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Tolkien aux Bernardins 2025
#44
[small]Merci Isengar. Comme je le disais à Bertrand, nous étions loin de nous imaginer cela lorsque, il y a 23 ans, nous entamions des soirées lecture à Paris (avec Cirdan, Iarwain, Silmo, Kendra, ...).[/small]

C'était en effet très beau, plus que ce à quoi je m'attendais, car le lieu était vraiment propice.
Les photos montrent peu de monde. En fait, la plupart étaient de part et d'autre des rangées de chaises auxquelles nos photos sont limitées, sur chacun des bas-côtés où des transats et des poufs avaient été disposés tout exprès ;).
Des lecteurs jeunes et âgés se sont succédé, tous avec enthousiasme. Cet enthousiasme seul était déjà beau à voir.
[small]Et la joie de revoir Iarwain. Mais j'ai raté Tar Palantir (il n'était pas arrivé tard pour une fois ;)).[/small]
Beaucoup n'étaient là que pour écouter, allongés sur les bas-côtés, parfois en suivant dans les livres. Certains ont sommeillé quelques heures. Une auditrice écoutait tout à son ouvrage apportée avec elle : le tissage de la carte de la Terre du Milieu — telle Vairë parmi les Valar.

Partant du Silmarillion, les textes avaient été choisis et complétés afin d'arriver au volume d'une vingtaine d'heures mais aussi de s'accorder aux heures du jour et de la nuit autant que faire se pouvait. Mais il serait plus juste de dire que les textes se sont choisis eux-mêmes, tant ils s'appelaient naturellement les uns les autres.

À la lumière du jour, après l'inauguration par l'Ainulindalë (avec Michaël) et le Valaquenta, a donc débuté (avec Jean) le cylce des Elfes, c'est-à-dire le Quenta Simarillion.
À la nuit tombée, le Siège d'Angband avait été brisé et l'on écouta jusque très tard dans la nuit les heurs et les malheurs des Eldar et des Edain. Bertrand assura presque à lui seul les derniers chapitres, depuis la fin de la geste de Túrin jusqu'au terme de la Guerre de la Grande Colère.

Au milieu de la nuit fut lu (en anglais) le dialogue de Finrod et Andreth à deux voix (par Leo et Hajar). Lu est un euphémisme. Le dialogue fut un enchantement ; le lecteur et la lectrice, outre une élocution remarquable (surtout Leo), rendaient le ton exact, l'émotion, la gravité, toute l'angoisse et l'espérance du Conte d'Arda ramassées dans l'Athrabeth.
Bertrand y adjoignait ensuite avec une maîtrise égale le Conte d'Adanel (là encore en anglais, et avec une élocution et une intonation *parfaites*).
L'articulation était faite pour enchaîner avec le cycle des Hommes.

La fin de la nuit fut ainsi consacrée (avec Jean, Bertrand et moi) aux chapitres de l'Akallabêth et de la Route Perdue : autant de déclinaisons du Conte d'Adanel — ou comment les Hommes furent séduits et menés à leur ruine par le Seigneur Ténébreux, et les voies courbées, et les Fidèles sauvés de peu.
Au petit jour pouvait être lue la partie des « Anneaux de Pouvoir & la fin du Troisième Âge ».
Et, dans le plein matin, le chapitre du Seigneur des Anneaux de « l'Intendant et le Roi », augmenté du « fragment de l'histoire d'Aragorn et Arwern », refermait le cycle des hommes — le cri d'Arwern, Estel ! Estel !, résonnant avec le cœur de l'Athrabeth.

[small]Voici quelques photos (Bertrand a largement droit à en avoir deux pour lui seul ;))
[édit : oups, j'ai validé trop tôt, je voulais attendre car peut-être aurai-je d'autres photos ... pas grave, ou bien je les ajouterai ici en édition ou bien je posterai de nouveau].[/small]

[Image: 1742738426_bertrand-2.jpg] [Image: 1742738407_bertrand-1.jpg] [Image: 1742738394_yyr-2.jpg]

PS : Le plus difficile fut, après cette nuit blanche, endormi dans le train, de me réveiller à la bonne gare — une réussite dont je ne suis pas peu fier :).

PPS : Malgré un guide de prononciation fait exprès (par Damien), on a quand même eu droit à des « karkarotte » et autres similitudes ;). C'est normal, nous sommes en Arda Marrie :).

PPPS (édit) : J'écris plus haut : « le lecteur et la lectrice, outre une élocution remarquable (surtout Leo) » — erreur de perspective, comme me l'a fait remarquer Bertrand en privé : je ne doute pas que l'élocution des deux fut irréprochable, mais c'est mon oreille qui entendait mieux l'accent du premier. En tout cas, n'allez pas croire à un reproche masqué pour Hajar, que je suis allé aussitôt féliciter et remercier avec émotion et gratitude.
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