Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Tolkien aux Bernardins 2025
#83
Tant mieux si tout s'est bien passé et s'il y a eu du monde : cette troisième conférence avait l'air très intéressante.
Merci beaucoup, en tout cas, pour ces évocations détaillées du contenu de la soirée de jeudi dernier : de nouveau de passage à Paris ce jour-là, je ne pouvais pas rester pour assister à cette conférence-dialogue, comme je ne pouvais pas être présent aux derniers concerts du soir du 5 avril dernier, lors du festival des Heures musicales.

Je me permets de revenir aux deux concerts de l'après-midi du même 5 avril, auxquels j'ai pu donc assister, avec Beruthiel pour le premier à 15h (Yyr n'était pas loin de nous cependant), puis Beruthiel ayant dû repartir, avec Yyr et Moraldandil pour le deuxième à 16h30. Elendil, pour sa part, était chargé de la présentation du programme avant chacun des dits concerts.

Le concert de 15h, « Voyage en Terre du Milieu », avec l'Orchestre symphonique de la Garde républicaine dirigé par le colonel Sébastien Billard, a eu pour programme, par ordre d'exécution des œuvres (je cite de mémoire) :
  • Ouverture d'Obéron ou The Elf King's Oath (1826) de Carl Maria von Weber ;
  • Ouverture The Hobbit (1967) de Corey Blyton ;
  • A Lord of the Rings Suite (2000-2004) de Howard Shore ;
  • Symphonie n°7, op. 71, The Dream of Gandalf (1996) de Aulis Sallinen ;
  • L'Apprenti sorcier (1897) de Paul Dukas.

En ce qui concerne l'ouverture d'Obéron, que j'ai trouvé fort bien interprétée par l'orchestre avec ce qu'il faut d'expressivité et d'enthousiasme, j'essaierai de l'évoquer plus en détail ailleurs en ces lieux, dans le cadre d'une évocation plus générale de la musique symphonique et concertante de Carl Maria von Weber (1786-1826), évocation prévue de longue date et qui sera partagée dès que possible dans le fuseau adéquat.

Je ne connaissais pas l'ouverture de concert The Hobbit de Corey Blyton, composée avec l'autorisation de J. R. R. Tolkien : elle m'a paru sonner comme une musique de film telle que l'on pouvait en composer à la fin des années 1960, semblant même, par certains aspects, annoncer ce que composera John Williams une dizaine d'années plus tard pour le premier film de Star Wars. A Lord of the Rings Suite de Howard Shore est une suite orchestrale mettant particulièrement en valeur la flûte soliste, et plus exactement la flûte traversière s'agissant de l'interprétation par l'orchestre lors du concert, avec de facto une couleur sonore différente de celle de la musique originale de la première trilogie de PJ, marquée notamment par l'utilisation de la flûte irlandaise. Cette petite suite est d'une toute autre dimension que les six mouvements de la Lord of the Rings Symphony pour orchestre et chœur qu'Howard Shore a également composées à partir de son travail sur les films : d'une durée d'exécution se situant entre 5 et 10 minutes, ladite suite réunit plusieurs thèmes principalement issus du premier film de la première trilogie, mais aussi un peu du troisième, tous ces thèmes ayant pour point commun d'être associés aux hobbits. J'ignore si cette suite a éventuellement fait l'objet d'enregistrements au disque à l'instar de la symphonie en six mouvements...

La Symphonie n°7 The Dream of Gandalf du compositeur finlandais Aulis Sallinen, composée en 1995-1996 sur commande de l'Orchestre symphonique de Göteborg, est une œuvre que je connaissais déjà, à travers une interprétation de l'Orchestre philharmonique de Rhénanie-Palatinat dirigé par Ari Rasilainen, enregistrée en 2002 avec d'autres œuvres symphoniques de Sallinen, et éditée en CD chez CPO (Classic Produktion Osnabrück) l'année suivante. L'enregistrement de 2002 a la particularité de se terminer mystérieusement avec une quinzaine de secondes de silence suivant les dernières du percussionniste jouant seul du célesta. Le concert a été l'occasion pour moi de vérifier que c'est bien avec le célesta que se termine cette symphonie en un seul mouvement d'un bloc, une symphonie par ailleurs riche en motifs aux accents variés, rappelant parfois les couleurs orchestrales finlandaises de Jean Sibelius, parfois même aussi quelque mélodie provençale, et qui dans l'ensemble paraissent évoquer un sommeil paradoxal de Gandalf trahissant beaucoup de préoccupations... Mais de quel Gandalf s'agit-il au juste, celui du Hobbit ou celui du SdA ? Ce n'est qu'un détail, mais sur ce point, le livret du CD de 2003 mentionne deux points de vue un peu contradictoires : pour le commentateur Martin Anderson, Sallinen a eu l'idée de sa Septième Symphonie suite à un projet de ballet inspiré par le Seigneur des Anneaux, tandis que selon les remarques du compositeur figurant également dans le livret, le matériau sur lequel repose la symphonie avait été conçu à l'origine pour un projet de ballet basé sur le Hobbit, projet qui ne pu aboutir sous sa forme originale pour des questions de droits, ce qui n'empêcha pas plus tard qu'un ballet inspiré du Hobbit soit finalement créé à l'Opéra national finlandais avec la Symphonie n°7 de Sallinen comme élément musical central. Toujours est-il que la symphonie renvoie à un rêve d'un personnage commun à deux romans de Tolkien...

[Image: 1745790568_cd_cpo_aulis-sallinen_staatsp...399182.jpg]
  • Aulis Sallinen (né en 1935), Symphonie n°7 (op. 71) The Dream of Gandalf, Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz (Orchestre philharmonique de Rhénanie-Palatinat), dir. Ari Rasilainen :
    https://youtube.com/watch?v=0peAgxr6lJ4[/*]

Le concert de l'Orchestre symphonique de la Garde républicaine s'est brillamment terminé avec l'interprétation du célèbre poème symphonique L'Apprenti sorcier de Paul Dukas, composé en 1897 d'après la ballade Der Zauberlehrling de Goethe. Cette œuvre française a la particularité de compléter le programme de l'album contenant principalement un enregistrement de la Symphonie n°1 The Lord of the Rings de Johan de Meij, dans la très belle version arrangée pour orchestre symphonique (avec cordes) de Henk de Vlieger, enregistrement réalisé en 2001 avec le London Symphony Orchestra (LSO) dirigé par David Warble et édité en CD chez Madacy l'année suivante, avec donc en supplément une interprétation de L'Apprenti sorcier de Dukas par la même formation.

[Image: 1745790706_cd_madacy_johan-de-meij_symph...warble.jpg]
  • Paul Dukas (1865-1935), L'Apprenti sorcier (Scherzo d'après une ballade de Goethe), poème symphonique, London Symphony Orchestra, dir. David Warble :
    https://youtube.com/watch?v=v7iiv3KrbBA[/*]

Le concert de 16h30, « Le Conte des Puissances du Silmarillion », avec le pianiste Alexandre Launay, a eu pour programme Valaquenta (2009) et Valaquenta II (2020), deux suites pour piano de Martin Romberg, compositeur norvégien installé en France, à propos duquel j'ai appris récemment que non seulement Tolkien mais aussi Lovecraft et Robert E. Howard font partie de ses inspirations artistiques. Je connais surtout sa première suite Valaquenta, enregistré avec le pianiste Aimo Pagin et édité en CD chez Lawo en 2011, avec un enregistrement d'une autre suite pour piano de Romberg, Tableaux Fantastiques (2008), inspirée de dix tableaux du peintre polonais Jacek Yerka. Chaque pièce des suites Valaquenta renvoie à un personnage du Silmarillion, en l'occurrence les Valar masculins Manwë, Ulmo, Aulë, Oromë, Mandos, Lòrien (Irmo) et Tulkas pour ce qui est de la première suite. En complément de celle-ci, la seconde suite, Valaquenta II, qui a fait l'objet d'un enregistrement tout récemment mais qui, je suppose, ne sera hélas probablement pas édité en CD, est consacrée aux Valar féminins Elbereth, Yavanna, Nienna, Estë, Varië, Vána et Nessa.

[Image: 1745790771_cd_lawo_martin-romberg_pagin_...180236.jpg]
Comme il avait notamment été précisé, dans le programme diffusé en ligne, que les cinq concerts donnés les 4 et 5 avril le seraient dans la grande nef du Collège des Bernardins, Yyr et moi-même, quoique heureusement attentifs à l'heure qui tournait tandis que nous étions restés assis dans ladite nef, sommes arrivés un peu en retard au deuxième concert, qui avait en fait lieu au grand auditorium du Collège, deux étages au dessus. Rien de bien grave finalement, même si Jean a tenu à s'excuser pour ce malentendu, et nous sommes arrivés au moment où le pianiste venait de commencer à interpréter « Ulmo », ma pièce préférée de la première suite Valaquenta. Le style de Romberg est héritier du romantisme du XIXe siècle mais aussi d'un certain impressionnisme musical de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, et cela constitue un heureux mélange dans sa production pourtant toute contemporaine. Sa pièce « Ulmo » fait, à cette aune, beaucoup penser à Claude Debussy et à Maurice Ravel, tout comme sa pièce « Mandos » évoquera plutôt Frédéric Chopin (j'en ai convenu avec Moraldandil) ainsi que les dernières œuvres pour piano de Franz Liszt. J'ai trouvé ce concert bien mené, dans une ambiance généralement contemplative, à laquelle se prêtait la présence, derrière le piano, d'une rosace du XIIIe siècle baignée de lumière naturelle en cet après-midi ensoleillé. Le pianiste a joué les pièces de façon soignée, en prenant le temps de présenter chacune d'entre elles, apparemment dans une logique consistant à former des couples ou des duos de Valar, quitte à mélanger l'ordre d'exécution du contenu des deux suites Valaquenta I et II, le concert s'étant terminé, de mémoire, par la dernière pièce de la première suite. Si quelqu'un a gardé une trace du programme détaillé d'exécution de ce concert, cela pourrait du reste être intéressant de la partager ici.

Voila pour mes quelques impressions concernant ces deux concerts, que j'ai bien appréciés... et j'arrête-là, car il est tard...

Bonne nuit, à toutes et à tous.

Amicalement,

B.

P.S. : j'avais entendu dire que Martin Romberg lui-même pourrait être présent au concert du pianiste Alexandre Launay... Est-ce que cela a finalement été le cas ?
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)