02-05-2024, 14:11
S'agissant d'Indy, j'avoue connaître surtout sa symphonie dite « cévenole » (Op. 25) et son poème symphonique Jour d'été à la montagne (Op. 61), de belles pièces que j'écoute périodiquement avec plaisir. Il faudra que je m'intéresse au reste de sa production lorsque j'en aurai l'occasion, car ce que Hyarion en dit m'intéresse grandement.
Cela dit, j'avais promis de parler de Gabriel Fauré (1845-1924), alors restons-en là pour l'heure. Celui-ci n'est assurément pas un compositeur oublié, mais on réduit un peu trop souvent son rôle à son activité de pédagogue. Il est vrai qu'il fut professeur de composition, puis directeur du Conservatoire de Paris pendant quinze ans, et qu'il fut à ce titre l'un des maîtres de Ravel et de Koechlin. Toutefois, ce serait une erreur de ne retenir de ses compositions que son chef d'œuvre, le Requiem Op. 48, dont la forme, empreinte de douceur et de lumière, est effectivement étonnante pour un musicien qui se déclarait agnostique. C'est longtemps le seul morceau que j'ai connu de lui, mais vu que j'ai récemment découvert ses très belles Sonates pour violon et piano (Op. 13 & 108) et pour violoncelle et piano (Op. 109 & 117), j'ai eu l'envie de poursuivre l'exploration. Comme souvent maintenant, je suis tombé sur un coffret très complet (chez Erato), qui coûtait moins cher que d'acheter à l'unité les trois ou quatre CD sur lesquels mon intérêt se portait principalement.
![[Image: 81nM+OEKftL._SL1425_.jpg]](https://m.media-amazon.com/images/I/81nM+OEKftL._SL1425_.jpg)
Encore une fois, je ne le regrette pas du tout, parce que les autres compositions qui complètent le coffret valent amplement la peine qu'on s'y arrête. Par exemple, je ne connaissais pas Fauré comme compositeur de Nocturnes, mais ceux qu'il a écrits sont aussi intéressants que la majorité de ceux de Chopin, même si, ayant été composés bien plus tard, ils ne peuvent sans doute pas se prévaloir de la même originalité. Les treize Barcarolles sont vives et animées, de même que les quatres Valses-caprices, loin de l'image un peu introvertie qu'on projette habituellement sur Fauré. Les Préludes Op. 103 et les cinq Impromptus méritent aussi d'être écoutés, de même que le Thème & Variations en Ut dièse mineur Op. 73. Toutes les pièces pour piano sont ici jouées par Jean-Philippe Collard, qui se révèle fin connaisseur de la musique de Fauré.
Toutefois, je préfère encore les pièces pour violon et piano, où le violoniste Augustin Dumay se joint à lui. Je mentionnerais particulièrement les morceaux brefs, souvent négligés : Berceuse en Ré majeur Op. 16, Romance en Si bémol majeur Op. 28 et surtout Andante en Si bémol majeur Op. 75. J'apprécie tout autant leurs équivalents pour violoncelle et piano, où cette fois Jean-Philippe Collard accompagne le violoncelliste Frédéric Lodéon : Élégie en Ut mineur Op. 24, Romance en La majeur Op. 69, Sicilienne en Sol mineur Op. 78 et Sérénade en Si mineur Op. 98. L'humour n'est pas absent non plus, notamment dans le court morceau Papillon pour violoncelle et piano en La majeur Op. 77, qui fait irrésistiblement penser au Bourdon de Rimsky-Korsakov. L'interprétation des deux sonates est d'excellente tenue, mais j'avoue préférer la version de Paul Tortelier et Jean Hubeau (aussi chez Erato), que je connaissais déjà.
![[Image: 51l+OLw-LtL.jpg]](https://m.media-amazon.com/images/I/51l+OLw-LtL.jpg)
Je pourrais encore mentionner la brève Fantaisie pour flûte et piano en Ut majeur (Op. 79), avec Jean-Philippe Collard au piano et Michel Debost à la flûte. Il s'agit à nouveau d'une découverte pour moi, de même que la suite pour piano à quatre mains Dolly (Op. 56), très primesautière, qui fut composée en l'honneur de la jeune Hélène Bardac, fille d'Emma Bardac, laquelle fut d'abord l'amante de Fauré avant de devenir l'amante, puis l'épouse (en secondes noces) de Debussy. Cette suite est ici interprétée par Jean-Philippe Collard et Bruno Rigutto. Toujours au piano à quatre mains, avec les mêmes interprètes, n'oublions pas un court morceau écrit en collaboration avec André Messager (Fauré et lui furent tous deux élèves de Saint-Saëns) : Souvenir de Bayreuth, une « Fantaisie en forme de quadrille sur les thèmes favoris de L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner », dont l'entrain laisse penser qu'il a été écrit dans une intention humoristique, même si Fauré était très admiratif des œuvres de Wagner.
Il faut que je m'arrête ici, mais j'espère avoir l'occasion de vous parler encore des quatuors, des quintettes, ainsi que des œuvres orchestrales et vocales qui figurent dans ce coffret, lesquels sont tout aussi intéressants, sinon plus.
E.
Cela dit, j'avais promis de parler de Gabriel Fauré (1845-1924), alors restons-en là pour l'heure. Celui-ci n'est assurément pas un compositeur oublié, mais on réduit un peu trop souvent son rôle à son activité de pédagogue. Il est vrai qu'il fut professeur de composition, puis directeur du Conservatoire de Paris pendant quinze ans, et qu'il fut à ce titre l'un des maîtres de Ravel et de Koechlin. Toutefois, ce serait une erreur de ne retenir de ses compositions que son chef d'œuvre, le Requiem Op. 48, dont la forme, empreinte de douceur et de lumière, est effectivement étonnante pour un musicien qui se déclarait agnostique. C'est longtemps le seul morceau que j'ai connu de lui, mais vu que j'ai récemment découvert ses très belles Sonates pour violon et piano (Op. 13 & 108) et pour violoncelle et piano (Op. 109 & 117), j'ai eu l'envie de poursuivre l'exploration. Comme souvent maintenant, je suis tombé sur un coffret très complet (chez Erato), qui coûtait moins cher que d'acheter à l'unité les trois ou quatre CD sur lesquels mon intérêt se portait principalement.
![[Image: 81nM+OEKftL._SL1425_.jpg]](https://m.media-amazon.com/images/I/81nM+OEKftL._SL1425_.jpg)
Encore une fois, je ne le regrette pas du tout, parce que les autres compositions qui complètent le coffret valent amplement la peine qu'on s'y arrête. Par exemple, je ne connaissais pas Fauré comme compositeur de Nocturnes, mais ceux qu'il a écrits sont aussi intéressants que la majorité de ceux de Chopin, même si, ayant été composés bien plus tard, ils ne peuvent sans doute pas se prévaloir de la même originalité. Les treize Barcarolles sont vives et animées, de même que les quatres Valses-caprices, loin de l'image un peu introvertie qu'on projette habituellement sur Fauré. Les Préludes Op. 103 et les cinq Impromptus méritent aussi d'être écoutés, de même que le Thème & Variations en Ut dièse mineur Op. 73. Toutes les pièces pour piano sont ici jouées par Jean-Philippe Collard, qui se révèle fin connaisseur de la musique de Fauré.
Toutefois, je préfère encore les pièces pour violon et piano, où le violoniste Augustin Dumay se joint à lui. Je mentionnerais particulièrement les morceaux brefs, souvent négligés : Berceuse en Ré majeur Op. 16, Romance en Si bémol majeur Op. 28 et surtout Andante en Si bémol majeur Op. 75. J'apprécie tout autant leurs équivalents pour violoncelle et piano, où cette fois Jean-Philippe Collard accompagne le violoncelliste Frédéric Lodéon : Élégie en Ut mineur Op. 24, Romance en La majeur Op. 69, Sicilienne en Sol mineur Op. 78 et Sérénade en Si mineur Op. 98. L'humour n'est pas absent non plus, notamment dans le court morceau Papillon pour violoncelle et piano en La majeur Op. 77, qui fait irrésistiblement penser au Bourdon de Rimsky-Korsakov. L'interprétation des deux sonates est d'excellente tenue, mais j'avoue préférer la version de Paul Tortelier et Jean Hubeau (aussi chez Erato), que je connaissais déjà.
![[Image: 51l+OLw-LtL.jpg]](https://m.media-amazon.com/images/I/51l+OLw-LtL.jpg)
Je pourrais encore mentionner la brève Fantaisie pour flûte et piano en Ut majeur (Op. 79), avec Jean-Philippe Collard au piano et Michel Debost à la flûte. Il s'agit à nouveau d'une découverte pour moi, de même que la suite pour piano à quatre mains Dolly (Op. 56), très primesautière, qui fut composée en l'honneur de la jeune Hélène Bardac, fille d'Emma Bardac, laquelle fut d'abord l'amante de Fauré avant de devenir l'amante, puis l'épouse (en secondes noces) de Debussy. Cette suite est ici interprétée par Jean-Philippe Collard et Bruno Rigutto. Toujours au piano à quatre mains, avec les mêmes interprètes, n'oublions pas un court morceau écrit en collaboration avec André Messager (Fauré et lui furent tous deux élèves de Saint-Saëns) : Souvenir de Bayreuth, une « Fantaisie en forme de quadrille sur les thèmes favoris de L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner », dont l'entrain laisse penser qu'il a été écrit dans une intention humoristique, même si Fauré était très admiratif des œuvres de Wagner.
Il faut que je m'arrête ici, mais j'espère avoir l'occasion de vous parler encore des quatuors, des quintettes, ainsi que des œuvres orchestrales et vocales qui figurent dans ce coffret, lesquels sont tout aussi intéressants, sinon plus.
E.

