22-03-2024, 21:49
Gawain Wrote:Content que le deuxième concerto t'ait plu. Je crois qu'il s'agit de mon concerto pour piano préféré, tous compositeurs confondus. Quant à l'ouverture tragique, je valide aussi !Je ne connais pas la deuxième en revanche.
Pour ma part, c'est indiscutablement à Rachmaninov que va ma préférence. Longtemps, son Concerto pour piano et orchestre n° 2 a été mon favori, avant que je ne finisse par pencher pour son troisième. J'ai d'ailleurs eu la chance d'écouter ce dernier en concert à La Roque d'Anthéron l'été dernier, interprété par Nelson Goerner et le Sinfonia Varsovia, qui en ont donné une interprétation splendide. L'autre morceau de la soirée était le quatrième et dernier concerto pour piano de Rachmaninov, une belle pièce, mais malgré tout en retrait des trois autres.
Hyarion Wrote:Or donc, aussi succinctement que possible et un peu en vrac...
Merci beaucoup pour tous ces conseils. Je constate que j'avais déjà repéré une partie des enregistrements dont tu nous parles, mais pas ceux de Mark Viner. Cela dit, je ne crois pas que mon budget me permettra de suivre toutes les recommandations qui me seront adressées.
Tout de même, ces poèmes symphoniques de Franck m'intriguaient. J'ai donc trouvé deux disques éminemment complémentaires. Le premier contient Le Chasseur maudit (1882), la version complète, rarement enregistrée, de Psyché (1887) et Les Éolides (1875), dirigés par Jean-Luc Tingaud, avec l'Orchestre national royal d'Écosse et les Voix du Conservatoire royal d'Écosse (chez Naxos). Je dois dire que Le Chasseur maudit est une superbe partition, ici très bien rendue par le chef et l'orchestre, mais malheureusement l'enregistrement n'est pas tout à fait à la hauteur : on a l'impression que les parties hautes et basses du spectre sonore ont été amputées, ce qui est bien dommage. Ce problème technique n'affecte pas les deux autres morceaux. Psyché fait alterner chœurs et passages orchestraux, dans une ambiance globalement éthérée, à l'exception de la section « Souffrances et plaintes de Psyché ». Une belle pièce, d'une grande subtilité d'orchestration, mais qui manque peut-être un peu de vie. Quant aux Éolides, c'est un morceau où l'usage des leitmotivs rappelle Wagner, tandis que l'aspect léger et féerique se compare volontiers à certains passages du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn.
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Le second CD comprend d'une part les Variations symphoniques (1885) et Les Djinns (1884), tous deux interprétés par François-Joël Thiollier, accompagné par l'Orchestre philharmonique d'Arnhem, sous la direction de Roberto Benzi, et de l'autre le Concerto pour piano n° 2 en si mineur (vers 1835), avec le même chef et le même orchestre, mais Martijn van den Hoek au piano (aussi chez Naxos, label qui semble avoir le bon goût d'enregistrer la musique française méconnue).
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Je ne connaissais pas les Variations symphoniques et il s'agit d'une de mes meilleures découvertes récentes. Le talent de Franck comme orchestrateur éclate dans ces variations qui déclinent le thème sous toutes ses formes, tantôt au piano, tantôt à l'orchestre. Je ne vois tout simplement aucune œuvre du même type qui arrive à la cheville de celle-là. Par contre, j'avais récemment entendu Les Djinns sur Radio Classique, apparemment dans cette interprétation. C'est avec Le Chasseur maudit celui des poèmes symphoniques de Franck que je préfère. Cela ne gâche rien à mes yeux que le poème de Hugo dont il s'inspire ait de fortes résonances mythopoétiques. Quant au Concerto n° 2, composé alors que Franck n'avait que treize ans (c'était lui aussi un enfant prodige), il semblerait que les musicologues lui reprochent une certaine conventionnalité. S'il faut que je passe moi-même pour conventionnel en disant que je l'ai bien apprécié, qu'il en soit ainsi. Il y a des échos beethovéniens dans les premier et troisième mouvements, mais ce n'est pas du tout pour me déplaire. L'Adagio médian manque peut-être de cette grâce indéfinissable qui fait le génie d'une œuvre, mais dans l'ensemble, ce morceau n'a rien à envier à ce que Mozart composait au même âge. Bref, plus je me penche sur son œuvre, plus j'ai l'impression de devenir un inconditionnel de Franck...
En complément de ces découvertes, je vous toucherai un mot de Sibelius, l'un des compositeurs favoris de Tolkien, dont j'avais déjà une grande partie de l'œuvre sur mes étagères. Il me manquait surtout son Concerto pour violon et orchestre en Ré mineur (Op. 47). J'ai donc trouvé une fort belle interprétation d'Itzhak Perlman avec l'Orchestre symphonique de Pittsburgh, sous la direction d'André Prévin (cher Warner Classics). Splendide de bout en bout, c'est un des sommets du répertoire selon moi. Le troisième mouvement est une pure merveille. Sibelius a composé là certaines de ses plus belles pages orchestrales.
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S'il y a une déception à mentionner, elle vient de la maigreur des compléments proposés, qui se limitent ici à la Suite en La mineur, dite « Suite dans le style ancien » (Op. 10) de Christian Sinding, compositeur scandinave qui mériterait assurément d'être plus connu. Sur le plan de la qualité et de la cohérence artistique, il n'y a rien à reprocher à ce choix, mais sur celui de la quantité, je trouve quand même honteux de proposer aujourd'hui un CD qui dure à peine plus de 45 minutes. Ce n'est quand même pas comme si Warner n'était pas en mesure de piocher dans son gigantesque catalogue pour trouver un troisième morceau qui s'accorderait bien avec ces deux là...
E.


Je ne connais pas la deuxième en revanche.