02-06-2025, 20:01
Yyr Wrote:En fait, ma démonstration est philosophiquement imparable.
Applicable à Tolkien, j'en suis convaincu.
Universellement valable, nettement moins. Je pense qu'il est possible de trouver de vrais chrétiens, tant dans leur pratique que dans leurs actes du quotidien, qui ont aussi une pratique artistique, mais dans laquelle le rapport à Dieu est extrêmement distant (i.e. qui composeront peut-être en ayant l'idéal de la beauté divine à l'esprit, mais sur des thèmes et d'une manière qui ne laisse pas spécialement transparaître leur foi). La comparaison entre d'Indy et Saint-Saëns me semble tout à fait pertinente à cet égard, d'autant qu'ils sont contemporains, ont travaillé ensemble, se respectaient mutuellement et ont des styles qui ne sont certes pas identiques, mais qui relèvent globalement de la même école. Or à moins de connaître leur biographie, je doute que celui qui s'intéresserait à leurs œuvres parviendrait à deviner que c'est d'Indy le catholique et Saint-Saëns l'athée.
Je veux bien que mon exemple semble provocateur, car il est bien difficile de définir précisément en quoi une œuvre musicale aurait ou non un caractère chrétien, alors qu'il est plus aisé de dire s'il s'agit d'une pièce de musique sacrée ou profane. Cela dit, j'aurais pu citer Montherlant comme contre-exemple d'écrivain non chrétien : après avoir lu Malatesta, La Reine morte, Le Maître de Santiago ou encore Port-Royal, j'aurais pu jurer qu'il était catholique, et d'un catholicisme aussi intense, aussi exigeant que celui de Bernanos. J'avoue avoir été pas mal surpris en m'intéressant un peu à sa biographie (à commencer par le fait qu'il se soit suicidé).
E.


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