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Le Lai de Leithian ou l’Héroïsme du Couple
#19
Yyr Wrote:Elendil & Hyarion (en exagérant, je le reconnais), vous (et moi !) me faites penser à mon aîné, Esteldil, quand il me demandait, encore petit : « Mais Papa, entre le Balrog et le Roi-Sorcier, c'est qui le plus fort ? » :)

Enfant, j'étais fasciné par les grands animaux parmi ceux encore vivants à notre époque : éléphants, hippopotames, rhinocéros, baleines, cachalots... Il a bien dû m'arriver, comme sans doute à la plupart des enfants, de me demander quel être du règne animal pouvait être « le plus fort », avant de me rendre compte que cette question était à relativiser dans le contexte d'un monde sauvage où il n'est question que de survie et non de compétition dans un sens humain. Je me souviens d'avoir lu de terrifiantes histoires, réelles, relatives à des lions anthropophages en Afrique, mais avec, de mémoire, cette conclusion générale, un peu rassurante au moins pour un enfant : si tu croises un animal dangereux mais que tu restes loin de lui et de ses préoccupations, la plupart du temps celui-ci passe son chemin et ne se soucie pas de toi. Dans le domaine de la fiction, j'ai pu notamment voir enfant certaines séries d'animation japonaises où il n'était parfois question que de « confrontation de puissances », notamment pour les productions les plus commerciales (sans même parler de certains problèmes liés à l'ignorance, à l'époque, de la nécessité de fixer une limite d'âge du public quant la diffusion de certaines séries animées, très violentes et en fait non destinés aux enfants). Cela ne me laisse pas un grand souvenir... De façon générale, la fascination commune pour la puissance mêlée à la compétition a quelque-chose d'effrayant. S'agissant de Tolkien, en tout cas, je l'ai découvert suffisamment tard pour que je ne me pose pas des questions comme celle d'Esteldil quand il était plus jeune. ;-)

S'agissant de la question à laquelle j'ai réagi, j'ai simplement été interpellé parce que cela impliquait en matière narrative et s'agissant de la fonction attribuée à un personnage de fiction, ici amené à être confronté à un antagoniste dans un certain contexte. Le fait est que Gandalf ne craint pas d'affronter seul le Roi-Sorcier et que, dès lors, la question de son degré de puissance se pose simplement au lecteur, comme en amont au subcréateur, mais sans forcément axer seulement la réflexion sur la dimension édifiante du récit.

Amicalement,

B.
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