24-10-2002, 21:03
bien, j'atterris ici pour poursuivre certaines questions, suivant le sage conseil de Jérôme. <p>CdC: "Ceci dit, le role de l'eglise n'est t'il pas a l'origine de rependre la bonne nouvelle (evangile) ?<br>- Quel est la legitimite des evolutions theologiques par rapport au textes cannoniques ?<br>- Si on admet que c'est texte on etait ecris de main d'homme sans inspiration divine et que le cannon est une histoire d'arbitraire humain (eg differences entre le canon d'Alexandrie et le canon de Jerusalem), ca se comprend mais est ce la doctrine de l'eglise ?"<p>Le tout va ensemble. oui, le rôle de l'Eglise est de répandre la bonne nouvelle. ceci implique de savoir ce qu'on veut répandre. or, les évangiles sont des écrits complexes, parfois contradictoires, faisant appel à une culture spécifique (juive et grecque), même dans le cas des synoptiques globalement plus simples que celui de Jean. L'Eglise définit la Parole de Dieu comme révélée dans la Bible, mais transcrite de main d'homme avec le biais que cela induit quant à la formalisation. L'Eglise (précision: dans cette expression j'englobe les églises chrétiennes reconnues, catho, protestantes et orthodoxes, qui sur ce point ne diffèrent pas) admet tout à fait que l'Ecriture sainte a été écrite dans un contexte historique, dans un milieu culturel etc - ce qui ne veut pas dire "sans inspiration divine", toujours aux yeux de l'Eglise (je rappelle que j'explique, je ne prêche pas ;) ). L'exégèse est légitime justement par cette contextualisation du texte sacré et par sa permanente confrontation avec le temps contemporain. On connaît assez bien la construction de l'évangile de Jean, par exemple. L'étude du texte sacré est alors non seulement permise, mais même indispensable pour tenter de remédier à la faillibilité de l'homme. la théologie est une pensée humaine sur Dieu: elle évolue donc par le fait même que l'humanité n'est pas immobile. <br>Décret "Ad gentes" de Vatican II, 7 décembre 1965: "Pour réaliser ce dessein [i.e. l'extension de la foi], il est nécessaire que dans chaque grand territoire socioculturel, comme on dit, une réflexion théologique soit encouragée, par laquelle, à la lumière de la traidtion de l'Eglise universelle, les faits et les paroles révélées par Dieu, consignées dans les Saintes Ecritures, expliquées par les Pères de l'Eglise et le magistrèe, seront soumis à un nouvel examen. Ainsi on saisira plus nettement par quelles voies la foi, compte tenu de la philosophie et de la sagesse des peuples, peut "chercher l'intelligence" et de quelles manières les coutumes, le sens de la vie, l'ordre social peuvent s'accorder avec les moeurs que fait connaître la révélation divine [note: et non l'inverse]. Ainsi apparaîtront des voies vers une plus profonde adaptation dans toute l'étendue de la vie chrétienne."<p>CdC "Parceque ca me parait evident. Les eglises sont pleines de representation du Christ, de Marie et des Saints. Les icones orthodoxes donnent parfois lieu a des venerations."<br>> grand débat qui a toujours été vif dans l'Eglise en général et entre les églises en particulier. La représentation de Marie et des saints ne pose pas de problème: il s'agit d'humains, non de Dieu. Celle du Christ est justifiée par la nature humaine de Jésus. reste les représentations de Dieu sous forme du Père et de l'Esprit Saint: l'Eglise distingue alors nettement l'image et l'idole: l'image est un support de la piété, en aucun cas une idole adorée. L'iconodoulie, le culte des images, essentiellement chez les orthodoxes, et qui heurte tant les protestants, est différenciée de l'iconolâtrie dès la grande querelle iconoclaste du VIIIè siècle en Orient (querelle qui a eu des échos, affaiblis, en Occident, notamment dans l'entourage de Charlemagne: lorsque l'évêque Théodulf d'Orléans fait décorer son oratoire de Germigny des Prés, il choisit une représentation de l'Arche d'Alliance et non du Christ). L'icône, y compris quand elle est dite acheiropoiètes, "non faite de main d'homme", sous-entendu "peinte directement par le Christ ou un ange", est un support de la piété, un moyen pour le fidèle d'accéder à la prière adressée à Dieu et non à l'image. Je précise qu'il s'agit là des positions officielles, et qu'il est évident que certaines pratiques ont dépassé cette savante distinction. "culture populaire, culture des élites", vaste problème non encore résolu (cf la question de la sorcellerie). <p>sur le fond de ce fil, CdC, je pense qu'il y a fondamentalement un problème de forme, qui n'explique cependant pas tout: Vin' est celui qui a réagi le plus vivement, certes, mais bien des réactions se ressemblent suffisamment pour s'interroger. ta dernière remarque à Lambertine, par exemple, peut passer pour de l'humour, certes, mais étant donné ta manière de formuler tes questions sur l'Eglise, elle risque fort de passer pour de l'ironie blessante et une "nouvelle" (dans la perspective de fait qu'une partie non négligeable de tes interventions ont été prises comme telles, à tort ou à raison) provocation. <br>j'y ajouterais que tu pourrais faire quelques efforts de frappe, ta question par exemple sur la légitimité de l'exégèse est un tantinet surprenante dans sa forme. <p>Véro. <p><br>

