Grammophon, à savoir, outre les n°14 et 26 déjà cités, les concertos pour piano n° 17, 20, 21, 23 et 27. D'un point de vue général, j'apprécie plus particulièrement certains de ces 27 concertos piano de Mozart : par exemple, le concerto n°9 dit « Jeunehomme » (KV 271), ou les concertos n°20 (KV 466), n°21 (KV 467), n°22 (KV 482), n°23 (KV 488) et n°24 (KV 491), qui comptent parmi les plus célèbres (surtout les n°20, 21 et 23). Mais ce sont cependant les concertos pour piano n°5, 14, 25 et 26, ceux que j'ai découvert en premier quand j'étais plus jeune, qui restent mes concertos préférés, pour des raisons éminemment personnelles : quoiqu'il arrive, j'y reviens toujours.
- <b>Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Concerto pour piano et orchestre n°25 (KV 503) en ut majeur, I. Allegro maestoso</b>, Murray Perahia (piano et dir.), English Chamber Orchestra : https://www.youtube.com/watch?v=zhnvtAHEr-0
- <b>Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano et orchestre n°26 dit « du Couronnement » (KV 537) en ré majeur, II. [Larghetto]</b>, Maria João Pires (piano), Wiener Philarmoniker, dir. Claudio Abbado (enregistrement public, 1990) : https://www.youtube.com/watch?v=B2lwM6g-cLQ
Tu as mentionné, Elendil, les quatre concertos pour cor, que j'avais personnellement eu la curiosité d'écouter lorsque, à l'adolescence, après les premières découvertes à travers des CDs offerts, je me constituais une collection de CDs de musique classique bon marché comme cela était possible à la fin du siècle dernier, faute de ne pouvoir acheter que des CDs avec des interprètes prestigieux, forcément plus chers. Mais il faudrait mentionner aussi bien d'autres concertos de Mozart, pour d'autres instruments solistes avec orchestre. De ses concertos pour violon, j'apprécie personnellement le concerto pour violon et orchestre n°3 (KV 216), ainsi que cette œuvre particulière qu'est sa Symphonie concertante pour violon et alto (KV 364). Et bien que Mozart ne se soit pas beaucoup intéressé à la flûte traversière, j'apprécie particulièrement les trois œuvres concertantes qu'il y a consacré : il se trouve qu'un autre CD de Mozart que l'on m'avait offert à l'adolescence contenait précisément des enregistrements d'interprétations, par Jean-Pierre Rampal, des deux concertos de Mozart pour flûte et orchestre (KV 313 et 314) et de son célèbre concerto pour flûte et harpe avec orchestre (KV 299) composé à Paris en 1778.
- <b>Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour flûte, harpe et orchestre (KV 299) en ut majeur, III. Rondeau : Allegro</b>, Jean-Pierre Rampal (flûte), Marielle Nordmann (harpe), Franz Liszt Chamber Orchestra, dir. János Rolla : https://www.youtube.com/watch?v=3II7CaszCI0
Quant aux symphonies de Mozart, j'apprécie surtout les plus tardives parmi les 41 traditionnellement connues et numérotées par Köchel (pour mémoire, « KV » = « Köchelverzeichnis »), notamment les Symphonies n°35 dite « Haffner » (KV 385), n°39 (KV 543), n°40 (KV 550) et, surtout, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » (KV 551) qui est ma préférée et aussi celle que j'ai découvert en premier, là encore à l'adolescence – des années de jeunesse décidément décisives en matière de goûts mozartiens me concernant ! À noter que – mais il me semble, Damien, que je t'en avais déjà parlé en privé il y a quelque temps – le chef d'orchestre Nikolaus Harnoncourt, autre éminent mozartien (décédé en 2016, comme on s'en souvient), avait une théorie selon laquelle les trois dernières symphonies de Mozart (n° 39, 40 et 41), composées en seulement six semaines en 1788, pourraient constituer en fait les trois parties d'un grand oratorio instrumental dudit Mozart. Harnoncourt a enregistré, une dernière fois, les trois symphonies dans cet esprit il y a une dizaine d'années, avec son orchestre fait d'instruments anciens, le Concentus Musicus Wien, un album double CD de l'enregistrement étant sorti par la suite. Le résultat est intéressant à l'écoute, même si cela n'empêche pas, à mon avis, de continuer à apprécier chacune des trois symphonies pour elle-même, surtout donc la n°41 me concernant, et à travers d'autres interprétations. En novembre 2022, à la Halle aux Grains, j'avais pu assister à un concert de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse interprétant les Symphonies n°40 et 41 de Mozart sous la direction (particulièrement enthousiaste, dans mon souvenir) de la cheffe d'orchestre américano-taïwanaise Mei-Ann Chen.
- <b>Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonies n° 39, 40 et 41 (KV 543, 550 et 551)</b>, Concentus Musicus Wien, dir. Nikolaus Harnoncourt (enregistrement public, 2014) : https://www.youtube.com/watch?v=k-X5898HzDo
Ces temps-ci, je dois bien reconnaître que la réécoute d'œuvres de Mozart m'aide et m'accompagne dans l'accomplissement d'un certain nombre de tâches pénibles... mais Mozart n'est pas seul à m'aider et à m'accompagner. J'ai déjà fait allusion l'autre jour à Berlioz, que je réécoute beaucoup, et il faudrait que je reparle aussi de Debussy, de Wagner, de Ravel... Peut-être plus tard.
<i>Peace and Love</i>,
B.

