Elendil Wrote:Et je serais même tenté de mettre « mythologie » entre guillemets dans pareil cas, vu que cet épisode a autant de chances de dériver d'un récit mythologique traditionnel que la Franciade de Ronsard.
Curieuse tentation de « rétrogradation » (?) – sinon de « déconstruction » (!?) –, a fortiori dans un contexte ici de commentaires sur l'œuvre de Tolkien où les majuscules plus ou moins théologiques abondent par ailleurs... À cette aune, il faudrait aller au bout de la logique et donc ne plus accorder de valeur religieuse « supérieure », ou même seulement particulière, au christianisme de Tolkien dans le cadre de l'étude de son œuvre... et considérer dès lors tous les auteurs de récits mythiques – récits tous mis strictement sur un pied d'égalité quant à leur « vérité » (Évangiles compris) –, comme étant de « simples » mythographes au sens où ils releveraient « seulement » d'une catégorie particulière d'auteurs de fiction. On sortirait certes dès lors d'un « entre-deux » pourtant cher, notamment, aux dominicains exégètes de la Bible : serait-ce ton souhait ? ;-)
Question rhétorique : Virgile, Ronsard et Tolkien ont-ils écrit pour les mêmes publics, à la même époque, dans les mêmes contextes spirituel et culturel, avec des intentions strictement identiques ? Non, bien sûr. Question moins rhétorique : qu'est-ce qui peut relèver (ou non) dans tout cela de la mythologie, avec ou sans guillemets ? Je (re)mets Tolkien dans l'équation puisque je n'ai pas oublié notamment cette conviction de Leo Carruthers, affirmée il y a déjà quelques années, selon laquelle le Légendaire de Tolkien aurait plus ou moins vocation à « devenir un mythe »... Comme les Évangiles, ou à un rang inférieur ? ;-)
Bref, entre fiction et vérité, on en revient toujours à un problème de définition(s)... Mais réjouissons-nous : les sujets de colloques ne sont pas près de manquer. ^^
Amicalement,
B.
[small]P.S. : par hasard, j'ai revu hier soir à la télé le péplum monumental Cléopâtre (Cleopatra) de Joseph L. Mankiewicz, rediffusé sur ARTE. Contrairement au cahier des charges de tant de péplums hollywoodiens des années 1950, le sujet ne pouvait guère être connecté au christianisme du public américain, visé prioritairement (d'où, entre autres raisons, une préférence assez marquée du cinéma d'Hollywood pour Rome et son empire plutôt que pour la Grèce antique). Mais cependant, dans Cléopâtre, il est tout de même fait brièvement allusion au « testament du dieu hébreu », conservé dans la bibliothèque d'Alexandrie : c'était toute une époque... même s'il s'agissait plutôt de la fin de celle-ci, car après notamment les énormes difficultés de production du film de Mankiewicz, sorti en 1963, il n'y eu plus de péplums hollywoodiens pendant plusieurs décennies.
P.S. 2 : j'ai appris aujourd'hui, comme tout le monde, la mort du pape François, à 88 ans... Qu'il repose en paix. Pour la suite, de mon point de vue, si son successeur élu au prochain conclave devait particulièrement plaire aux catholiques traditionalistes, ce ne serait pas une bonne nouvelle. Mais chaque chose en son temps...[/small]

