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In Memoriam...
[Image: 1731624899_quincy_jones_1981_los_angeles...olland.jpg]

Le grand musicien américain Quincy Jones s'est éteint le 3 novembre dernier, à l'âge de 91 ans. Trompettiste de formation, talentueux arrangeur, compositeur et producteur, son influence a été majeure sur les musiques américaines de son temps, du jazz à la pop en passant par la musique de film.

Toute la semaine dernière, la radio France Musique lui a rendu hommage lors de plusieurs émissions de très bonne tenue (me semble-t-il) :
Quincy Jones, natif de Chicago et décédé à Los Angeles, avait écrit une autobiographie intitulée Q: The Autobiography of Quincy Jones, parue en 2001 (chez Doubleday/Random House), contenant aussi des témoignages de proches, et ayant fait l'objet d'une traduction française publiée en 2003 (chez Robert Laffont). Cette traduction, qui fut longtemps indisponible, a été rééditée en 2021 (avec pour titre Mémoires, au Cherche midi). Dans la préface de cette édition française, Quincy Jones remercie Mimi Perrin et sa fille Isabelle Perrin d'avoir réalisé cette traduction, et explique pourquoi il en est ravi : Quincy Jones s'est lié d'amitié avec Mimi Perrin à l'époque où, en 1957, il était venu en France pour travailler à Paris en tant que compositeur, arrangeur et chef d'orchestre pour Barclay Records, Mimi Perrin faisant partie des chœurs en studio derrière l'orchestre maison. C'est à cette même époque que Quincy Jones se rendait à Fontainebleau pour suivre l'enseignement de Nadia Boulanger et étudiait à son contact des œuvres comme Daphnis et Chloé de Maurice Ravel et L'Oiseau de feu d'Igor Stravinsky, compositeur que Jones rencontra par ailleurs aussi à cette époque (l'anecdote, savoureuse, est connue grâce à son autobiographie). En 1959, Mimi Perrin, née Jeannine Quintard (1926-2010), fonda le groupe de jazz français Les Double Six, Quincy Jones ayant accepté d'être le « parrain » du groupe. Leurs chemins continuèrent à se croiser par la suite et tous les deux restèrent amis.

Signalons-le au passage, il se trouve que Mimi Perrin fut également la traductrice, entre autres, de plusieurs textes d'auteurs de fantasy anglophones parus en français dans le cadre d'une série d'anthologies « L'Épopée fantastique » (1978-1982) de la collection « Le Livre d'or de la science-fiction », série compilée plus tard dans le volume La Grande anthologie de la Fantasy (j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'évoquer ces publications en ces lieux par le passé). Parmi les textes qu'elle traduisit pour cette série « L'Épopée fantastique », figurent notamment des poèmes de Robert E. Howard et William Morris, inédits en français jusque-là, et publiés dans les volumes Le manoir des roses (1978) et La citadelle écarlate (1979). Ainsi Mimi Perrin aura joué, pour leur poésie, le même rôle de passeur que Dashiell Hedayat pour la poésie de J. R. R. Tolkien à la même époque.

Pour en revenir à Quincy Jones, j'espère que, si elles sont écoutées, les émissions de France Musique qui lui sont dédiées, et dont j'ai partagé les liens plus haut, plairont autant qu'elles m'ont plu... [small]en attendant que je revienne partager à nouveau des choses du côté de notre fuseau musical (cela prend beaucoup de temps, notamment en recherches documentaires musicologiques, mais ça avance...)... [/small]

RIP Quincy Delight Jones Jr., dit Quincy Jones (1933-2024)

Peace and Love,

B.
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