Un article mis en ligne ce jour sur le site du Figaro, article consacré à cette série Amazon et basé sur un entretien accordé à Constance Jamet par les deux "coureurs de spectacle" ou showrunners de ladite série, tend à confirmer le manque de modestie de la part des intéressés déjà constaté à l'époque de la première saison.
« Superviser une fiction de cette ampleur, c'est une sorte de Jeux olympiques », déclarent-ils notamment : l'allusion semble un brin opportuniste, même en songeant à la dimension esthétique comme à l'organisation des cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques (et paralympiques)...
Relire Tolkien, c'est bien, mais l'utilisation de Tom Bombadil apparait, surtout, opportune en tant que rare référence tolkienienne à la fois compatible avec la période fictive mise en scène et exploitable en matière de droits. La dimension singulière du personnage, qui en partant des textes de Tolkien, aurait pu (pourrait un jour ?) en soi faire l'objet audacieux d'un film ou d'une mini-série susceptible de m'intéresser, semble ici inévitablement secondaire.
L'analogie avec une « partition de jazz » est curieuse : j'aime le jazz, mais je ne suis pas sûr que la matière artistique tolkienienne corresponde, en matière de création et d'interprétation, à ce genre musical, caractérisé notamment par l'usage de l'improvisation (au sens noble et éminemment jazzistique du terme).
Tout à coup, je repense à la musique de Debussy qui a été diversement reprise, avec talent, par des musiciens de jazz : faire la même chose avec la musique de Wagner me paraîtrait, a priori, moins naturel...
Enfin, si Tolkien « c'est la fosse des Mariannes », alors cela suppose des limites, chez Tolkien précisément, et cela suppose même de finir par toucher le fond... mais du coup, peut-être pas le fond de la fosse des Mariannes... disons, plus modestement, le fond de la piscine (*) ? Bref, l'altération de la réception de Tolkien est en marche, et on ne peut que le constater (sans que cela soit, bien sûr, une nouveauté en soi).
J'avoue ne pas avoir beaucoup vu les polémiques en question ces derniers temps, à la différence de l'époque de la diffusion de la première saison, mais qu'elles ressurgissent ne m'étonne pas, et sur le principe même, cela ne peut effectivement que parasiter le visionnage d'une suite.
Que ne ferait-on pas dans l'intérêt du public ? ^^'
[small](J'écris cela sans me prendre pour Mairon, évidemment !)[/small]
Peace and Love,
B.
(*)[small] : Pardon pour cette formule un peu facile, déjà employée ailleurs récemment du reste, mais je n'ai pas pu résister. À noter, ceci dit, que bien évidemment, sur ses sites de vente en ligne faisant actuellement la promotion de la série, Amazon vend aussi des piscines...[/small]
« Superviser une fiction de cette ampleur, c'est une sorte de Jeux olympiques », déclarent-ils notamment : l'allusion semble un brin opportuniste, même en songeant à la dimension esthétique comme à l'organisation des cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques (et paralympiques)...
Dans l'article du "Figaro", Constance Jamet Wrote:[...] Tom Bombadil, l'homme des bois qui apparaît dans Le Hobbit [sic] et La Communauté de l'anneau n'était jamais apparu dans les trilogies de Peter Jackson. «Nous avons relu Tolkien et nous nous sommes demandé quelles créatures arpentaient la Terre du Milieu lors du Second âge ?», expliquent J. D. Payne et Patrick McKay.
Relire Tolkien, c'est bien, mais l'utilisation de Tom Bombadil apparait, surtout, opportune en tant que rare référence tolkienienne à la fois compatible avec la période fictive mise en scène et exploitable en matière de droits. La dimension singulière du personnage, qui en partant des textes de Tolkien, aurait pu (pourrait un jour ?) en soi faire l'objet audacieux d'un film ou d'une mini-série susceptible de m'intéresser, semble ici inévitablement secondaire.
Dans l'article du "Figaro", Constance Jamet Wrote:Pour bâtir Les Anneaux de pouvoir, J. D. Payne et Patrick McKay ont dû s'immerger dans des milliers de pages, recélant des informations contradictoires. «Ce volume de sources était d'autant plus délicat à gérer que nous n'avions pas les droits sur tous les textes formant ce canon. Donc parfois nous n'avions à notre disposition qu'une version et pas une autre. Cela a été libérateur. Si même Tolkien avait des idées différentes sur la façon dont les événements se sont passés, rien ne nous interdit d'avoir une idée intermédiaire voire nouvelle à ce sujet. Un peu comme une partition de jazz. Cette entre-deux nous permet de continuer à étendre le ’legendairium’ [sic] comme Tolkien l'a fait lui-même», plaide le duo.
Et d'ajouter : «Notre travail consiste à être des experts sur ce canon, aussi insaisissable qu'il soit, et le rendre compréhensible pour les néophytes, qui n'ont jamais vu un film se déroulant sur la Terre du Milieu auparavant. Cette exigence de cohérence, c'est notre mission, mais le spectateur n'a pas à s'en soucier. [...] Tolkien, c'est l'océan, c'est la fosse des Mariannes, on peut toujours aller plus loin. [...]»
L'analogie avec une « partition de jazz » est curieuse : j'aime le jazz, mais je ne suis pas sûr que la matière artistique tolkienienne corresponde, en matière de création et d'interprétation, à ce genre musical, caractérisé notamment par l'usage de l'improvisation (au sens noble et éminemment jazzistique du terme).
Tout à coup, je repense à la musique de Debussy qui a été diversement reprise, avec talent, par des musiciens de jazz : faire la même chose avec la musique de Wagner me paraîtrait, a priori, moins naturel...
Enfin, si Tolkien « c'est la fosse des Mariannes », alors cela suppose des limites, chez Tolkien précisément, et cela suppose même de finir par toucher le fond... mais du coup, peut-être pas le fond de la fosse des Mariannes... disons, plus modestement, le fond de la piscine (*) ? Bref, l'altération de la réception de Tolkien est en marche, et on ne peut que le constater (sans que cela soit, bien sûr, une nouveauté en soi).
Mairon Wrote:Cela reste compliqué de me préparer à visionner cette suite, surtout dans un contexte où les polémiques ressurgissent sur les réseaux, avec des messages dont je vous laisse apprécier la profondeur, comme : "Le Tolkien Estate valide donc c'est éminemment respectueux de l'œuvre de Tolkien, nah".
J'avoue ne pas avoir beaucoup vu les polémiques en question ces derniers temps, à la différence de l'époque de la diffusion de la première saison, mais qu'elles ressurgissent ne m'étonne pas, et sur le principe même, cela ne peut effectivement que parasiter le visionnage d'une suite.
À Mairon, ISENGAR Wrote:Mairon, nous feras-tu un petit retour sur tes impressions ?
Que ne ferait-on pas dans l'intérêt du public ? ^^'
[small](J'écris cela sans me prendre pour Mairon, évidemment !)[/small]
Peace and Love,
B.
(*)[small] : Pardon pour cette formule un peu facile, déjà employée ailleurs récemment du reste, mais je n'ai pas pu résister. À noter, ceci dit, que bien évidemment, sur ses sites de vente en ligne faisant actuellement la promotion de la série, Amazon vend aussi des piscines...[/small]

