[small]Cette journée de jeudi aura été fatigante et parfois même pénible, mais j'aurai tout de même eu droit à une bonne nouvelle – presque inespérée – en apprenant, cet après-midi, une certaine condamnation à cinq ans de prison, pour association de malfaiteurs, dans une certaine affaire de financement libyen de campagne présidentielle de 2007...
Enfin de la prison pour Sarkozy.
Les mots me manquent...
Mais comme on dit dans Il Gattopardo de Visconti, revu hier soir à la télé : [emphase]« Les grandes joies sont muettes. »[/emphase][/small]
[séparation]
Je suis tombé aujourd'hui sur un article d'un média d'information canadien francophone, Le Devoir (journal québécois fondé en 1910), mis en ligne sur son site il y a quelques jours (le 20 septembre dernier), et qui évoque entre autres parutions d'ouvrages(*), la publication prochaine de Tolkien contre les machines. Écologie et antifascisme en Terre du Milieu par Sébastien Fontenelle (paraissant en Amérique du Nord chez l'éditeur montréalais Lux le 1er octobre, et en Europe le 17 octobre), un livre dédié à une lecture politique de l'œuvre de Tolkien voulant contrer les lectures conservatrices contemporaines dont il a déjà été abondamment question dans le présent fuseau :
« Le journaliste Sébastien Fontenelle revisite l'œuvre de J.R.R. Tolkien à l'aune des débats politiques contemporains. L'auteur du Seigneur des anneaux, souvent perçu comme le fondateur de la fantasy moderne, déploie dans ses récits une dénonciation radicale du pouvoir totalitaire, inspirée par les violences du fascisme et du nazisme. Les tyrannies qui dévastent la Terre du Milieu apparaissent comme autant d'allégories des dérives autoritaires du XXe siècle. Pourtant, depuis quelques décennies, l'extrême droite s'emploie à récupérer l'univers tolkienien. La première ministre italienne, Giorgia Meloni, cite volontiers l'écrivain anglo-saxon, tandis que le vice-président américain, J.D. Vance, assure que sa pensée ultraconservatrice s'est nourrie de ses romans. Fontenelle démonte ces détournements et rappelle que l'imaginaire de Tolkien, loin de servir les discours identitaires, peut au contraire inspirer une lecture progressiste, notamment sur la question environnementale. Ce livre entend montrer que la bataille culturelle se joue aussi sur le terrain de la fantasy et que l'imaginaire, loin d'être neutre, demeure un champ de luttes idéologiques. »
Sur le principe, même si j'estime que l'« antifascisme » occidental contemporain est une posture politique complètement creuse (un pauvre signalement de vertu « de gauche » devenu depuis longtemps insupportable de prétention, du moins à mes yeux), je ne blâme pas les tentatives de proposer autre chose que les lectures de Tolkien plus ou moins de « de droite », identitaires, chrétiennes conservatrices, etc., qui me semblent avoir de plus en plus pignon sur rue. Mais je persiste à penser qu'en général tout ce qui tend à favoriser de nos jours les usages politiques dudit Tolkien, dans un sens ou dans un autre, particulièrement dans un sens conservateur religieux (« écologie intégrale » incluse) se réclamant commodément des convictions de l'écrivain lui-même, mais aussi dans un sens qui se voudrait écolo-progressiste « de gauche », ne rend pas service à la réception de l'œuvre littéraire en question, du moins si l'on prétend toujours considérer ladite œuvre comme un champ commun d'appréciation plus ou moins partagée, et non comme un champ d'affrontements idéologiques à la sauce actuelle. Aux lecteurs, cependant, de se faire une opinion lorsque le livre en question paraîtra.
[small](*)Dommage que Tolkien se trouve là abordé, sous prétexte de recension littéraire, après une évocation pour le moins très orientée et clivante du conflit israélo-palestinien, mais passons...[/small]
[séparation]
Bonne nuit !
Peace and Love,
B.
Enfin de la prison pour Sarkozy.
Les mots me manquent...
Mais comme on dit dans Il Gattopardo de Visconti, revu hier soir à la télé : [emphase]« Les grandes joies sont muettes. »[/emphase][/small]
[séparation]
Je suis tombé aujourd'hui sur un article d'un média d'information canadien francophone, Le Devoir (journal québécois fondé en 1910), mis en ligne sur son site il y a quelques jours (le 20 septembre dernier), et qui évoque entre autres parutions d'ouvrages(*), la publication prochaine de Tolkien contre les machines. Écologie et antifascisme en Terre du Milieu par Sébastien Fontenelle (paraissant en Amérique du Nord chez l'éditeur montréalais Lux le 1er octobre, et en Europe le 17 octobre), un livre dédié à une lecture politique de l'œuvre de Tolkien voulant contrer les lectures conservatrices contemporaines dont il a déjà été abondamment question dans le présent fuseau :
« Le journaliste Sébastien Fontenelle revisite l'œuvre de J.R.R. Tolkien à l'aune des débats politiques contemporains. L'auteur du Seigneur des anneaux, souvent perçu comme le fondateur de la fantasy moderne, déploie dans ses récits une dénonciation radicale du pouvoir totalitaire, inspirée par les violences du fascisme et du nazisme. Les tyrannies qui dévastent la Terre du Milieu apparaissent comme autant d'allégories des dérives autoritaires du XXe siècle. Pourtant, depuis quelques décennies, l'extrême droite s'emploie à récupérer l'univers tolkienien. La première ministre italienne, Giorgia Meloni, cite volontiers l'écrivain anglo-saxon, tandis que le vice-président américain, J.D. Vance, assure que sa pensée ultraconservatrice s'est nourrie de ses romans. Fontenelle démonte ces détournements et rappelle que l'imaginaire de Tolkien, loin de servir les discours identitaires, peut au contraire inspirer une lecture progressiste, notamment sur la question environnementale. Ce livre entend montrer que la bataille culturelle se joue aussi sur le terrain de la fantasy et que l'imaginaire, loin d'être neutre, demeure un champ de luttes idéologiques. »
Sur le principe, même si j'estime que l'« antifascisme » occidental contemporain est une posture politique complètement creuse (un pauvre signalement de vertu « de gauche » devenu depuis longtemps insupportable de prétention, du moins à mes yeux), je ne blâme pas les tentatives de proposer autre chose que les lectures de Tolkien plus ou moins de « de droite », identitaires, chrétiennes conservatrices, etc., qui me semblent avoir de plus en plus pignon sur rue. Mais je persiste à penser qu'en général tout ce qui tend à favoriser de nos jours les usages politiques dudit Tolkien, dans un sens ou dans un autre, particulièrement dans un sens conservateur religieux (« écologie intégrale » incluse) se réclamant commodément des convictions de l'écrivain lui-même, mais aussi dans un sens qui se voudrait écolo-progressiste « de gauche », ne rend pas service à la réception de l'œuvre littéraire en question, du moins si l'on prétend toujours considérer ladite œuvre comme un champ commun d'appréciation plus ou moins partagée, et non comme un champ d'affrontements idéologiques à la sauce actuelle. Aux lecteurs, cependant, de se faire une opinion lorsque le livre en question paraîtra.
[small](*)Dommage que Tolkien se trouve là abordé, sous prétexte de recension littéraire, après une évocation pour le moins très orientée et clivante du conflit israélo-palestinien, mais passons...[/small]
[séparation]
Bonne nuit !
Peace and Love,
B.

