13-10-2025, 07:11
Hyarion Wrote:Et je me demande ce que Tolkien et Camus diraient, l'un en face de l'autre, des derniers mots attribués à Socrate lors de son procès par Platon dans son Apologie de Socrate (traduction approximative) : [emphase]« Mais il est l'heure de nous quitter, moi pour mourir, et vous pour vivre. Qui de nous a la meilleur sort ? Personne ne le sait, excepté la divinité. »[/emphase]
Très belle question !
[small]À poser au sujet du bac de philo : il faut mettre Tolkien au programme ![/small]
Nul doute pour moi que, tandis que les deux hommes se seraient retrouvés sur la citation de « l'exil d'Hélène » que tu donnes dans le fil d'à côté [small](et qui me rappelle un passage (mais où ?) où Tolkien cite l'aphorisme d'après lequel les dieux rendent fous ceux qu'ils veulent perdre)[/small], en cette question que tu poses, en revanche et précisément, ils divergent.
Sans « au-delà » à cette vie terrestre, et surtout sans « au-delà » relié à nous (de façon très large : ex. immortalité de l'âme, réincarnation, paradis, résurrection, etc.) à partir duquel nos actes d'ici-bas ont leur sens ultime, ces actes sont ultimement absurdes (ce qu'a bien exprimé Sartre dans la nouvelle « le mur », avec la réflexion de ce condamné à mort).
Camus s'en sort en proposant d'[emphase]« imaginer Sisyphe heureux »[/emphase] : trouver un bonheur exutoire dans la lutte même contre l'absurdité, ainsi que je le formulerais. Mais l'absurdité demeure.
Non pour Socrate, et moins encore pour Tolkien, pour lesquels il existe quelque Autre qui garantit un sens ultime à nos vies et à nos actes.
[small]Je dis « moins encore pour Tolkien » parce que pour ce dernier toutes les facultés de l'homme ont un but et sont sauvées, ce qui n'est pas le cas pour Socrate.[/small]

