Or donc, aussi succinctement que possible et un peu en vrac...
[séparation]
Cécile Chaminade est une compositrice française qui a beaucoup écrit pour le piano (plutôt dans le style de musique de salon du XIXe siècle), et qui a elle-même été une concertiste célèbre à la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle, ayant connu la popularité en France et également en Angleterre, où elle était notamment très appréciée par la reine Victoria. Talent précoce, initiée par sa mère pianiste, elle fut encouragée à faire des études musicales par Georges Bizet, qui était un ami de sa famille et qui la surnommait [emphase]« mon petit Mozart »[/emphase]. Les œuvres qu'elle a composé, pas seulement pour le piano, se comptent par centaines. Sa carrière de compositrice et de pianiste pris plus ou moins fin avec la Première Guerre mondiale. Quelques œuvres pour piano de Chaminade, dont notamment ses 6 Études de concert (Op. 35) de 1886, interprétées par Mark Viner, ont notamment fait l'objet d'un CD en 2018 chez l'éditeur néérlandais Brilliant Classics (label Piano Classics), un deuxième CD ayant suivi en 2022 chez le même éditeur ai-je appris récemment.
![[Image: 1711118889_cd_brilliant_piano_classics_5..._viner.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1711118889_cd_brilliant_piano_classics_5029365101646_cecile_chaminade_piano_music_mark_viner.jpg)
[séparation]
Je ne connaissais guère la musique de Florent Schmitt (qui fut l'élève de Massenet et de Fauré au Conservatoire de Paris) jusqu'à ce qu'une de ses œuvres soit annoncée comme devant être jouée en concert par l'Orchestre national du Capitole de Toulouse (ONCT), à La Halle aux Grains un soir d'octobre 2021, sous la direction du chef d'orchestre invité Fabien Gabel. Le programme de ce concert, auquel j'ai assisté, était original : l'ouverture de l'opéra Königskinder d'Engelberg Humperdinck, la version pour orgue et orchestre de la Fantaisie et Fugue sur « Ad nos, ad salutarem undam » de Franz Liszt (avec l'organiste Henri-Franck Beaupérin en soliste), la célèbre « Danse des sept voiles » de l'opéra Salomé de Richard Strauss (d'après la pièce d'Oscar Wilde), et enfin la suite pour grand orchestre ou poème symphonique La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt.
Vis-à-vis de ce programme, j'avais surtout été attiré par la « Danse des sept voiles » de Salomé de Richard Strauss – que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer précédemment dans le présent fuseau en 2021 –, et Franz Liszt faisant partie par ailleurs de mes compositeurs favoris, mais cela avait aussi été l'occasion de notamment me renseigner davantage, en amont du concert, sur la musique de Florent Schmitt, ce que j'ai notamment fait avec un CD édité chez Naxos en 2020 et contenant des enregistrements de plusieurs œuvres pour orchestre interprétés en 2019 et 2020 par le Buffalo Philharmonic Orchestra, sous la direction de JoAnn Falletta : le poème symphonique La Tragédie de Salomé (Op. 50), Musique sur l'eau (Op. 33) d'après un poème symboliste d'Albert Samain et dans une version pour voix et orchestre, la suite pour orchestre Oriane et le Prince d'Amour (Op. 83bis), et enfin Légende (Op. 66) pour saxophone alto et orchestre (ici dans une version pour violon et orchestre). Le temps me manque pour développer, mais le disque vaut la peine d'être écouté.
![[Image: 1711118955_cd_naxos_747313413874_florent...lletta.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1711118955_cd_naxos_747313413874_florent_schmitt_tragedie_de_salome_buffalo_philharmonic_orchestra_joann_falletta.jpg)
La Tragédie de Salomé op. 50 était initialement la musique d'un ballet en deux actes d'après un poème de Robert d'Humières (1907), musique dont Schmitt fit un poème symphonique en 1910. D'Humières se distingue d'Oscar Wilde dans sa vision de la figure de Salomé, dont il propose une version plus innocente, tandis que Schmitt puise dans un certain orientalisme pour sa musique chatoyante. Florent Schmitt a dédié La Tragédie de Salomé à son ami Igor Stravinsky, qui était fier de cette dédicace et appréciait beaucoup l'œuvre. Cette suite pour grand orchestre est joué en sus, pour sa deuxième partie, avec un choeur féminin et une soliste mezzo-soprano (Susan Platts, dans la version du disque de chez Naxos), mais c'est une version seulement pour orchestre que j'avais entendue lors du concert de l'ONCT à La Halle aux Grains, le 8 octobre 2021.
À noter que La Tragédie de Salomé de Schmitt a fait l'objet d'un épisode de la fameuse émission de radio dominicale « La Tribune des critiques de disques » sur France Musique en 2017, et que c'est alors une version au disque de 1958 par l'Orchestre symphonique de Detroit, dirigé par Paul Paray, qui avait été placée en tête du palmarès :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...tt-5430122
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...tt-9518000
[small]Je suis au courant que Florent Schmitt a vécu suffisemment longtemps pour avoir ce que l'on pourra appeler un « passé controversé », s'agissant des années 1930 et 1940. C'est évidemment très regrettable, mais faudrait-il pour autant s'interdire d'écouter sa musique, comme certains s'interdisent d'écouter celle de Richard Wagner, certes antisémite lui aussi, mais mort du reste bien avant sa récupération par un certain régime totalitaire allemand dans les mêmes années 1930 et 1940 ? Je laisse à d'autres le soin, suivant la mode actuelle, de surjouer une posture morale autour de la fameuse question de la distinction (à faire ou ne pas faire) entre l'œuvre et l'artiste...[/small]
[séparation]
Marie Jaëll, née Trautmann, pianiste virtuose française mariée (à 20 ans) en 1866 à un pianiste autrichien (Alfred Jaëll) lui aussi virtuose et qu'elle accompagnait dans ses tournées internationales, a étudié la composition avec Camille Saint-Saëns à partir de 1871, et est devenue plus tard autrice de plusieurs ouvrages sur la technique pianistique. Elle fut influencée par le style de Franz Liszt, qui fut son ami, et dont elle interpréta (après la mort de celui-ci en 1886) l'intégrale des œuvres pour piano lors de séries de concerts parisiens en 1891 et 1892. Johannes Brahms, dans une lettre à Richard Heuberger en 1888, écrira à ce propos : [emphase]« Comme elles sont insipides ces jeunes pianistes qui jouent toujours les mêmes pièces de Liszt. Mais parlez-moi de la Jaëll ! Voilà une personne intelligente et spirituelle : elle se fabrique elle-même des choses pour le piano, qui sont aussi mauvaises que celles de Liszt »[/emphase] (cité par la musicologue Florence Launay dans le livret de l'album CD dont je donne les références ci-après).
Marie Jaëll a notamment composé, en 1893, un cycle de 18 pièces pour piano d'après une lecture de Dante, cycle formant un triptyque : I - Ce qu'on entend dans l'Enfer, II - Ce qu'on entend dans le Purgatoire, III - Ce qu'on entend dans le Paradis. C'est une œuvre ambitieuse, profonde, techniquement difficile, et originale même si l'on sent clairement l'influence de Liszt au moins par endroits, ce qui n'est certes pas du tout un défaut de mon point de vue, Franz Liszt faisant partie de mes compositeurs préférés, comme je l'ai déjà dit (il faudrait que j'en reparle, de lui aussi, du reste). La pianiste Célia Oneto Bensaid a brillamment interprété ces 18 pièces de Jaëll pour piano d'après la lecture de Dante en 2021, pour un CD édité en 2022 par le label Présence Compositrices.
![[Image: 1711119028_cd_presence_compositrices_361...ensaid.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1711119028_cd_presence_compositrices_3617051754737_marie_jaell_pieces_pour_piano_d-apres_lecture_dante_celia_oneto_bensaid.jpg)
[small]La prochaine fois, dans la mesure de mon possible, ce sera enfin au tour de Berlioz, de Wagner... et peut-être aussi de Liszt, donc, qui fait à maints égards le lien entre les deux...[/small]
Amicalement,
B.
[séparation]
Cécile Chaminade est une compositrice française qui a beaucoup écrit pour le piano (plutôt dans le style de musique de salon du XIXe siècle), et qui a elle-même été une concertiste célèbre à la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle, ayant connu la popularité en France et également en Angleterre, où elle était notamment très appréciée par la reine Victoria. Talent précoce, initiée par sa mère pianiste, elle fut encouragée à faire des études musicales par Georges Bizet, qui était un ami de sa famille et qui la surnommait [emphase]« mon petit Mozart »[/emphase]. Les œuvres qu'elle a composé, pas seulement pour le piano, se comptent par centaines. Sa carrière de compositrice et de pianiste pris plus ou moins fin avec la Première Guerre mondiale. Quelques œuvres pour piano de Chaminade, dont notamment ses 6 Études de concert (Op. 35) de 1886, interprétées par Mark Viner, ont notamment fait l'objet d'un CD en 2018 chez l'éditeur néérlandais Brilliant Classics (label Piano Classics), un deuxième CD ayant suivi en 2022 chez le même éditeur ai-je appris récemment.
![[Image: 1711118889_cd_brilliant_piano_classics_5..._viner.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1711118889_cd_brilliant_piano_classics_5029365101646_cecile_chaminade_piano_music_mark_viner.jpg)
- Cécile Chaminade (1857-1944), 6 Études de concert, Op. 35 : II. « Automne », Mark Viner (piano) : - https://www.youtube.com/watch?v=DeuAw6-9TJE
[séparation]
Je ne connaissais guère la musique de Florent Schmitt (qui fut l'élève de Massenet et de Fauré au Conservatoire de Paris) jusqu'à ce qu'une de ses œuvres soit annoncée comme devant être jouée en concert par l'Orchestre national du Capitole de Toulouse (ONCT), à La Halle aux Grains un soir d'octobre 2021, sous la direction du chef d'orchestre invité Fabien Gabel. Le programme de ce concert, auquel j'ai assisté, était original : l'ouverture de l'opéra Königskinder d'Engelberg Humperdinck, la version pour orgue et orchestre de la Fantaisie et Fugue sur « Ad nos, ad salutarem undam » de Franz Liszt (avec l'organiste Henri-Franck Beaupérin en soliste), la célèbre « Danse des sept voiles » de l'opéra Salomé de Richard Strauss (d'après la pièce d'Oscar Wilde), et enfin la suite pour grand orchestre ou poème symphonique La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt.
Vis-à-vis de ce programme, j'avais surtout été attiré par la « Danse des sept voiles » de Salomé de Richard Strauss – que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer précédemment dans le présent fuseau en 2021 –, et Franz Liszt faisant partie par ailleurs de mes compositeurs favoris, mais cela avait aussi été l'occasion de notamment me renseigner davantage, en amont du concert, sur la musique de Florent Schmitt, ce que j'ai notamment fait avec un CD édité chez Naxos en 2020 et contenant des enregistrements de plusieurs œuvres pour orchestre interprétés en 2019 et 2020 par le Buffalo Philharmonic Orchestra, sous la direction de JoAnn Falletta : le poème symphonique La Tragédie de Salomé (Op. 50), Musique sur l'eau (Op. 33) d'après un poème symboliste d'Albert Samain et dans une version pour voix et orchestre, la suite pour orchestre Oriane et le Prince d'Amour (Op. 83bis), et enfin Légende (Op. 66) pour saxophone alto et orchestre (ici dans une version pour violon et orchestre). Le temps me manque pour développer, mais le disque vaut la peine d'être écouté.
![[Image: 1711118955_cd_naxos_747313413874_florent...lletta.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1711118955_cd_naxos_747313413874_florent_schmitt_tragedie_de_salome_buffalo_philharmonic_orchestra_joann_falletta.jpg)
- Florent Schmitt (1870-1958), La Tragédie de Salomé, Op. 50 (1910) - 1re partie : Prélude et Danse des Perles, Buffalo Philharmonic Orchestra, dir. JoAnn Falletta :
- https://www.youtube.com/watch?v=TSmM-1G1tG8[/*]
La Tragédie de Salomé op. 50 était initialement la musique d'un ballet en deux actes d'après un poème de Robert d'Humières (1907), musique dont Schmitt fit un poème symphonique en 1910. D'Humières se distingue d'Oscar Wilde dans sa vision de la figure de Salomé, dont il propose une version plus innocente, tandis que Schmitt puise dans un certain orientalisme pour sa musique chatoyante. Florent Schmitt a dédié La Tragédie de Salomé à son ami Igor Stravinsky, qui était fier de cette dédicace et appréciait beaucoup l'œuvre. Cette suite pour grand orchestre est joué en sus, pour sa deuxième partie, avec un choeur féminin et une soliste mezzo-soprano (Susan Platts, dans la version du disque de chez Naxos), mais c'est une version seulement pour orchestre que j'avais entendue lors du concert de l'ONCT à La Halle aux Grains, le 8 octobre 2021.
À noter que La Tragédie de Salomé de Schmitt a fait l'objet d'un épisode de la fameuse émission de radio dominicale « La Tribune des critiques de disques » sur France Musique en 2017, et que c'est alors une version au disque de 1958 par l'Orchestre symphonique de Detroit, dirigé par Paul Paray, qui avait été placée en tête du palmarès :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...tt-5430122
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...tt-9518000
[small]Je suis au courant que Florent Schmitt a vécu suffisemment longtemps pour avoir ce que l'on pourra appeler un « passé controversé », s'agissant des années 1930 et 1940. C'est évidemment très regrettable, mais faudrait-il pour autant s'interdire d'écouter sa musique, comme certains s'interdisent d'écouter celle de Richard Wagner, certes antisémite lui aussi, mais mort du reste bien avant sa récupération par un certain régime totalitaire allemand dans les mêmes années 1930 et 1940 ? Je laisse à d'autres le soin, suivant la mode actuelle, de surjouer une posture morale autour de la fameuse question de la distinction (à faire ou ne pas faire) entre l'œuvre et l'artiste...[/small]
[séparation]
Marie Jaëll, née Trautmann, pianiste virtuose française mariée (à 20 ans) en 1866 à un pianiste autrichien (Alfred Jaëll) lui aussi virtuose et qu'elle accompagnait dans ses tournées internationales, a étudié la composition avec Camille Saint-Saëns à partir de 1871, et est devenue plus tard autrice de plusieurs ouvrages sur la technique pianistique. Elle fut influencée par le style de Franz Liszt, qui fut son ami, et dont elle interpréta (après la mort de celui-ci en 1886) l'intégrale des œuvres pour piano lors de séries de concerts parisiens en 1891 et 1892. Johannes Brahms, dans une lettre à Richard Heuberger en 1888, écrira à ce propos : [emphase]« Comme elles sont insipides ces jeunes pianistes qui jouent toujours les mêmes pièces de Liszt. Mais parlez-moi de la Jaëll ! Voilà une personne intelligente et spirituelle : elle se fabrique elle-même des choses pour le piano, qui sont aussi mauvaises que celles de Liszt »[/emphase] (cité par la musicologue Florence Launay dans le livret de l'album CD dont je donne les références ci-après).
Marie Jaëll a notamment composé, en 1893, un cycle de 18 pièces pour piano d'après une lecture de Dante, cycle formant un triptyque : I - Ce qu'on entend dans l'Enfer, II - Ce qu'on entend dans le Purgatoire, III - Ce qu'on entend dans le Paradis. C'est une œuvre ambitieuse, profonde, techniquement difficile, et originale même si l'on sent clairement l'influence de Liszt au moins par endroits, ce qui n'est certes pas du tout un défaut de mon point de vue, Franz Liszt faisant partie de mes compositeurs préférés, comme je l'ai déjà dit (il faudrait que j'en reparle, de lui aussi, du reste). La pianiste Célia Oneto Bensaid a brillamment interprété ces 18 pièces de Jaëll pour piano d'après la lecture de Dante en 2021, pour un CD édité en 2022 par le label Présence Compositrices.
![[Image: 1711119028_cd_presence_compositrices_361...ensaid.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1711119028_cd_presence_compositrices_3617051754737_marie_jaell_pieces_pour_piano_d-apres_lecture_dante_celia_oneto_bensaid.jpg)
- Marie Jaëll (1846-1925), Pièces pour piano d'après une lecture de Dante, III - Ce qu'on entend dans le Paradis : No. 6, « Contemplation » (18e pièce de l'ensemble du cycle), Célia Oneto Bensaid (piano) :
- https://www.youtube.com/watch?v=uFj6vxH-Ypo[/*]
[small]La prochaine fois, dans la mesure de mon possible, ce sera enfin au tour de Berlioz, de Wagner... et peut-être aussi de Liszt, donc, qui fait à maints égards le lien entre les deux...[/small]
Amicalement,
B.

