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Et vous, qu'écoutez-vous ?
J'ai écouté le premier des deux concertos en question sur YouTube, et je dois corriger mes propos : si les deux premiers mouvements ne me disent rien, j'ai reconnu le troisième pour l'avoir entendu à plusieurs reprises. Cela ne veut d'ailleurs pas dire que je n'avais jamais entendu les deux autres, juste qu'ils ne m'avaient pas spécialement marqué. De fait, à l'écoute, c'est le dernier mouvement que je trouve de loin le plus intéressant. Dans l'ensemble, ce concerto est une belle pièce de musique, mais encore assez loin de ce que je considérerais comme les sommets atteints par les maîtres du genre, Rachmaninov, Beethoven, Tchaïkovski, Chopin, Liszt, Saint-Saëns, Grieg ou Ravel (et j'en oublie, notamment les grands compositeurs baroques ou du début de la période classique, qui ont plutôt composé pour le clavecin ou le pianoforte que pour le piano au sens moderne du terme).

Il va donc falloir que j'écoute le second aussi, surtout qu'il semble en effet plus apprécié que son prédécesseur. Je pense même que je vais me procurer un CD de ces concertos (d'occasion, on en trouve désormais pour des prix dérisoires, tant qu'on reste dans le répertoire standard, qui a fait l'objet d'enregistrements innombrables par les plus grands pianistes des cinquante dernières années). Rien de mieux qu'une audition à tête reposée avec une qualité sonore décente pour mieux apprécier les grandes compositions orchestrales.

Pour en venir à Mahler maintenant, il me faut sans doute préciser que j'avais déjà en CD les symphonies n° 1, 4 et 5, mais qu'avec la mode des coffrets contenant l'œuvre intégrale d'un compositeur, il revenait moins cher d'en acheter un que d'acquérir le reste des symphonies à l'unité. Il s'agit en l'occurrence du coffret « Mahler : The Complete Works », en 16 CD, chez Warner Classics. Les interprètes varient d'un morceau à l'autre.

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Saurais-je vous en parler, comme le suppose Hyarion ? Je n'en suis pas sûr du tout. Je ne suis ni spécialiste de la musique classique, ni musicien. J'ose à peine me dire mélomane, tant il est évident que mes connaissances sont limitées. Tout au plus puis-je partager avec vous quelques impressions et préférences. Je me hâte d'ailleurs de dire que pour cette intégrale, il n'est guère question que je commente chaque morceau. Je m'arrêterai uniquement sur ceux qui m'ont particulièrement marqué à un titre ou un autre.

Commençons donc par un étonnement : les œuvres de jeunesse sont loin d'être secondaires. Le style mahlérien est déjà pleinement reconnaissable dans Das klagende Lied (le chant de lamentation), une cantate dont le thème médiévalisant aurait pu plaire à Tolkien. Elle est ici donnée dans sa version en trois parties (Mahler révisa ultérieurement  son œuvre et en ôta la première partie, qui ne fut retrouvée qu'en 1969), par l'Orchestre symphonique de la Cité de Birmingham, sous la direction de Simon Rattle. De même, le morceau de quatuor pour piano en la mineur, ici joué par le quatuor Domus, possède des échos sombres qui en font une vraie réussite. Il est regrettable que Mahler n'ait pas jugé bon de l'achever, mais ce n'est guère surprenant, quand on connaît sa propension à écrire ses partitions pour des orchestres pléthoriques.

L'essentiel du deuxième CD est consacré à la Symphonie n° 1 Titan, qui reste indiscutablement la plus proche du goût classique, tout en ayant déjà l'ampleur et la richesse harmonique propres à Mahler (mais non la longueur de ses symphonies ultérieures, puisqu'elle ne fait « que »57 minutes). Elle est ici proposée dans une excellente interprétation de l'Orchestre symphonique de Chicago, sous la baguette de Carlo Maria Giulini. Le phrasé est net, la mélodie se déploie avec précision et légèreté, tous les pupitres sont à leur place, il n'y a aucune lourdeur, c'est un vrai bonheur. Sans doute la meilleure des trois ou quatre versions que je connaisse.

Je l'ai laissé entendre, la Symphonie n° 2 Résurrection fait partie de mes œuvres préférées. Disons-le tout de suite, elle est d'une toute autre ampleur, puisque cet enregistrement de l'Orchestre Philharmonia dirigé par Otto Klemperer ne dure pas moins de 79 minutes (ce qui n'est pas le record de longueur : dans le même coffret, l'immense Symphonie n° 3 dure 96 minutes et les Symphonies n° 6 et 8 dépassent toutes deux les 80 minutes, ce qui nécessite que toutes trois soient partagées sur deux CD, malheureusement). Puisque j'ai parlé plus haut de qualité sonore, je dois dire que j'ai été surpris par les premières mesures de cette œuvre, qui représentent pour moi une des meilleures ouvertures de symphonies du répertoire, avec celle de la cinquième de Beethoven. Faute d'avoir un caisson de basse, je n'avais jusqu'à présent jamais entendu correctement les harmoniques graves du début. Elles changent assez significativement la perception que j'avais de ce passage. D'un côté, cela donne une profondeur supplémentaire à l'orchestre, de l'autre, j'ai l'impression qu'on y perd un peu en intensité dramatique, à moins que ce ne soit dû à la direction de Klemperer, bien que celui-ci n'ait pas adopté des tempi particulièrement lents. Quoi qu'il en soit, il s'agit là d'une très belle version de cette symphonie, dont les passages vocaux me semblent particulièrement bien rendus. Quant au dernier mouvement, il gagne beaucoup à être écouté dans ces conditions.

Voilà déjà pour les trois premiers CD de ce coffret. La suite... quand j'aurai le temps.

E.
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