Je reviens de chez mon libraire, avec le dernier <i>Bifrost</i> dans mon sac-à-dos, la "revue des mondes imaginaires" consacrant son dossier à... l'intelligence artificielle...
Dans le lot (qui a l'air très intéressant), un entretien (p. 128-131) avec l'illustratrice Saralisa Pegorier, et évidemment une question sur le sujet de Midjourney et de ses <b>I</b>névitables <b>A</b>colytes. La réponse est intéressante :
[citation=Saralisa Pegorier, <i>Bifrost</i>, no 113, 2024, p. 130. ]Ce sont des outils fascinants et ultrapuissants, c'est vrai, mais je ne les regarde pas d'un très bon oeil. D'une part d'un point de vue éthique, car le pillage de données me gêne beaucoup, les IA avalent le travail de milliers de milliers de créateurs, réassemblent et régurgitent ça en quelques secondes sans aucun souci de propriété intelletuelle et de droits d'auteur. D'autre part, comme toute mécanisation du travail, le risque à terme est qu'elles remplacent beaucoup d'emplois à moindre coût. Pour l'instant, elles singent parfaitement l'artiste, mais je trouve qu'elles n'arrivent pas à insuffler une quelconque émotion ou vibration dans ce qu'elles produisent, elles n'ont pas de "savoir-faire" au sens artisanal du terme. Si on regarde bien, leurs images ont presque toujours les mains qui clochent ou un truc bizarre de ce côté-là, ça m'amuse de penser que c'est peut-être le signe qu'il y a quelque chose du geste artistique qu'elles ne pourront jamais comprendre ni atteindre.[/citation]
S.
Dans le lot (qui a l'air très intéressant), un entretien (p. 128-131) avec l'illustratrice Saralisa Pegorier, et évidemment une question sur le sujet de Midjourney et de ses <b>I</b>névitables <b>A</b>colytes. La réponse est intéressante :
[citation=Saralisa Pegorier, <i>Bifrost</i>, no 113, 2024, p. 130. ]Ce sont des outils fascinants et ultrapuissants, c'est vrai, mais je ne les regarde pas d'un très bon oeil. D'une part d'un point de vue éthique, car le pillage de données me gêne beaucoup, les IA avalent le travail de milliers de milliers de créateurs, réassemblent et régurgitent ça en quelques secondes sans aucun souci de propriété intelletuelle et de droits d'auteur. D'autre part, comme toute mécanisation du travail, le risque à terme est qu'elles remplacent beaucoup d'emplois à moindre coût. Pour l'instant, elles singent parfaitement l'artiste, mais je trouve qu'elles n'arrivent pas à insuffler une quelconque émotion ou vibration dans ce qu'elles produisent, elles n'ont pas de "savoir-faire" au sens artisanal du terme. Si on regarde bien, leurs images ont presque toujours les mains qui clochent ou un truc bizarre de ce côté-là, ça m'amuse de penser que c'est peut-être le signe qu'il y a quelque chose du geste artistique qu'elles ne pourront jamais comprendre ni atteindre.[/citation]
S.

