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Et vous, qu'écoutez-vous ?
Merci pour ce nouveau partage, Elendil.

Elendil Wrote:[...] Viennent ensuite trois morceaux de Chaminade, la Lisonjera (op. 50), Automne, la deuxième pièce des Six études de concert (op. 35) et Les Sylvains (op. 60). Des trois, Automne me semble être la plus virtuose, mais ce sont les Sylvains que je préfère. Est-ce le titre ? Je trouve que ce morceau a une grâce elfique où percent tour à tour gaieté et nostalgie.

Concernant Cécile Chaminade, pour mémoire et simplement pour compléter, les pièces citées figurent avec d'autres, dont la totalité des Six études de concert, sur un CD dont j'avais parlé en ces lieux il y a un peu plus d'un an, en mars 2024 :
ce message

Le 22 mars 2024, votre serviteur Hyarion Wrote:[...] Quelques œuvres pour piano de Chaminade, dont notamment ses 6 Études de concert (Op. 35) de 1886, interprétées par Mark Viner, ont notamment fait l'objet d'un CD en 2018 chez l'éditeur néérlandais Brilliant Classics (label Piano Classics), un deuxième CD ayant suivi en 2022 chez le même éditeur ai-je appris récemment.

https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1..._viner.jpg

[séparation]

Pour revenir un peu à ce qui a été écrit et partagé plus tôt :

Le 19 janvier dernier, Elendil Wrote:Voilà déjà un certain temps que je n’ai rien écrit ici, pourtant cet automne et ce début d’hiver ont été fertiles en découvertes pour moi, notamment Tallis, Corelli, Boccherini, Cherubini, Schmitt ou Villa-Lobos. Hélas le temps me manquerait pour chroniquer tout cela, d’autant que je n’ai pris aucune note sur le moment.

J'ai moi-même écouté et réécouté beaucoup de choses ces derniers mois d'automne et d'hiver, différentes versions de Daphnis et Chloé de Ravel par exemple, et tout ce dont j'avais dit précédemment en ces lieux que j'en reparlerai ici un jour prochain... et bien sûr tout le reste, y compris les concerts du soir sur la radio France Musique... Bref, dans la mesure du possible, il va falloir essayer de trouver le temps et l'énergie pour, progressivement, évoquer enfin un peu tout cela...

En ce qui concerne Tallis cité par Elendil, c'est un nom qui me rappelle deux références : d'une part le compositeur et organiste anglais Thomas Tallis (c.1505-1585) et, d'autre part, à l'ensemble vocal britannique de musique ancienne The Tallis Scholars, nommé d'après le compositeur et créé en 1973.

S'agissant de Thomas Tallis, sa vie et son parcours coïncide avec cette période de l'histoire anglaise particulièrement marquée par des bouleversements politico-religieux qu'est le XVIe siècle. Ayant séjourné dans plusieurs monastères jusqu'à leur dissolution achevée en 1540 sur ordre du roi Henri VIII, Tallis fut ensuite le principal organiste et compositeur de la Chapelle royale : resté fidèle au catholicisme toute sa vie, marié sans postérité, il composa ainsi cependant pour l'Église réformée d'Angleterre sous le règne d'Édouard VI (1547-1553), selon le rite catholique restauré sous le règne de Marie Ire (1553-1558), puis enfin à nouveau pour la religion réformée anglicane rétablie sous le règne d'Élisabeth Ire (1558-1603). Une de ses œuvres les plus connues est le motet à quarante voix Spem in alium, que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer en ces lieux en mai 2016, une œuvre contrapuntique de premier ordre que l'on a pu supposer, entre autres hypothèses non confirmées, avoir été composée pour le 40e anniversaire d'Élisabeth Ire.
D'un point de vue tolkienien, comme je l'avais déjà écrit en 2016, si je ne sais toujours pas ce qui, ici-bas, pourrait vraiment correspondre à la Musique des Ainur, je persiste à penser que Spem in alium est une œuvre vocale polyphonique qui pourrait, dans mon esprit, peut-être éventuellement s'en rapprocher.
C'est un motet que j'apprécie en tout cas toujours la réécoute à l'occasion, ma version de référence étant (toujours, l'ayant déjà citée à l'époque) celle du Huelgas Ensemble dirigé par Paul Van Nevel, enregistrée en Belgique à l'église Sainte-Barbe de Gand en 1994. Cette version figure dans un album dudit Huelgas Ensemble intitulé Utopia Triumphans, édité en CD chez Sony Classical en 1995, et contenant également des interprétations d'autres œuvres vocales polyphoniques de la Renaissance, composées par Costanzo Porta, Josquin des Prés, Johannes Ockeghem, Pierre de Manchicourt, Giovanni Gabrieli et Alessandro Striggio.

[Image: 1743714437_cd_sony_classical_utopia_triu...626122.jpg]

Concernant The Tallis Scholars, on reste, comme le nom de cette formation réputée l'indique, dans le même domaine de la musique vocale ancienne de la Renaissance, le répertoire de ladite formation correspondant en fait à une période un peu plus large allant du XVe siècle à la première moitié du XVIIe siècle, comme en témoigne les quelques références suivantes au disque que je me permets de recommander, les réécoutant moi-même à l'occasion.

Du côté du début de la période dudit répertoire, on trouvera ainsi Josquin des Prés (c.1440-1521), et notamment ses deux seules messes composées en étant entièrement fondées sur des canons : la Missa Ad fugam, œuvre de jeunesse de Josquin, et la Missa Sine nomine, composée vers la fin de sa vie. Une interprétation de ces deux messes, par The Tallis Scholars dirigés par Peter Phillips, a été enregistrée pour le disque en 2008 et édité en album CD par Gimell Records. L'illustration de la couverture de la pochette du CD est assez originale pour un enregistrement de musique sacrée ou religieuse, puisqu'il s'agit d'un détail de la figure de la Vanité du panneau central du Triptyque (double ou Polyptyque) de la Vanité terrestre et de la Rédemption céleste de Hans Memling (c.1433-1494). Pour des raisons qui m'échappent, les plages originales de l'album CD ont été divisées en plages plus courtes sur YouTube...

[Image: 1743714497_cd_gimell_records_josquin-des...103924.jpg]

Pour la fin de la période du répertoire couvert par The Tallis Scholars, on trouvera Gregorio Allegri (1582-1652), que j'avais également déjà évoqué en 2016. Compositeur natif de Rome, il fut notamment d'abord enfant de chœur à St-Louis-des-Français entre 1591 et 1596, devint prêtre, et fut nommé plus tard chantre de la Chapelle papale en 1629, sous le pontificat d'Urbain VIII, devenant finalement maître de chapelle en 1650. C'est dans ce contexte qu'il composa, en 1638, son célèbre Miserere, écrit pour neuf voix et interprété à l'époque par deux chœurs durant la Semaine Sainte. Le pape menaçant d'excommunication quiconque copierait cette œuvre, il fallut les talents du jeune Mozart, de passage à Rome à 14 ans, pour la transcrire de mémoire. Avec d'autres œuvres vocales polyphoniques de William Mundy (c.1529-1591) et de Giovanni Pierluigi da Palestrina (c.1525-1594), The Tallis Scholars ont interprété ce Miserere d'Allegri en 1980, pour un enregistrement réalisé par Gimell Records qui a été édité en album CD en 2005. C'est cette version du Miserere que j'avais fait entendre lors des obsèques de ma grand-mère maternelle, il y aura bientôt quatorze ans... C'est la meilleure version que je connaisse. Elle est proposé en une seule plage d'une douzaine de minutes dans l'album CD, et en plusieurs plages sur YouTube.

[Image: 1743714633_cd_gimell_records_allegri_mis...140127.jpg]

[séparation]

Le 19 janvier dernier, Elendil également Wrote:[...] Palazetto Bru Zane (il faudra qu’à l’occasion nous évoquions l’immense contribution de la Fondation Bru Zane à la redécouverte de la musique classique française du XIXe siècle).

Oui, et j'ai d'ailleurs déjà commencé à le faire un peu l'année dernière, notamment dans un P.S. à mon message du 7 octobre dernier à propos de La Vie parisienne d'Offenbach :
ce message

[séparation]

Je voulais, par ailleurs, également partager dans le présent message, ou un message supplémentaire dans la foulée, quelques considérations sur le compositeur Carl Maria von Weber (1786-1826), ainsi que je l'avais évoqué ici précédemment le 29 septembre dernier, et a fortiori avant les concerts des Bernardins où deux ouvertures d'opéras de Weber (Oberon et Der Freischütz) sont au programme... Mais je me rends compte que j'ai passé trop de temps, ces derniers mois, à réécouter et étudier la musique orchestrale dudit Weber (ouvertures, symphonies, concertos...) ainsi que les livrets de ses plus célèbres opéras (Oberon, Euryanthe et Der Freischütz) pour « balancer » maintenant des considérations à la va-vite pour simplement « être dans les temps », vis-à-vis de concerts dont j'ignorais l'existence et la programmation lorsque j'ai envisagé de parler des œuvres de Weber en ces lieux au début de l'automne dernier.
J'imagine du reste qu'Elendil aura notamment déjà fait ses recherches en vue des concerts à venir, et j'aurai voulu être éventuellement utile en amont, mais bon... peut-être qu'une évocation développée de Weber après lesdits concerts, dans l'esprit de ce que j'avais fait ici il y a presque un an pour Berlioz (grand admirateur de Weber) ne sera pas moins intéressante. Encore une affaire de temps et d'énergie...

Amicalement,

B.
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