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Elendil Wrote:Je reste donc, pour ma part, sur les traductions d'André Crépin, dont la dernière, publiée dans la collection « Lettres gothiques » du Livre de Poche, possède de plus l'avantage de faire figurer en regard le texte original.

Je me souviens que l'on avait parlé, en ces lieux, de la parution de cette dernière traduction de Crépin, même si ça date un peu : c'était en novembre 2007, et je l'avais alors notamment évoquée dans un autre fuseau, consacré à l'adaptation cinématographique de Beowulf par Robert Zemeckis, tout juste sortie en salles à l'époque.

Elendil Wrote:Pour l'heure, je pense que je vais poursuivre un peu en lisant Eaters of the Dead, de Michael Crichton (j'ai vu le film Le Treizième Guerrier il y a longtemps, et il m'avait bien plu, mais je n'ai jamais lu l'original ; il va de soi que ledit texte est mentionné en bonne place par Bourgne) : au moins, je suis sûr que le style sera adapté à la période historique. ;)

C'est une lecture qui remonte à loin, me concernant : paru en français d'abord sous le titre Les Mangeurs de Mort en 1982, ce roman de Michael Crichton fut un temps réédité sous le titre Le 13e guerrier, avec l'affiche du film de McTiernan en couverture (chez Pocket) et c'est dans cette réédition de 1999 que je l'avais lu (traduction de l'anglais américain par Lisa Rosenbaum). Le film, que j'avais vu d'abord, est très bon, et avec le recul je crois que l'on a probablement un peu exagéré en extrapolant sur une version initiale du montage, plus longue et supposée plus riche, mais qui n'a peut-être finalement jamais existée...

Pour ce qui est du style du roman... eh bien, disons que c'est du Crichton, donc abordable et plutôt efficace. L'auteur, qui aimait jouer avec la science à travers sa fiction, s'est livré là à une sorte d'exercice de style pour écrire [emphase]« ce roman sous forme de monographie érudite »[/emphase], avec des notes de bas de page (dont au moins une mentionnant William Morris) et des références bibliographiques pour donner une image de crédibilité universitaire, mais au point que Crichton lui-même a pu finir, avec le temps, par ne plus bien distinguer la part de réel et sa part d'invention, comme il le raconte dans une note en postface de 1992, le roman datant de 1976. C'est un exercice créatif que d'autres, bien sûr, ont pratiqué depuis, dans un contexte de rapport contemporain aux faits et à la fiction qui n'a pas cessé d'évoluer, et qui interpellait déjà Crichton... Toujours est-il que ce dernier conclut ainsi sa note : [emphase]« Lors de la première publication des Mangeurs de Morts, cette version fantaisiste de Beowulf fut fraîchement accueillie par la critique, comme si j'avais profané un monument sacré. Mais les érudits spécialistes de Beowulf ont semblé prendre plaisir à sa lecture, et beaucoup ont pris la plume pour le dire. »[/emphase]

Amicalement,

B.
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