Cela fait maintenant plus de trois mois, presque quatre, que je retarde de mon côté, pour diverses raisons, de nouvelles interventions dans le présent fuseau, sachant que j'écoute ou réécoute de nombreuses œuvres de divers compositeurs depuis le début de cet été... saison estivale qui s'est achevée en ce mois de septembre (avec beaucoup de mauvais temps et des températures au demeurant peu estivales...). L'automne étant ma saison de naissance, peut-être sera-t-il propice pour à présent favoriser davantage le partage me concernant, que ce soit sur ce fuseau ou dans d'autres.
Un hasard professionnel m'a, par ailleurs, récemment fait retrouver, dans une bibliothèque scolaire au fonds un peu ancien, une édition du Dictionnaire de la musique : Les hommes et leurs œuvres en deux volumes (Bordas, 1979, édition mise à jour [1re éd. : 1970]) dirigée par le musicologue Marc Honegger (1926-2003), un ouvrage de référence classique, apparemment assez largement diffusé dans les bibliothèques de collège dans les années 1980, que cependant je devais déjà être (au milieu des années 1990) sans doute à peu près le seul élève à consulter dans mon établissement lorsque j'étais collégien (j'y relevais notamment les dates de composition et/ou de publication des œuvres de compositeurs qui m'intéressaient), mais dont la redécouverte m'a, en tout cas, rappelé des souvenirs et motivé pour reprendre enfin un peu les échanges ici...
[séparation]
Je vais commencer par répondre au dernier message de Silmo, posté le 11 septembre dernier :
Le Concerto pour piano nᵒ 2 en fa mineur, opus 21, de Frédéric Chopin était justement au programme d'un des derniers concerts symphoniques auxquels j'ai pu assister cette année, en mai dernier : j'espère pouvoir en parler à l'occasion d'une évocation prochaine d'ultimes souvenirs de concerts (pour au moins quelque temps sans doute), où il sera notamment question de Wagner, Debussy, Ravel, Saint-Saëns, Fauré, Respighi... et aussi Chopin, donc.
En ce qui concerne le quatrième mouvement Adagietto de la Symphonie nᵒ 5 en do dièse mineur de Gustav Mahler, dont j'avais parlé moi-même précédemment en ces lieux, en mai dernier, en signalant ma version de référence, celle du Berliner Philharmoniker dirigé par Simon Rattle, j'ai pris le temps récemment de comparer à l'écoute cette version avec celle proposée par Silmo, avec le Wiener Philharmoniker sous la direction de Pierre Boulez. Si j'ai constaté que la version de Boulez était effectivement un peu plus lente que celle de Rattle, je n'ai pas pour autant senti une différence significative, probablement parce que dans les deux cas, le mouvement de la symphonie m'a paru être exécuté en respectant profondément la partition... et parce que, ce faisant, ce mouvement de la cinquième symphonie, comme je l'avais déjà écrit ici en mai dernier, touche toujours au cœur en ce qui me concerne... Les mots manquent pour en dire plus...
Pour composer cet Adagietto, Mahler a vraisemblablement été influencé par son amour pour son épouse restée célèbre, Alma Maria Mahler, née Schindler, ce qui me donne du reste l'occasion de signaler un bon podcast en sept épisodes de la radio France Musique, podcast que j'ai écouté en feuilleton cet été, intitulé « Alma et Gustav Mahler, la recherche de l'Absolu », diffusé du 15 au 21 juillet derniers, et disponible à la réécoute sur le site de la radio :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...e-l-absolu
(J'aurai peut-être d'ailleurs l'occasion de mentionner ce podcast dans un autre fuseau, consacré à la correspondance de Tolkien, dans quelque temps...)
[séparation]
Je remercie Elendil pour son partage à travers ses derniers messages en date sur le présent fuseau, depuis juin dernier... jusqu'à aujourd'hui encore, avec son évocation intéressante de l'œuvre du compositeur vénitien Antonio Salieri.
Je connais mal l'œuvre de William Walton – mentionnée le 6 juin dernier –, seulement un tout petit peu à travers ses musiques de films pour la trilogie shakespearienne de Laurence Olivier – Hamlet de 1948 en particulier –, ses Variations sur un thème de Hindemith et ses marches que l'on a jouées lors du couronnement de Charles III l'année dernière. J'ai eu par ailleurs ce mois-ci l'occasion d'entendre dans l'émission de radio « Stars du classique », sur France Musique, le premier mouvement (Andante tranquillo) du Concerto pour violon de Walton, brillamment interprété par Nigel Kennedy en soliste avec le Royal Philharmonic Orchestra de Londres dirigé par André Previn :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...te-9649045
Concernant l'œuvre de Clara Schumann née Wieck – évoquée le 7 septembre dernier –, je la connais un peu mieux, quoique moins que celle de son époux Robert Schumann, mais j'ai assez régulièrement l'occasion d'entendre à la radio certaines des compositions de cette très grande musicienne, à laquelle un podcast de France Musique en cinq épisodes (« Clara Schumann, la virtuose amoureuse ») a d'ailleurs été consacré et mis en ligne ce mois-ci sur le site de la radio :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...-amoureuse
Pour ce qui est de l'œuvre de Josef Antonín Štěpán – abordée également par Elendil le 7 septembre dernier –, je ne la connaissais pas du tout : merci pour cette découverte. Je connais toutefois l'œuvre d'un des confrères contemporains de Štěpán (ou Steffan) également originaire du royaume de Bohême (soit l'actuelle Tchéquie, approximativement), à savoir Josef Mysliveček (1737-1781), plus jeune d'une dizaine d'années mais mort prématurément une quinzaine d'années avant Štěpán, à seulement 43 ans. J'en avais dit quelques mots l'année dernière, ailleurs, à l'occasion de la sortie en salles de l'excellent film Il Beomo de Petr Václav, consacré à la partie de la vie de Mysliveček passée en Italie, mais ce compositeur mériterait que l'on parle plus précisément de sa production : j'essaierai éventuellement, si je peux et si cela intéresse, de le faire ici à l'occasion...
Quant à Francis Poulenc, que pourrai-je ajouter à ce qu'en a dit Elendil précédemment ce mois-ci ? Sa musique m'est assez familière à l'écoute depuis de nombreuses années, mais sans que je l'ai pour autant beaucoup explorée, je l'avoue, au-delà de certaines de ces compositions parmi les plus célèbres et mémorables : à cette aune, je connais surtout Poulenc à travers, par exemple, certaines pages musicales de son Concerto pour piano (FP. 146) et de celui pour deux pianos (FP. 61), le charmant mouvement inaugural Allegro malincolio de sa célèbre Sonate pour flûte et piano (FP. 164), le rondeau extrait des Biches, la valse musette L'Embarquement pour Cythère pour deux pianos, et sa célèbre mélodie pour soprano et piano Les Chemins de l'amour, à la mélancolie poignante, composée sur des paroles de Jean Anouilh.
En ce qui concerne en particulier le Concert champêtre (FP. 49) pour clavecin et orchestre, qu'Elendil semble, entre autres compositions de Francis Poulenc, avoir particulièrement apprécié, il se trouve que j'ai eu l'occasion de l'entendre en concert à La Halle aux Grains, le 7 avril de l'année dernière (2023), avec le célèbre claveciniste Jean Rondeau en soliste et l'Orchestre National du Capitole de Toulouse (ONTC) dirigé par le chef japonais Kazuki Yamada. Outre Poulenc, le programme de la soirée de concert proposait le Concerto pour orchestre de Akira Miyoshi, et deux fameuses compositions pour orchestre de Claude Debussy, Jeux et surtout La mer. De fait, c'est surtout la présence de Debussy au programme qui m'avait incité à assister à ce concert, mais l'écoute du Concert champêtre de Poulenc s'était révélée intéressante, avec une remarquable prestation des exécutants, Jean Rondeau en tête (lequel nous joua en bis, en soir-là, une pièce pour clavecin de François Couperin, pièce bien connue des amateurs de musique baroque, et peut-être aussi de certains lecteurs d'une œuvre de fantasy pré-tolkienienne appréciée par Tolkien lui-même... mais j'aurai peut-être l'occasion d'en reparler une autre fois).
Le Concert champêtre a été créé publiquement en 1929 mais trouve son origine en 1923, lorsque Poulenc assista à une répétition à Paris, dans le palais de la princesse Edmond de Polignac, pour la création française d'un opéra-bouffe de Manuel de Falla, qui comportait une partie de clavecin jouée par Wanda Landowska. Poulenc fut marqué par la prestation de la musicienne, vint la voir après la répétition, et devant l'intérêt du compositeur pour son jeu et le fonctionnement de son instrument, Landowska lui lança un défi : [emphase]« Écrivez-moi donc un concerto ! »[/emphase] Ce qui fut fait, quelques années plus tard, avec ce Concert champêtre qui est le fruit d'un patient travail effectué par Poulenc en étroite collaboration avec Landowska. Pour reprendre les mots de Max Dozolme dans le livret de présentation du concert auquel j'ai assisté : [emphase]« Les trois mouvements du concerto [de Poulenc] mêlent le style du XVIIIe siècle d'un Rameau ou d'un Couperin avec les harmonies et les rythmes les plus modernes ; comme si Henri Matisse reprenait à son compte les Fêtes Galantes de Watteau, Guillaume Apollinaire réécrivait les Rêveries d'un promeneur solitaire, une statue de Rodin trônait au milieu d'un jardin à la française. Les ornements baroques et caractéristiques du clavecin (appoggiatures, arpèges brisés, mordants) et les rythmes de danse ancienne comme la sicilienne qui nous berce dans le second mouvement, sont associés à des accords et des dissonances que n'auraient pas renié Stravinski ou Ravel. »[/emphase]
Je prend bonne note (entre autres) de la référence au disque chez Decca, donnée par Elendil, et me permets de signaler un petit extrait du concert toulousain auquel j'avais assisté, encore accessible sur la chaîne YouTube de Medici.tv (qui avait alors diffusé le concert en direct), extrait qui donne notamment une idée de la prestation de Rondeau au clavecin et de l'ONCT ce soir-là en interprétant ce Concert champêtre de Poulenc [small](maintenant que j'y pense, je n'ai pas vérifié, mais j'ai moi-même peut-être été filmé dans le public...)[/small] :
- https://www.youtube.com/watch?v=C5Z5NeCD5n8
Il faudrait que j'en vienne à présent à un gros dossier, sur lequel j'ai semble-t-il incité Elendil à se pencher : l'œuvre de Richard Strauss, que j'ai beaucoup réécoutée récemment, encore ces derniers jours... Mais il est déjà tard ce soir, et il me faut être raisonnable.
[séparation]
Encore quelques mots pour saluer la contribution de Menalque, ce soir, dont le contenu me paraitrait digne de figurer, entre autres, au programme assez éclectique d'une émission de France Musique qui s'appelle « Banzzaï », par Nathalie Piolé, une émission de jazz au sens musicalement très large du terme.
[séparation]
Et concernant Salieri, l'évocation qu'en a fait Elendil, notamment en se focalisant sur sa musique orchestrale, me fait penser qu'il va être temps, aussi, de parler de l'œuvre d'un autre compositeur ayant vécu entre XVIIIe et XIXe siècles (plus jeune que Salieri mais qui ne lui a survécu que très peu de temps), que j'ai écouté et réécouté cet été, très estimé par Berlioz qui manqua de peu de le rencontrer, et notamment plus tard apprécié musicalement par Tolkien : Carl Maria von Weber.
Et puis il y a également ceci :
Là encore, je vais essayer de faire au mieux pour un prochain partage... avec un peu de César Franck et de Dvořák aussi, sur fond de modestes souvenirs de voyages européens... et puis avec même aussi, pourquoi pas, quelques pages de certaines musiques de film que je réécoute également régulièrement, depuis plusieurs semaines, dans le sillage de la disparition d'Alain Delon...
[séparation]
Bref, à bientôt j'espère... ^^'
Peace and Love,
B.
Un hasard professionnel m'a, par ailleurs, récemment fait retrouver, dans une bibliothèque scolaire au fonds un peu ancien, une édition du Dictionnaire de la musique : Les hommes et leurs œuvres en deux volumes (Bordas, 1979, édition mise à jour [1re éd. : 1970]) dirigée par le musicologue Marc Honegger (1926-2003), un ouvrage de référence classique, apparemment assez largement diffusé dans les bibliothèques de collège dans les années 1980, que cependant je devais déjà être (au milieu des années 1990) sans doute à peu près le seul élève à consulter dans mon établissement lorsque j'étais collégien (j'y relevais notamment les dates de composition et/ou de publication des œuvres de compositeurs qui m'intéressaient), mais dont la redécouverte m'a, en tout cas, rappelé des souvenirs et motivé pour reprendre enfin un peu les échanges ici...
[séparation]
Je vais commencer par répondre au dernier message de Silmo, posté le 11 septembre dernier :
Silmo Wrote:N'étant pas un mélomane pointu, je choisis ce fuseau car il me fait penser à ma vie estudiantine, les WE, rentrant de "boite" aux aurores, terminant la nuit chez les uns ou les autres, nous avions un rituel : un premier/dernier petit-déjeuner avec Chopin et son concerto n°2 pour piano et orchestre par Igo Pogorelitch au clavier et Claudio Abbado à la baguette (ma version préférée, après les pubs :( )
... et quand le soleil paraissait, le temps de s'endormir, on écoutait Mahler, pas dans les versions précitées (je crois ?!?! et c'est pour ça que je l'évoque) mais dans celle plus lente de Pierre Boulez, l'adagietto de la 5ème symphonie, là encore ma version favorite . Les puristes diront ce qu'ils en pensent :) (Dans "Mort à Venise de Visconti, c'est un peu plus rapide).
[...]
[small]ps : j'adore comment Pogorelitch conduit l'apex du concerto 8) dans le 1er mouvement et comment il "ponctue" au cours de ses arpèges parfois malmenées avec grâce le deuxième et le troisième mouvements avant un final suspendu.[/small]
Le Concerto pour piano nᵒ 2 en fa mineur, opus 21, de Frédéric Chopin était justement au programme d'un des derniers concerts symphoniques auxquels j'ai pu assister cette année, en mai dernier : j'espère pouvoir en parler à l'occasion d'une évocation prochaine d'ultimes souvenirs de concerts (pour au moins quelque temps sans doute), où il sera notamment question de Wagner, Debussy, Ravel, Saint-Saëns, Fauré, Respighi... et aussi Chopin, donc.
En ce qui concerne le quatrième mouvement Adagietto de la Symphonie nᵒ 5 en do dièse mineur de Gustav Mahler, dont j'avais parlé moi-même précédemment en ces lieux, en mai dernier, en signalant ma version de référence, celle du Berliner Philharmoniker dirigé par Simon Rattle, j'ai pris le temps récemment de comparer à l'écoute cette version avec celle proposée par Silmo, avec le Wiener Philharmoniker sous la direction de Pierre Boulez. Si j'ai constaté que la version de Boulez était effectivement un peu plus lente que celle de Rattle, je n'ai pas pour autant senti une différence significative, probablement parce que dans les deux cas, le mouvement de la symphonie m'a paru être exécuté en respectant profondément la partition... et parce que, ce faisant, ce mouvement de la cinquième symphonie, comme je l'avais déjà écrit ici en mai dernier, touche toujours au cœur en ce qui me concerne... Les mots manquent pour en dire plus...
Pour composer cet Adagietto, Mahler a vraisemblablement été influencé par son amour pour son épouse restée célèbre, Alma Maria Mahler, née Schindler, ce qui me donne du reste l'occasion de signaler un bon podcast en sept épisodes de la radio France Musique, podcast que j'ai écouté en feuilleton cet été, intitulé « Alma et Gustav Mahler, la recherche de l'Absolu », diffusé du 15 au 21 juillet derniers, et disponible à la réécoute sur le site de la radio :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...e-l-absolu
(J'aurai peut-être d'ailleurs l'occasion de mentionner ce podcast dans un autre fuseau, consacré à la correspondance de Tolkien, dans quelque temps...)
[séparation]
Je remercie Elendil pour son partage à travers ses derniers messages en date sur le présent fuseau, depuis juin dernier... jusqu'à aujourd'hui encore, avec son évocation intéressante de l'œuvre du compositeur vénitien Antonio Salieri.
Je connais mal l'œuvre de William Walton – mentionnée le 6 juin dernier –, seulement un tout petit peu à travers ses musiques de films pour la trilogie shakespearienne de Laurence Olivier – Hamlet de 1948 en particulier –, ses Variations sur un thème de Hindemith et ses marches que l'on a jouées lors du couronnement de Charles III l'année dernière. J'ai eu par ailleurs ce mois-ci l'occasion d'entendre dans l'émission de radio « Stars du classique », sur France Musique, le premier mouvement (Andante tranquillo) du Concerto pour violon de Walton, brillamment interprété par Nigel Kennedy en soliste avec le Royal Philharmonic Orchestra de Londres dirigé par André Previn :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...te-9649045
Concernant l'œuvre de Clara Schumann née Wieck – évoquée le 7 septembre dernier –, je la connais un peu mieux, quoique moins que celle de son époux Robert Schumann, mais j'ai assez régulièrement l'occasion d'entendre à la radio certaines des compositions de cette très grande musicienne, à laquelle un podcast de France Musique en cinq épisodes (« Clara Schumann, la virtuose amoureuse ») a d'ailleurs été consacré et mis en ligne ce mois-ci sur le site de la radio :
- https://www.radiofrance.fr/francemusique...-amoureuse
Pour ce qui est de l'œuvre de Josef Antonín Štěpán – abordée également par Elendil le 7 septembre dernier –, je ne la connaissais pas du tout : merci pour cette découverte. Je connais toutefois l'œuvre d'un des confrères contemporains de Štěpán (ou Steffan) également originaire du royaume de Bohême (soit l'actuelle Tchéquie, approximativement), à savoir Josef Mysliveček (1737-1781), plus jeune d'une dizaine d'années mais mort prématurément une quinzaine d'années avant Štěpán, à seulement 43 ans. J'en avais dit quelques mots l'année dernière, ailleurs, à l'occasion de la sortie en salles de l'excellent film Il Beomo de Petr Václav, consacré à la partie de la vie de Mysliveček passée en Italie, mais ce compositeur mériterait que l'on parle plus précisément de sa production : j'essaierai éventuellement, si je peux et si cela intéresse, de le faire ici à l'occasion...
Quant à Francis Poulenc, que pourrai-je ajouter à ce qu'en a dit Elendil précédemment ce mois-ci ? Sa musique m'est assez familière à l'écoute depuis de nombreuses années, mais sans que je l'ai pour autant beaucoup explorée, je l'avoue, au-delà de certaines de ces compositions parmi les plus célèbres et mémorables : à cette aune, je connais surtout Poulenc à travers, par exemple, certaines pages musicales de son Concerto pour piano (FP. 146) et de celui pour deux pianos (FP. 61), le charmant mouvement inaugural Allegro malincolio de sa célèbre Sonate pour flûte et piano (FP. 164), le rondeau extrait des Biches, la valse musette L'Embarquement pour Cythère pour deux pianos, et sa célèbre mélodie pour soprano et piano Les Chemins de l'amour, à la mélancolie poignante, composée sur des paroles de Jean Anouilh.
En ce qui concerne en particulier le Concert champêtre (FP. 49) pour clavecin et orchestre, qu'Elendil semble, entre autres compositions de Francis Poulenc, avoir particulièrement apprécié, il se trouve que j'ai eu l'occasion de l'entendre en concert à La Halle aux Grains, le 7 avril de l'année dernière (2023), avec le célèbre claveciniste Jean Rondeau en soliste et l'Orchestre National du Capitole de Toulouse (ONTC) dirigé par le chef japonais Kazuki Yamada. Outre Poulenc, le programme de la soirée de concert proposait le Concerto pour orchestre de Akira Miyoshi, et deux fameuses compositions pour orchestre de Claude Debussy, Jeux et surtout La mer. De fait, c'est surtout la présence de Debussy au programme qui m'avait incité à assister à ce concert, mais l'écoute du Concert champêtre de Poulenc s'était révélée intéressante, avec une remarquable prestation des exécutants, Jean Rondeau en tête (lequel nous joua en bis, en soir-là, une pièce pour clavecin de François Couperin, pièce bien connue des amateurs de musique baroque, et peut-être aussi de certains lecteurs d'une œuvre de fantasy pré-tolkienienne appréciée par Tolkien lui-même... mais j'aurai peut-être l'occasion d'en reparler une autre fois).
Le Concert champêtre a été créé publiquement en 1929 mais trouve son origine en 1923, lorsque Poulenc assista à une répétition à Paris, dans le palais de la princesse Edmond de Polignac, pour la création française d'un opéra-bouffe de Manuel de Falla, qui comportait une partie de clavecin jouée par Wanda Landowska. Poulenc fut marqué par la prestation de la musicienne, vint la voir après la répétition, et devant l'intérêt du compositeur pour son jeu et le fonctionnement de son instrument, Landowska lui lança un défi : [emphase]« Écrivez-moi donc un concerto ! »[/emphase] Ce qui fut fait, quelques années plus tard, avec ce Concert champêtre qui est le fruit d'un patient travail effectué par Poulenc en étroite collaboration avec Landowska. Pour reprendre les mots de Max Dozolme dans le livret de présentation du concert auquel j'ai assisté : [emphase]« Les trois mouvements du concerto [de Poulenc] mêlent le style du XVIIIe siècle d'un Rameau ou d'un Couperin avec les harmonies et les rythmes les plus modernes ; comme si Henri Matisse reprenait à son compte les Fêtes Galantes de Watteau, Guillaume Apollinaire réécrivait les Rêveries d'un promeneur solitaire, une statue de Rodin trônait au milieu d'un jardin à la française. Les ornements baroques et caractéristiques du clavecin (appoggiatures, arpèges brisés, mordants) et les rythmes de danse ancienne comme la sicilienne qui nous berce dans le second mouvement, sont associés à des accords et des dissonances que n'auraient pas renié Stravinski ou Ravel. »[/emphase]
Je prend bonne note (entre autres) de la référence au disque chez Decca, donnée par Elendil, et me permets de signaler un petit extrait du concert toulousain auquel j'avais assisté, encore accessible sur la chaîne YouTube de Medici.tv (qui avait alors diffusé le concert en direct), extrait qui donne notamment une idée de la prestation de Rondeau au clavecin et de l'ONCT ce soir-là en interprétant ce Concert champêtre de Poulenc [small](maintenant que j'y pense, je n'ai pas vérifié, mais j'ai moi-même peut-être été filmé dans le public...)[/small] :
- https://www.youtube.com/watch?v=C5Z5NeCD5n8
Il faudrait que j'en vienne à présent à un gros dossier, sur lequel j'ai semble-t-il incité Elendil à se pencher : l'œuvre de Richard Strauss, que j'ai beaucoup réécoutée récemment, encore ces derniers jours... Mais il est déjà tard ce soir, et il me faut être raisonnable.
[séparation]
Encore quelques mots pour saluer la contribution de Menalque, ce soir, dont le contenu me paraitrait digne de figurer, entre autres, au programme assez éclectique d'une émission de France Musique qui s'appelle « Banzzaï », par Nathalie Piolé, une émission de jazz au sens musicalement très large du terme.
[séparation]
Et concernant Salieri, l'évocation qu'en a fait Elendil, notamment en se focalisant sur sa musique orchestrale, me fait penser qu'il va être temps, aussi, de parler de l'œuvre d'un autre compositeur ayant vécu entre XVIIIe et XIXe siècles (plus jeune que Salieri mais qui ne lui a survécu que très peu de temps), que j'ai écouté et réécouté cet été, très estimé par Berlioz qui manqua de peu de le rencontrer, et notamment plus tard apprécié musicalement par Tolkien : Carl Maria von Weber.
Et puis il y a également ceci :
Précédemment, votre serviteur Hyarion Wrote:...les œuvres orchestrales que j'écoute régulièrement au disque ces temps-ci, celles en particulier d'Albéric Magnard et d'Ottorino Respighi – où l'on recroise notamment encore la route de Vénus et de Neptune – et dont il faudra donc que je prenne le temps de parler aussi, si je peux...
Là encore, je vais essayer de faire au mieux pour un prochain partage... avec un peu de César Franck et de Dvořák aussi, sur fond de modestes souvenirs de voyages européens... et puis avec même aussi, pourquoi pas, quelques pages de certaines musiques de film que je réécoute également régulièrement, depuis plusieurs semaines, dans le sillage de la disparition d'Alain Delon...
[séparation]
Bref, à bientôt j'espère... ^^'
Peace and Love,
B.

