On peut effectivement trouver des rappels sur le caractère très fan-fictionnel de la série.
Ce que je vois moins, dans tous les discours qui concernent la série, c'est une réflexion plus fondamentale sur les différences essentielles de nature, par exemple, entre ce que propose Tolkien en matière de rapport à la fiction / à un monde imaginaire / au merveilleux (etc.) et ce que propose, par exemple, cette série.
Concernant Tauriel, à mon avis, la priorité était en effet le cahier des charges d'un point de vue industriel : il fallait cocher la case de la relation amoureuse pour attirer ou retenir telle partie du public. De la même façon, Alfred a dû être ajouté pour remplir le rôle d'opposant ridicule/de comic relief, mi-Gríma, mi-Jar Jar Binks, considéré peut-être par certains comme "nécessaire" dans ce type de film - ce dont on peut douter.
Pour moi, la relation Galadriel/Halbrand reprend des marqueurs de la pop culture actuelle et de la new romance en vogue, plus sur le mode de la possibilité que de l'actualisation complète (l'idée est de favoriser le shipping des personnages dans le scénario même puis de laisser les "fans" utiliser leur imagination pour travailler sur des scénarios alternatifs). Ce sont des moyens de cultiver l'engagement. Mais lorsqu'un scénario ou l'élaboration des personnages repose excessivement sur ce genre de motivation, cela finit par se sentir dans l'œuvre.
Le cas de Galadriel est aussi intéressant à analyser dans la mesure où il témoigne d'écarts volontairement conçus par rapport à l'œuvre originale pour permettre l'effet : pour que Galadriel puisse tomber amoureuse de Sauron, voire pour qu'on puisse aussi mettre en place quelque chose de potentiellement ambigu avec Elrond, il faut que Galadriel ne soit pas mariée, ou plutôt que Celeborn soit absent et que Celebrían n'existe pas encore.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas de bonnes choses dans cette série, notamment en ce qui concerne les images (c'est souvent le cas des productions actuelles, à tel point que je ressens un profond sentiment de disparité entre des visuels et des bandes originales parfois grandioses, un scénario complètement brinquebalant, et des procédés et des intentions qui reposent de plus en plus fréquemment sur des facilités (easter eggs, exploitation abusive de la nostalgie de premier degré* par rapport à des œuvres-sources, etc.).
* Je veux dire par là que dans le cadre des sagas, le niveau d'auto-références et de métatextualité ne cesse d'augmenter, mais en contrepartie, on se retrouve avec des œuvres qui peuvent présenter un degré de "dérivation" jusqu'alors jamais atteint. Je prenais sur un autre forum l'exemple d'Alien: Romulus, à mon avis assez efficace, à comparer avec Aliens et Alien 3 : ce n'est plus du tout le même genre d'approche que les suites directes, dérivées mais à mon avis pas "dérivatives".
On trouve cet aspect dans The Rings of Power notamment du côté de l'intrigue concernant Gandalf, avec les citations extraites de LoTR (plus par l'intermédiaire des films que par celui des livres, parfois) placées dans la bouche de Gandalf voire de Tom Bombadil.
Concernant les lectures des jeunes : c'est un âge où il est encore possible de jouer sur les pratiques, il me semble, notamment par rapport à des enfants qui ne sont pas dans des familles gagnées par l'omniprésence des écrans...
Ce que je vois moins, dans tous les discours qui concernent la série, c'est une réflexion plus fondamentale sur les différences essentielles de nature, par exemple, entre ce que propose Tolkien en matière de rapport à la fiction / à un monde imaginaire / au merveilleux (etc.) et ce que propose, par exemple, cette série.
Concernant Tauriel, à mon avis, la priorité était en effet le cahier des charges d'un point de vue industriel : il fallait cocher la case de la relation amoureuse pour attirer ou retenir telle partie du public. De la même façon, Alfred a dû être ajouté pour remplir le rôle d'opposant ridicule/de comic relief, mi-Gríma, mi-Jar Jar Binks, considéré peut-être par certains comme "nécessaire" dans ce type de film - ce dont on peut douter.
Pour moi, la relation Galadriel/Halbrand reprend des marqueurs de la pop culture actuelle et de la new romance en vogue, plus sur le mode de la possibilité que de l'actualisation complète (l'idée est de favoriser le shipping des personnages dans le scénario même puis de laisser les "fans" utiliser leur imagination pour travailler sur des scénarios alternatifs). Ce sont des moyens de cultiver l'engagement. Mais lorsqu'un scénario ou l'élaboration des personnages repose excessivement sur ce genre de motivation, cela finit par se sentir dans l'œuvre.
Le cas de Galadriel est aussi intéressant à analyser dans la mesure où il témoigne d'écarts volontairement conçus par rapport à l'œuvre originale pour permettre l'effet : pour que Galadriel puisse tomber amoureuse de Sauron, voire pour qu'on puisse aussi mettre en place quelque chose de potentiellement ambigu avec Elrond, il faut que Galadriel ne soit pas mariée, ou plutôt que Celeborn soit absent et que Celebrían n'existe pas encore.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas de bonnes choses dans cette série, notamment en ce qui concerne les images (c'est souvent le cas des productions actuelles, à tel point que je ressens un profond sentiment de disparité entre des visuels et des bandes originales parfois grandioses, un scénario complètement brinquebalant, et des procédés et des intentions qui reposent de plus en plus fréquemment sur des facilités (easter eggs, exploitation abusive de la nostalgie de premier degré* par rapport à des œuvres-sources, etc.).
* Je veux dire par là que dans le cadre des sagas, le niveau d'auto-références et de métatextualité ne cesse d'augmenter, mais en contrepartie, on se retrouve avec des œuvres qui peuvent présenter un degré de "dérivation" jusqu'alors jamais atteint. Je prenais sur un autre forum l'exemple d'Alien: Romulus, à mon avis assez efficace, à comparer avec Aliens et Alien 3 : ce n'est plus du tout le même genre d'approche que les suites directes, dérivées mais à mon avis pas "dérivatives".
On trouve cet aspect dans The Rings of Power notamment du côté de l'intrigue concernant Gandalf, avec les citations extraites de LoTR (plus par l'intermédiaire des films que par celui des livres, parfois) placées dans la bouche de Gandalf voire de Tom Bombadil.
Concernant les lectures des jeunes : c'est un âge où il est encore possible de jouer sur les pratiques, il me semble, notamment par rapport à des enfants qui ne sont pas dans des familles gagnées par l'omniprésence des écrans...

